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Jérémy Manière, une année pour revenir plus fort

2 février 2018 | Edition N°2177

La mauvaise nouvelle est tombée il y a une semaine et deux jours. Touché au genou droit, Jérémy Manière doit être opéré. Une pause forcée de près d’une année attend le défenseur du Lausanne-Sport. Une tuile qui intervient alors que le championnat de Super League va reprendre ce week-end, début de la première demi-saison de l’ère Ineos au LS. Le Vallorbier de 26 ans fait le point sur la situation.

Jérémy, de quel genre de blessure souffrez-vous?

C’est le cartilage du genou qui est touché. L’origine remonte à une opération du ménisque subie en 2007. Depuis, petit à petit, le cartilage s’est abîmé.

Vous avez manqué les deux derniers matches avant la pause hivernale. Depuis quand ressentez-vous des douleurs?

Cela fait déjà deux ou trois ans que je souffre de petites gênes, qui venaient et repartaient aussitôt. Puis, l’été dernier, les douleurs se sont intensifiées. J’ai alors suivi un traitement, qui a bien fonctionné jusqu’à fin novembre. Les choses se sont dégradées ensuite, en particulier lors de notre défaite 4-1 contre Bâle, à la Pontaise (ndlr: le 2 décembre), un match lors duquel on est passés à côté et moi, je ne me sentais pas bien. C’est la première fois que mes soucis au genou influençaient mes performances. Je suis alors entré dans un cycle durant lequel j’ai essayé de m’entraîner et, à chaque fois, je devais retourner aux vestiaires après vingt minutes. Ce qui explique pourquoi j’ai manqué les rencontres suivantes.

Avez-vous tout de même pu vous préparer durant la trêve?

On a pensé que les vacances me feraient du bien. J’ai repris l’entraînement début janvier, après trois semaines de repos, et les douleurs ont réapparu après deux entraînements. Il faut dire qu’à cette période, on change régulièrement de surface et on se retrouve parfois sur des synthétiques de la vieille génération. J’ai à nouveau stoppé, avant de me rendre en camp en Espagne avec l’équipe, durant lequel j’ai passé du temps à la physio pour renforcer mes cuisses. Puis, au retour, je me suis rendu chez un spécialiste à Berne, le même qui s’est occupé de Stan Wawrinka. Il a été cash: il m’a dit que si je voulais rejouer au foot, je devais être opéré.

Vous étiez-vous préparé à un tel verdict?

J’y avais réfléchi, mais je n’imaginais pas que ça arriverait aussi abruptement. L’intervention aura lieu courant février, puis j’en aurai pour huit mois à un an de convalescence. Je pense que pour revenir à 100%, il me faudra attendre 2019.

Jusqu’à quand court votre contrat?

Je suis lié au LS jusqu’en juin 2019, avec option de chaque côté.

Dans le contexte actuel, avec un club plus ambitieux, ne craignez-vous pas d’être relégué loin sur le banc?

Ce n’est pas ma préoccupation actuelle. Ma priorité est de me remettre totalement. Evidemment, à mon retour, ce sera difficile. Mais j’ai confiance en mes qualités, et je verrai alors à quoi en est l’équipe, quelles sont les ambitions. Je sais que si je reviens en forme, j’aurai les capacités de m’imposer à nouveau.

Avez-vous eu des contacts avec les nouveaux dirigeants?

Le président David Thompson, s’est présenté à l’équipe, mais il ne s’est pas encore entretenu individuellement avec les joueurs.

Comment vous est présenté le projet?

Ce que nous savons, les médias le savent aussi. Le président nous a simplement affirmé qu’il était ravi d’être ici et qu’il y avait le potentiel pour accomplir de belles choses.

Dans le vestiaire, ressentez-vous un nouvel élan poindre?

Oui, on voit notamment qu’il y a plus de moyens. Par exemple, le conseil des joueurs dont je fais partie a réussi à obtenir du matériel de soin et des machines de musculation en quelques semaines, alors qu’on nous les avait toujours refusés par le passé. Cela se constate aussi avec les transferts réalisés: Lausanne capable d’engager le co-meilleur buteur du championnat (ndlr: Simone Rapp), c’était quelque chose d’impensable il y a peu! On sent que le projet est intéressant et on veut tous en faire partie. On se réjouit des prochains matches et des échéances à venir pour voir où on se situe.

Pablo Iglesias vient d’être engagé comme directeur sportif. Le connaissiez-vous?

Depuis longtemps; mes 13 ans en fait. Il s’occupait alors de la sélection vaudoise M13, dont il était le responsable technique. Il a été l’un de mes formateurs. Typiquement, la défense en zone, c’est lui qui me l’a apprise, avec un beamer et des petits ronds qui se déplaçaient. On ne s’est pas souvent croisés depuis, mais on entretient de très bons rapports.

Le nouveau stade de la Tuilière est en construction. Vous y êtes-vous rendu?

Non, pas encore. Ni en équipe, ni seul, d’ailleurs. Peut-être est-ce encore un peu tôt. Je me souviens que quand je jouais à Bienne et que le stade était en chantier, on y allait tous les trois mois.

Que pensez-vous de la décision de finalement installer de l’herbe?

C’est une bonne nouvelle, et ce sera encore plus beau ainsi, avec une pelouse naturelle. J’aime beaucoup le synthétique, qui permet de s’entraîner dans de bonnes conditions durant l’hiver, mais il faut aussi reconnaître que cela dénature le jeu. Sur une pelouse artificielle, ce n’est pas du tout le même football. Parfois, c’en devient du flipper. Et puis, ça donne un gros avantage à l’équipe qui reçoit, habituée aux conditions. Lorsque j’évoluais à Thoune, on avait connu une saison durant laquelle on avait gagné la quasi totalité de nos points à la maison.

Comment évaluez-vous les nouveaux arrivés au LS?

Hormis Enzo Zidane, ce sont tous des joueurs que je connaissais avant. Rapp est probablement le meilleur attaquant dans le jeu aérien en Super League et Fransson est très complet. Il faudra leur laisser du temps pour s’imprégner de la philosophie de jeu du LS, mais ils ont déjà montré des choses intéressantes et ce sont de bonnes personnes.

Avec votre défection, il ne reste plus que quatre véritables défenseurs dans l’effectif…

Le club va certainement en engager un ou deux, mais le marché d’hiver est hyper verrouillé, ce qui limite les choix.

Finalement, que pensez-vous de la revisite du blason du club?

Pour être honnête, ça m’embête un peu, dans le sens où avant de devenir joueur au LS, j’en étais un supporter. Le logo constitue le premier symbole d’un club. Cela dit, je conçois tout à fait que celui qui paie décide. Au final, en tant que joueur, je n’ai rien à dire et, sur le terrain, cela ne changera rien au fait que je vais tout donner pour Lausanne.

Manuel Gremion