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«La maturité dépend aussi de la personne»
© Michel Duperrex

«La maturité dépend aussi de la personne»

8 avril 2021

Plus de femmes, plus de jeunes… et parfois même les deux à la fois! La tendance s’applique aussi au poste de syndic. A l’image de Bullet, où Maude Gonthier, première syndique de l’histoire, a été élue mardi à seulement 25 ans.

C’est une petite révolution qui a eu lieu en l’espace d’un mois à Bullet. Il y a désormais quatre nouveau municipaux sur cinq et une nouvelle syndique. La première de l’histoire du village. Et, si cela ne suffisait pas, son âge est aussi remarquable, puisque Maude Gonthier n’a que 25 ans. Autant dire que la nouvelle cheffe de l’Exécutif n’a pas vraiment le même profil que Jean-Franco Paillard, syndic actuel qui quittera sa fonction à 62 ans.

Ce qui n’a pas empêché la native de L’Auberson de prendre ses responsabilités lorsqu’il a fallu désigner un syndic. Après son élection dès le 1er tour, elle avait pourtant indiqué «avoir des doutes» quant à sa candidature comme syndique. «J’avais surtout peur de manquer de temps en raison de mon activité professionnelle. Lorsque j’ai appris que ce ne serait pas le cas, j’ai pu en discuter avec mes collègues. D’autres étaient aussi intéressés, mais j’étais la seule pour qui c’était le bon timing.»

Mais celle qui fait partie des plus jeunes syndiques du Canton n’a de loin pas accepté le poste par dépit. Au contraire, elle souhaite s’inscrire dans la continuité de la dernière Municipalité: «Depuis l’annonce de mon élection tacite, mardi, je suis presque soulagée! Je me dit que maintenant c’est fait et que tout va se lancer. Je suis dans une optique de respect du travail fait auparavant. Après on amènera quand même notre touche et s’il faut un changement, on l’apportera.»

Une touche qui sera forcément influencée par son âge, très jeune pour cette fonction. Mais pas de quoi faire vaciller la future syndique: «J’y ai réfléchi et j’avais peur de pas être élue à cause de cela, mais je ne m’arrête pas plus que ça sur mon âge. La maturité dépend aussi de la personne. J’ai ma propre expérience et mon ouverture d’esprit. Et j’ai reçu beaucoup de retours positifs de la part de la population, qui était contente de voir une femme jeune à la Municipalité. On sentait une vraie volonté. Ce serait un honneur pour moi de montrer que tout le monde a sa place dans une Commune. Il faut de la motivation et un sens des responsabilités, mais vraiment tout le monde peut le faire.»

 

A Villars-Epeney, même combat?

 

Maude Gonthier et Moranne Roulier ont pas mal de points communs: les deux sont les premières syndiques de l’histoire de leur Commune, deux villages qui ont connu un bouleversement de leur Exécutif lors de ces élections et les deux ont exactement le même âge, 25 ans, même si la femme originaire de Villars-Epeney est plus jeune de quelques mois.

Des ressemblances qui réjouissent Moranne Roulier, déjà élue syndique le 7 mars. «C’est une excellente nouvelle! J’espère pouvoir entrer en contact avec elle et discuter de notre fonction. Lors des assemblées de syndics de la région, je ne serai pas la seule personne de moins de trente ans!»

Mais comment expliquer ces changements subits? Pour l’employée de commerce, c’est une question d’ouverture d’esprit: «Cela me fait plaisir de voir qu’il est possible qu’une femme puisse être élue syndique, surtout dans des petits villages. Aujourd’hui les gens réfléchissent différemment et sont effectivement plus ouverts. On sent aussi un soutien plus fort des femmes en ce moment, en politique comme ailleurs. Néanmoins, et surtout en raison de mon jeune âge, je sais que je vais devoir faire mes preuves, peut-être démontrer un peu plus.»

Massimo Greco