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«Je suis le plus chanceux de tous»

25 novembre 2019

L’ouverture du Centre national de performance d’Yverdon-les-Bains offre d’excellentes perspectives à Lionel Schwander, qui trouve des conditions idéales à domicile.

Voilà bientôt trois mois que Lionel Schwander pense judo toute la journée, dès le réveil. «Je me lève chaque matin pour me rendre au dojo», lance l’Yverdonnois de 21 ans qui, malgré tout, travaille à 20% dans l’entreprise familiale et recherche activement des soutiens financiers pour l’aider à vivre de sa passion. Le reste de son temps, il le consacre à son art, devenu son métier, dans le but de percer. «Je me laisse deux années à me consacrer entièrement au sport, à vivre comme un sportif professionnel. Je veux tout faire pour réussir. Je reprendrai certainement mes études ensuite, tout en continuant le judo.»

S’il a pu faire ce choix, c’est non seulement parce qu’il fait partie des meilleurs judokas du pays, et donc des cadres suisses, mais aussi parce que le Centre national de performance a ouvert ses portes à Yverdon-les-Bains, dans sa ville, au tout début septembre. «C’est vraiment une chance pour moi, se rend bien compte Lionel Schwander. Oui, je suis le plus chanceux de tous!»

Un rythme plus soutenu

Une dizaine de combattants, femmes et hommes, s’entraînent deux fois par jour dans le nouveau dojo national, provisoirement installé dans les anciennes usines Leclanché. Habitué à se déplacer chaque soir pour suivre les leçons itinérantes des cadres romands, le vice-champion national des -66 kg a considérablement augmenté le temps passé sur le tatami. «Le rythme est très différent de ce que je connaissais avant. Le premier mois, j’étais KO dès que je rentrais à la maison et m’endormais tout de suite. À présent, je me suis habitué, mais je dois faire attention aux blessures, car la charge d’entraînement est importante.»

Les résultats de cet investissement, Lionel Schwander espère en récolter les premiers fruits dès l’année prochaine. «Je souhaite être classé (ndlr: terminer parmi les sept premiers) lors des Championnats d’Europe M23», se projette-t-il, déterminé à réussir.

 

Une fabrique de champions

Le centre yverdonnois attire des combattants de toute la Suisse.

Un tatami de plus de 200 mètres carrés, de la place pour quelques engins de musculation, des vestiaires de l’autre côté de la route, le tout dans une ancienne friche industrielle. «Pour le moment, l’administration se fait plutôt dans le salon de l’entraîneur», sourit Jean-Charles Gander, vice-président de la Fédération suisse de judo et de ju-jitsu. Le confort est plutôt spartiate, mais les judokas n’en ont cure, ils ne demandaient rien de plus.

La Suisse romande possède désormais aussi son Centre national de performance, inauguré samedi à Yverdon-les-Bains, après celui de Brugg, en Argovie. «On couvre ainsi le territoire de manière optimale», poursuit l’habitant de Châbles.

Provisoirement installé dans les anciennes usines Leclanché, le dojo se situera, à terme, au cœur du quartier Sports 5. Un déménagement qui devrait intervenir dans 18 mois environ. «Le projet sera ficelé courant 2020 et l’ouverture devrait se faire en 2021, estime le syndic Jean-Daniel Carrard, heureux que la Cité thermale ait été choisie. C’est la première fédération qui s’établit chez nous.» La livraison de locaux transitoires et le soutien octroyé pour assumer le loyer ont fait pencher la balance, en plus de la situation géographique et de l’accessibilité d’Yverdon-les-Bains. Genève et Neuchâtel étaient également sur les rangs.

À la tête du Centre national de performance yverdonnois, Dominique Hischier encadre une dizaine de judokas de l’élite. Le soir, ils sont entre quarante et cinquante combattants de toute la Suisse romande à venir s’entraîner. «On est le seul dojo neutre de Suisse, souligne le Genevois. Cela signifie que l’on ne dépend pas d’un club pour les horaires. Les locaux sont à disposition à tout moment.» Des conditions qui plaisent: la double médaillée européenne Evelyne Tschopp, qui vit à Bienne, vient s’entraîner dans le Nord vaudois plutôt qu’à Brugg. La jeune Zurichoise Gioia Vetterli a même décidé de s’installer à Yverdon-les-Bains, dans la fabrique de futurs champions.

Manuel Gremion