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La déchetterie au cœur des critiques

24 avril 2020 | Edition N°2723

Yverdon-les-Bains / Grandson – Les files d’attente exacerbent les tensions. Des restrictions incompréhensibles.

À l’heure de se mettre en ordre de marche pour combattre la pandémie, la population, réagissant comme un seul homme, a fait bloc pour respecter les mesures prises par le Conseil fédéral. Mais depuis, la durée du confinement déployant ses effets, certaines ne sont pas comprises par la population. Pour les stations de lavage des voitures, le problème est réglé (voir ci-dessous). Mais dans les files d’attente des grandes déchetteries, la mauvaise humeur règne.

«Si cela continue comme ça, je pose mes déchets sur le trottoir et qu’ils se débrouillent avec. Cela fait plus d’une heure que j’attends», explique un habitant de Grandson, encolonné sur le chemin d’accès à la déchetterie intercommunale de Grandson-Montagny-Valeyres, située près des terrains de football des Tuileries-de-Grandson.

Ici comme ailleurs dans la région, les mesures prises par le Gouvernement sont strictement appliquées: pas plus de cinq voitures à la fois, et une seule personne par véhicule. Les accompagnants sont invités à attendre à l’extérieur.

Deux poids, deux mesures?

Ce qui est incompréhensible pour les habitants, c’est que trente clients puissent simultanément se trouver en milieu fermé dans un magasin d’alimentation de la rue des Remparts, à Yverdon-les-Bains, et que dans un centre de tri des déchets d’une surface dix fois plus grande et en plein air, seules cinq personnes sont admises.

Contacté, Denis Froidevaux, chef de l’Etat-major cantonal de conduite (EMCC), admet que c’est sévère, mais les directives viennent de Berne. Et de préciser: «Le système doit filtrer les entrées et les distances doivent être respectées.»

Ils font de l’ordre…

Les files d’attente à la déchetterie étaient prévues. À Grandson, dans un premier temps, le temps d’attente affiché au départ du chemin du Lac était de 20 minutes. La durée a ensuite été modifiée et portée à 45 minutes. Mais suivant le moment de la journée, ce temps d’attente est largement dépassé.

Il faut dire que, les premiers jours de confinement passés, beaucoup de personnes se sont lancées dans une véritable mise à jour de leur appartement ou de leur maison. «Et ils ne trient pas avant d’aller à la déchetterie», déplore Dominique Willer, municipal grandsonnois en charge de ce service.

Autre élément qui ralentit le passage sur la plateforme grandsonnoise, le chargement de compost. Depuis la semaine dernière, il faut s’annoncer préalablement et la quantité est limitée à 100 litres par personne.

Encombrants refusés

À la déchetterie d’Yverdon-les-Bains, la file d’attente dépend aussi du moment de la journée. Parfois elle s’étend jusqu’à la route cantonale. Et pourtant, contrairement à la déchetterie des Tuileries, celle de la capitale n’accepte pas les objets encombrants.

«Ce serait ingérable, car cela prend trop de temps pour les répartir dans les bennes», explique Marc-André Burkhard, municipal en charge du Service travaux et environnement de la Ville d’Yverdon-les-Bains.

Ce n’est donc pas le moment des grands débarras dans la capitale nord-vaudoise. Non seulement l’accès à la déchetterie avec de gros objets est impossible, mais, de surcroît, le ramassage effectué le mercredi par la voirie, sur appel préalable, a été suspendu. Fin avril et son lot de déménagements vont poser problème… Marc-André Burkhard conclut: «Les bouteilles de PET et de verre peuvent très bien être apportées dans les magasins au moment de faire les courses.»

Fermée exceptionnellement le samedi, la déchetterie d’Yverdon-les-Bains pourrait rouvrir en fin de semaine afin de réduire les files d’attente. La décision sera prise rapidement. En ce qui concerne les professionnels, la STRID applique aussi les mesures de distanciation. Mais cela ne change rien par rapport à la situation habituelle. Lors du pesage, la communication se fait par interphone et il y a peu d’usagers simultanément sur la plateforme.


Les stations de lavage ouvrent lundi

Dans les restrictions de la première heure qui ont suscité de l’étonnement, puis franchement fâché, figurent les installations de lavage des véhicules. Non seulement parce qu’elles n’accueillent que quelques automobilistes à la fois, mais aussi parce que les cabines de lavage sont séparées. Même la distance entre les aspirateurs permet de respecter les règles.

À Yverdon-les-Bains, Vincent Martin, directeur du Garage Bel-Air, qui dispose de l’une des plus importantes stations de lavage de la ville, se souvient d’avoir reçu un téléphone de la Police du commerce lui enjoignant de fermer l’installation. Il a été un peu surpris.

L’Union des professionnels suisses de l’automobile (UPSA), a interpellé les autorités fédérales. Mardi, l’organisation faîtière des garagistes a annoncé à ses membres que l’Office fédéral de la santé publique a confirmé que ces installations pouvaient à nouveau être mises en service lundi prochain.

Isidore Raposo