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La championne puissance quatre

25 août 2016 | Edition N°1814

Racketlon – Adeline Kilchenmann a remporté le titre mondial du double dames B de la discipline multiple.

La badiste Adeline Kilchenmann, ici à Essertines, est capable de jongler avec les quatre raquettes avec une belle aisance. ©Michel Duperrex

La badiste Adeline Kilchenmann, ici à Essertines, est capable de jongler avec les quatre raquettes avec une belle aisance.

En diversifiant ses raquettes, il y de cela un peu plus de quatre ans, Adeline Kilchenmann n’imaginait pas devenir, un jour, championne du monde de racketlon. Même si cela n’est «qu’en catégorie B» (le deuxième échelon) du double féminin, tempère-t-elle. Et pourtant, c’est bien ce qui lui est arrivé, il y a de cela quelques semaines, au Danemark.

Contactée en mai dernier pour intégrer les rangs de la délégation suisse à Copenhague -où se sont déroulés les Championnats du monde par nations, ainsi que ceux de double-, elle n’avait pas hésité bien longtemps. «J’ai réfléchi deux secondes. C’était une occasion à ne pas manquer. On ne peut pas participer à des Mondiaux tous les jours», s’exclame celle qui a grandi à Essertines.

Spécialiste de badminton, Adeline Kilchenmann a fait ses gammes au BC Yverdon, avant de rejoindre d’autres cieux au gré de son parcours professionnel. Elle compte notamment, à son palmarès, un titre national par équipes remporté avec la formation zurichoise d’Adliswil. Le racketlon, elle l’a commencé il y a quelques années, avec l’équipe d’Yverdon (le club n’existait pas encore). Elle bénéficiait de quelques bases en tennis de table -la spécialité de son papa-, et a appris le tennis et le squash. «J’ai surtout progressé dans cette dernière discipline. Celle d’où je suis partie le plus loin», estime la plurisportive de 32 ans. Ses compétences avec un volant lui ont permis de rapidement apprivoiser les autres sports. «J’avais déjà le toucher, l’anticipation et la vision», affirme celle qui, en simple, dans la discipline multiple, n’a encore jamais été battue lors de ses duels au badminton.

L’adaptation facile

Ce n’est pas la première fois qu’elle change d’orientation. Spécialiste de l’adaptation, l’ex-ingénieure agronome étudie désormais le sport et l’allemand à l’Université de Neuchâtel, où elle prépare sa reconversion. La future prof’ s’est même établie au Landeron, bien qu’elle joue toujours au badminton et au racketlon dans la Cité thermale.

Des qualités qui lui ont servi à Copenhague, où elle a fait la paire avec l’Alémanique Esther Dübendorfer. En guise de préparation, elles n’avaient disputé qu’un tournoi international, le Swiss Open, ensemble. «Au Danemark, on s’est retrouvées face à des paires déjà rodées sur le circuit. On n’était pas favorites, on n’avait rien à perdre, souligne Adeline Kilchenmann. Il s’est avéré qu’Esther avait le profil parfait, car on est très complémentaires. Elle compensait mes carences au squash et moi les siennes au badminton.» Les deux Suissesses ont dû batailler ferme pour s’imposer dans la deuxième catégorie de ces Championnats du monde. Associée à Danijel Batinic en mixte, la joueuse du Racketlon Yverdon a terminé son parcours en quarts de finale.

Quant au tournoi par nations, la Suisse II (qui était alignée dans le tableau amateur) s’est classée au 8e rang sur seize, après avoir perdu en quarts contre les futurs vainqueurs britanniques. «On a vécu de super moments. Si j’ai de nouveau l’occasion de participer à un événement de ce genre, j’irai avec plaisir », lance la championne du monde de double.

Interclubs
Objectif maintien

Les équipes du Racketlon Yverdon (RY) entreront en lice ce week-end, à l’occasion des interclubs. La «une», qui en découdra en LNA pour la deuxième année consécutive, visera le maintien, qu’elle avait obtenu de haute lutte il y a douze mois. «On évoluera sans Mandrin Mouchet, blessé», regrette Adeline Kilchenmann, responsable compétition du club de la Cité thermale. Pour pallier l’absence du Français, fer de lance du club, les Nord-Vaudois ont recruté un de ses compatriotes parmi les meilleurs spécialistes de l’Hexagone, Loïc Cencig. Les locaux Julien Ming, Julien Meister, Gilles Vaucher et Adeline Kilchenmann complètent l’effectif.

Il n’y a que six formations dans l’élite et les places sont chères. «On risque de devoir se battre jusqu’au bout», prévient l’actuelle n° 4 de la hérarchie nationale. Comme en 2015, deux équipes du RY seront alignées en 1re ligue (3e division) avec, pour l’une d’entre elles, l’ambition de rejoindre la LNB.

Manuel Gremion