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Jérôme Chapuis reprend la grande roue

17 mai 2019 | Edition N°2500

Le Chanvannais roulera en 26 pouces cette année, après huit saisons consécutives en 20 pouces.

C’est l’envie de nouveauté, de changer de sensations, qui a poussé Jérôme Chapuis à franchir le pas. Celui du retour sur un vélo affublé de roues 26 pouces. Un sacré changement pour celui qui roulait depuis 2011 avec les petits cercles.

«Ça s’est fait un peu tout seul. J’avais l’impression d’avoir un peu fait le tour, assure le trialiste de Champvent. Ce changement de catégorie va me faire affronter d’autres adversaires et va permettre de pimenter mon quotidien, sachant que c’est toute la manière de piloter qui est altérée.» Pour faire simple, sur sa nouvelle monture, il se retrouve à un peu plus utiliser ses roues comme appuis, alors que le 20 pouce demande plus de tonicité et d’utiliser davantage le corps.

Pour le plaisir

Il avait déjà évolué avec les grandes roues durant trois saisons, entre 2008 et 2010, alors qu’il faisait ses premiers bonds sur la scène internationale élite. Son envie de casser à nouveau les habitudes, il l’a doit avant tout au plaisir. Ce sentiment qui le pousse à rouler, à s’entraîner dur. «Je me retrouve sur un vélo un peu plus joueur», qualifie-t-il. Sa décision n’est pas la conséquence de la concurrence plus acharnée dans une catégorie ou l’autre. «C’est la guerre dans les deux.»

Sur les obstacles disposés devant chez lui, Jérôme Chapuis est reparti de zéro. Son apprentissage a nécessité du temps. Durant plus de deux mois, il s’est retrouvé sans repère. Il n’arrivait pas à réaliser la moitié de ce dont il avait l’habitude. «Puis, courant avril, le corps a fini par accepter les changements, et tout s’est coordonné.»

Pas près de ranger son vélo

Ce nouveau départ n’empêche pas le sportif de revoir ses priorités: la compétition passe au second plan, après les démonstrations qu’il dispense un peu partout avec Ramdam, la structure qu’il a créée et qu’il partage avec d’autres as de l’équilibre. «Il faut dire que j’obtiens trois fois plus de reconnaissance lors d’un show à Yverdon-les-Bains qu’en compétition, alors que les choses sont deux fois moins dures.» Un choix aussi dicté par la réalité matérielle, ses exhibitions mettant un peu de beurre dans les épinards: «Je ne vivais pas hyper bien.»

Jérôme Chapuis déploie ainsi plus d’énergie pour ses shows et son projet de coaching mental (voir encadré), alors qu’il a diminué son entraînement quotidien de grosso modo quatre à deux heures. «Mais je ne compte pas du tout arrêter la compétition à présent», coupe le trialiste, motivé par les nouvelles perspectives que lui offrent son retour sur les grandes roues.

 

 

Dans la tête du champion du monde

Inventif, Jérôme Chapuis a ajouté une nouvelle corde à son arc. Celle de coach mental. Une voie dans laquelle il s’est engagé en début d’année. «L’idée de base est simplement d’aiguiller les athlètes pour qu’ils atteignent leur meilleur niveau en compétition», souligne le Chanvannais, qui s’appuie avant tout sur son expérience pour partager ses connaissances.

Du planning des entraînements au sommeil, en passant par les heures de pratique et la récupération, Jérôme Chapuis s’intéresse à tous les domaines pour trouver le parfait équilibre dont a besoin le sujet. Pour l’heure, il conseille deux sportifs: son amie Estelle Perriard, triathlète vaudoise du top 200 mondial, et rien d’autre que le champion du monde en titre de VTT trial 20 pouces, Thomas Pechhacker. Le défi consistera à aider l’Autrichien, entré dans une nouvelle dimension l’an passé, à se maintenir au sommet de la hiérarchie.

«Je commence déjà le coaching mental avec ces deux athlètes, puis je m’attellerai à développer cela dans un avenir proche», glisse le cerveau de Ramdam Coaching.

 

 

L’envie de faire trembler les jeunes

La saison de VTT trial commence ce week-end à Palézieux, pour les spécialistes du pays, avec la première manche de la Swiss Cup. Cette première étape du circuit national permettra à Jérôme Chapuis de se mesurer à la concurrence en compétition. «Comme chaque année, j’ai réalisé un stage à Barcelone avec plusieurs des autres trialistes suisses. J’ai pu constater que plusieurs d’entre eux ont passé un cap, lance celui qui visera un podium en terre vaudoise. À 28 ans, je suis désormais un peu le vieux de l’équipe, et j’ai bien envie de battre les jeunes.»

Bien que la compétition reste un moteur, Jérôme Chapuis ressent nettement moins de pression sur les épaules que par le passé. «Je la laisse aux autres», tranche, tout sourire, le Nord-Vaudois dont les ambitions ont évolué avec les années.

«Je vise tout de même un podium aux Championnats de Suisse et le top  20 en Coupe du monde», annonce le trialiste d’expérience, qui s’est attaché les services de Mark Balsom, homme à la tête du centre Symudiad Training de Chavornay, comme coach physique.

Manuel Gremion