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La construction bâtit un pont vers le Nord

13 janvier 2022

Yverdon Pour la première fois, la Fédération vaudoise des entrepreneurs organisera ses tests de compétences au CPNV, mercredi prochain. Une décentralisation qui vise à inciter les jeunes de la région à découvrir s’ils ont les aptitudes pour travailler dans le milieu de la construction.
Textes: Christelle Maillard

Depuis des années, les candidats à des métiers de la construction empruntent la même route, en direction de Tolochenaz. Car c’est là-bas que la Fédération vaudoise des entrepreneurs (FVE) organise six à sept tests d’aptitudes entre novembre et mai. Mais ça, c’était avant. Avant que le député nord-vaudois et directeur de la formation à la FVE ne milite pour une décentralisation de ces épreuves. C’est pourquoi, pour la première fois, la prochaine demi-journée d’évaluation aura lieu à Yverdon (et à Vevey), le mercredi 19 janvier. Le rendez-vous a été fixé à 13h45 au Centre professionnel du Nord vaudois (CPNV), qui dispense des formations dans le domaine de la construction, dont l’ébénisterie et la menuiserie.

«Ces tests (gratuits) ne sont pas obligatoires, mais permettent aux jeunes qui commencent à s’intéresser à l’un des métiers de la construction de voir si leurs compétences sont en adéquation avec les besoins de la branche, explique le Rancignolet. Parfois, ce sont les patrons qui, après avoir vu le potentiel d’un stagiaire, l’envoient faire le test.» D’ordinaire (donc avant le Covid), ce n’était pas moins de 200 candidats qui prenaient part à cette évaluation.

Si envoyer tout ce petit monde à Tolochenaz le temps d’un après-midi n’était «pas un drame en soi», Patrick Simonin s’est dit que ce ne serait pas un crime non plus de délocaliser l’événement pour une fois. Au contraire, le Nord-Vaudois espère qu’en se rapprochant d’autres régions, cela créera un engouement et motivera les hésitants à faire le pas. «Pour l’instant, on a une dizaine d’inscrits et ils viennent tous de la région entre Cossonay et Avenches. Cela démontre qu’il y a un vrai besoin», estime le PLR. Fervent défenseur de sa région, le député sait aussi que son district joue un rôle important dans le secteur de la construction: «On a un nombre très intéressant d’entreprises basées chez nous.» Et d’ajouter: «De manière générale, on a la chance de pouvoir s’appuyer sur un bon réseau d’entreprises formatrices.»

Mais son lien avec le Nord vaudois n’est pas l’unique motivation de ce changement. La démarche de Patrick Simonin s’inscrit aussi dans une volonté de retrouver son public cible qui est en retrait. «Le nombre de contrats signés est en légère baisse et, avec le Covid, cette tendance s’est accélérée.» Le directeur ne traduit toutefois pas ce repli par un manque d’intérêt, mais simplement par une diminution des rencontres avec les potentielles recrues. Evénements promotionnels annulés, crainte des patrons d’accueillir des stagiaires en pleine pandémie… Autant de contacts qui n’ont pas pu se faire. Et de clichés auxquels les professionnels n’ont pas pu tordre le cou. «Vous voyez l’image de ces ouvriers assis sur une poutre métallique suspendue dans le vide à New York? Je pense que les gens s’imaginent que travailler dans la construction, c’est toujours comme ça. Mais la branche a bien changé. La sécurité d’aujourd’hui n’a rien à voir avec les mesures de l’époque, d’ailleurs le nombre d’accidents a chuté ces dernières années. Le travail est moins pénible et beaucoup d’engins de levage ont pris place sur les chantiers, vante Patrick Simonin. On peut aussi mettre en avant l’écologie, car on en a pour des générations à rénover nos bâtiments avec des matériaux toujours plus écologiques pour améliorer leur efficience énergétique.»

S’il devait trouver un dernier argument pour inciter les candidats à découvrir le monde de la construction, il dirait qu’il y a du travail pour tout le monde. «Les patrons attendent presque à la sortie de la remise des diplômes pour engager nos jeunes apprentis!» image-t-il avec un brin d’exagération totalement assumé.

Détails et inscriptions (jusqu’au 16 janvier pour Yverdon) sur: www.futurentrepreneur.ch

 

Le CPNV cherche aussi ses futurs élèves

 

Comme la FVE, le Centre professionnel du Nord vaudois va organiser son concours d’admission, sur une demi-journée, le 17 février. Les élèves qui souhaitent se lancer dans l’une des cinq filières d’apprentissage en école des métiers (à ne pas confondre avec un apprentissage en entreprise) doivent s’inscrire d’ici au 28 janvier: automaticien, polymécanicien, médiamaticien, informaticien, électronicien.

«Le nombre de places par filière est limité. Les gens s’imaginent que c’est un examen d’entrée, mais ce n’est pas le cas. On évalue simplement les compétences des candidats (ndlr: notamment langagières et mathématiques, comme pour la FVE), afin de nous assurer que les élèves ont les compétences nécessaires pour arriver au bout de l’apprentissage, explique Oriane Cochand, directrice du CPNV. Si on voit qu’un élève a des difficultés, on lui propose de commencer par un préapprentissage dans le domaine qu’il a choisi, ou on le réoriente vers quelque chose de plus adapté, pour lui éviter un échec.» Et d’ajouter avec conviction: «Il existe environ 200 métiers, il y en a vraiment pour tous les goûts et tous les niveaux. Cela signifie aussi que certains apprentissages sont très exigeants.»

Depuis l’arrivée du Covid, Oriane Cochand remarque une baisse de fréquentation pour trois de ces cinq filières, à savoir automaticien, électronicien et surtout polymécanicien. «Pour cette dernière, c’est une tendance générale. C’est vraiment dommage parce qu’ils profitent de conditions d’apprentissage idéales, en travaillant en petit groupe, avec des technologies de pointe et sont en contact direct avec des entreprises et start-up régionales, souligne-t-elle. Ce métier est victime d’une vieille image de personnes qui liment des pièces alors qu’il a bien évolué. Aujourd’hui, ils travaillent avec des imprimantes 3D, notamment. Et il y a un très grand nombre de débouchés!»

Toutes les infos: www.cpnv.ch/admission/

Christelle Maillard