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«Je ne suis pas là pour bouleverser les choses»
La future municipale s’est établie avec son mari et leurs deux enfants à La Mauguettaz, non loin de la ferme familiale. © Michel Duperrex

«Je ne suis pas là pour bouleverser les choses»

19 avril 2021

Elle sera le seul nouveau visage de la Municipalité pour la prochaine législature. Mais si l’élection de la jeune quadragénaire UDC a fait basculer l’Exécutif à droite, Christelle Fresneau-Vernez ne souhaite pas tout chambouler pour autant.

Christelle Fresneau-Vernez, le 7 mars dernier, vous parliez d’un «dimanche comme les autres». Mais on ne devient pas municipale d’un village de près de 3500 âmes tous les week-ends, non?

C’est vrai (elle sourit) ! Je mentirais si je disais que je n’ai pas regardé mon téléphone de temps en temps. Mais la situation sanitaire nous a empêchés de nous rassembler comme on le voulait et cela était un peu frustrant. Mais j’ai été surprise en bien, comme on dit. Je pense que l’alliance avec le PLR nous a portés et je les remercie pour leur soutien.

Votre score est vraiment bon, d’autant plus que vous étiez la seule nouvelle face à toute la Municipalité actuelle. Et vous avez même fait un meilleur résultat que votre camarade de parti, Guy-Daniel Beney. Comment l’expliquez-vous?

On reparlera de mon score dans cinq ans (rires) ! Etre municipale, cela signifie aussi prendre des décisions qui ne plaisent pas à tout le monde. Après, je pense que j’avais un bon profil. J’ai fait toute ma scolarité à Yvonand et j’habite à La Mauguettaz, ce qui m’a peut-être permis d’obtenir des voix des hameaux. Aussi, je viens de la terre, un point auquel est attachée une partie de la population.

Guy-Daniel Beney a indiqué qu’il avait dû réfléchir avant de se représenter à la Municipalité. Avec cette élection vous pourriez vous imposer comme la figure locale du parti pour les années à venir. C’est un rôle que vous souhaitez endosser?

Déjà, je pense qu’il faut bien redire que M. Beney est toujours là et qu’il va se donner à fond durant cette législature. Et on a la chance à l’UDC Yvonand d’avoir un groupe motivé et plusieurs membres très impliqués.

Il y a un an et demi, c’était le PS qui vous piquait un siège. Aujourd’hui c’est vous qui leur en piquez un…

Je pense que c’est simplement un juste retour des choses. Mais attention, je ne veux pas de guéguerre politique. D’ailleurs, il n’y en a pas eu durant cette campagne est c’est une bonne nouvelle selon moi.

Vous avez déjà pu discuter avec vos futurs collègues?

Oui, et j’ai tout de suite pu constater qu’il y avait un bon état d’esprit. Notre syndic (ndlr: Philippe Moser) et M. Schnorf (ndlr: municipal PS) m’ont d’ailleurs déjà félicité pour mon score. L’intégration ne sera pas difficile, j’en suis sûre.

Même en étant la seule femme, puisque Emmanuelle Bigot n’a pas été réélue?

Le PS a fait son choix. Mais oui, même en étant la seule femme je pense pouvoir m’intégrer, cela ne me fait pas peur. Mme Bigot a réussi à le faire lors de la dernière législature et je devrais aussi y arriver. En tout cas je suis très enthousiaste. J’ai beaucoup de choses à apprendre et je vais faire de mon mieux.

Chez vous, la politique locale est aussi une affaire de famille… La Municipalité d’Yvonand, c’était une évidence pour vous?

Effectivement, mes parents se sont aussi engagés pour leur commune, puisqu’ils ont tous les deux été municipaux à Rovray. Mon papa, Jean-François Vernez, de 1982 à 1990, et ma maman, Marie-José Vernez, de 1990 à 1998. J’ai donc toujours été intéressée par l’évolution de mon village. Mais non, malgré mon engagement au Conseil depuis 2016, je n’avais pas vraiment pensé à la Municipalité avant l’automne dernier, lorsqu’il a fallu trouver un candidat UDC pour cette élection. J’y ai réfléchi, avec ma famille, et j’ai dit oui.

 

 

La nouvelle Municipalité déjà au complet

 

 

Christelle Fresneau-Vernez est la seule nouvelle tête de la Municipalité 2016-2021 d’Yvonand. Les candidats de droite ont tous été élus dès le premier tour. Il s’agit des libéraux-radicaux Philippe Moser et Gabriel David, ainsi que des UDC Guy-Daniel Beney et Christelle Fresneau-Vernez. La droite ayant refusé de lancer un autre candidat pour le second tour, l’élection des trois municipaux PS a pu se faire tacitement. Le parti a respecté les scores du 7 mars lors de son choix. Ainsi, ce sont Romano Dalla Piazza, Alexandre Lecourtier et Martin Schnorf qui complètent l’effectif municipal. La candidate malheureuse de cette élection est Emmanuelle Bigot, qui échangera donc son siège de seule femme à l’Exécutif avec Christelle Fresneau-Vernez pour la prochaine législature.

Massimo Greco