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La collection du Musée Baud sauvée

14 décembre 2018 | Edition N°2396

Sainte-Croix –  Le Centre international de la mécanique d’art (CIMA) a annoncé avec fierté, jeudi, avoir trouvé les deux millions de francs nécessaires pour racheter les automates de la famille Baud, à L’Auberson.

Les automates à musique du Musée Baud, à L’Auberson, continueront à bercer les oreilles des Sainte-Crix avec leurs mélodies. En effet, après presque deux années de recherches de fonds, le Centre international de la mécanique d’art (CIMA) de Sainte-Croix a finalement réussi à récolter les deux millions de francs nécessaires à l’acquisition de ce patrimoine culturel.

Trois mécènes romands

«On a le sourire et on est très émus car le rachat de la collection Baud est désormais bouclé», a lancé hier Séverine Gueissaz, rayonnante. La membre du conseil de fondation du CIMA a le cœur soulagé: «Grâce à de généreux donateurs, on a pu éviter que ces pièces ne partent à l’étranger. Nous avons tout fait pour éviter que le scénario des boîtes à musique Reuge ne se reproduise.» Pour rappel, la collection privée de Guido et Jacqueline Reuge, considérée comme l’une des plus belles au monde, a été vendue à des industriels japonais. Bien que cet épisode date de 1996, il reste gravé dans le coeur des Sainte-Crix. Et pourtant, l’histoire a bien failli recommencer, puisque la famille Baud avait reçu des offres d’achat de la part de collectionneurs étrangers.

Il y a quelques mois pourtant, les propriétaires du Musée Baud, Arlette Baud et Michel Borgoz, étaient dépités de voir que toutes les démarches entreprises pour rechercher des fonds n’avaient pas porté leurs fruits. Plaquettes, publicités, livres, crowdfunding: en dix-huit mois, seuls  130 000 francs ont été récoltés sur les 2,4 millions de francs que valent les 240 pièces de leur collection. Grâce aux carnets d’adresses de plusieurs personnes et à la sonnette d’alarme tirée dans les médias concernant le  risque de voir ce patrimoine dispersé, trois mécènes romands se sont manifestés pour financer le solde. Parmi ces sauveurs, seul un a été d’accord de se dévoiler, il s’agit de la Fondation Anita et Werner Damm-Etienne de Montreux. «Les mots me manquent pour vous dire merci», a confié, émue, Arlette Baud. C’est une longue route qui s’achève et un tournant dans l’histoire du Musée Baud.» Bien qu’elle regrette de céder son héritage familial, elle est ravie de savoir que son patrimoine restera dans la région.

Vers une union des musées

Cette mission de sauvetage permet maintenant à Sainte-Croix d’aller de l’avant dans son projet de réunification du Musée Baud, du Musée des arts et des sciences (MAS) et du CIMA sur le seul site de ce dernier. «C’est un grand jour car c’est l’achèvement de la première étape d’un projet démarré il y a cinq ans, se réjouit le syndic Franklin Thévenaz. Après avoir défini le projet – qui n’a pas encore de nom – et bouclé le transfert de la collection Baud, on va pouvoir démarrer la seconde phase  dès ce soir (ndlr: jeudi) avec une séance du comité de pilotage.»

Ce dernier va devoir se pencher sur les aspects financiers et administratifs, ainsi que sur la construction du futur musée. Une demande de crédit d’étude devrait bientôt être soumise au Conseil communal de Sainte-Croix pour permettre aux architectes de reprendre le projet et le mettre à l’enquête. «Cela va bien prendre un an, confie le municipal Olivier Guignard. Si tout va bien, on commencera les travaux en 2020 et l’ouverture du nouveau site se fera en 2021.»

Christelle Maillard