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La météo a joué les trouble-fêtes

28 décembre 2018 | Edition N°2404

Yverdon-les-Bains –  Le Marché de Noël et ses 38 chalets ont déserté la place Pestalozzi. L’heure est au bilan. Du côté des commerçants, il est mitigé mais du côté des organisateurs, il est presque parfait.

Pour la deuxième année consécutive, la météo n’a guère été compatible avec la flânerie nécessaire au shopping, ce qui a évidemment eu une incidence sur la fréquentation de la place Pestalozzi où s’est tenu durant trois semaines le Marché de Noël d’Yverdon-les-Bains. Mais dans l’ensemble, les commerçants ne se plaignent pas trop, même si «ça pourrait toujours être mieux».

Quant à la société organisatrice de la manifestation, Art show communication, elle ajoute, par la voix de son directeur Thierry Despland : «Jusqu’à maintenant (ndlr: le 24 décembre), les commerçants avec qui j’ai pu parler m’ont tous dit qu’ils avaient mieux vendu que l’année dernière. Après, on verra les chiffres…» Sa collègue et cheffe de projet Sabrina Panattoni note également que malgré le fait qu’il a plu les trois week-ends du Marché, le soir en semaine des gens passaient en sortant du travail pour boire un verre. «C’était très chaleureux.»

Mais elle se souvient aussi d’un dimanche soir où la foule était aux abonnés absents alors que le chanteur lyrique Maurizio Indelicato donnait un concert. «Il n’y avait qu’une vingtaine de personnes, ça m’a fait mal au cœur pour lui, mais c’était magnifique. Du reste, la dame à côté de moi pleurait d’émotion», se souvient Sabrina Panattoni.

«Pas d’incivilités»

Mis à part le cambriolage du chalet du Père Noël, il n’y a eu aucune déprédation, aucun vol, rien de négatif à relever. Sabrina Panattoni, qui était omniprésente sous la bulle avec son bonnet noir à pompon, renchérit: «Aucune personne, même un peu avinée, n’a été violente, vulgaire ou désagréable. Tout s’est bien passé dans un bel esprit de Noël. Et les tonneaux sur lesquels nous proposions la fondue ont fait l’unanimité. Mais il est vrai que l’on sent que les gens sont prudents avec les dépenses.»

Sophie Bertschi, secrétaire de la Société industrielle et commerciale d’Yverdon, Grandson et environs (SIC), juge de son côté que les commerçants peinent à jouer le jeu. «Cette année, la Municipalité leur a offert huitante sapins déjà décorés à mettre devant leur magasin. Mais beaucoup n’ont pas fait de décorations dans leur vitrine. C’est dommage, regrette-t-elle. Nous essayons toujours d’améliorer la communication avec les commerçants, mais c’est difficile de les mobiliser. Et lorsque l’on veut animer la ville et ouvrir par exemple le dimanche, on a les syndicats sur le dos. C’est regrettable».

L’envie de propager l’esprit de Noël dans plusieurs rues

Cependant, Sophie Bertschi se réjouit que la SIC a de plus en plus d’adhérents, ce qui devrait, à terme, permettre une certaine unité dans les animations et autres opérations commerciales. «Nous aimerions beaucoup que l’on puisse entendre la musique de Noël partout dans les rues du centre-ville. Cela mettrait davantage d’ambiance. Et si nous pouvions étendre un peu le Marché de Noël, ce serait parfait. Nous demandons depuis plusieurs années à pouvoir utiliser la promenade Auguste-Fallet. L’idéal serait de boucler la rue des Remparts, rendre le centre-ville totalement piétonnier. On verra si un jour nos requêtes trouveront écho…» Opinion relayée par Thierry Despland: «Pour arriver à tourner, il faudrait soixante chalets, alors que nous n’en avons que 38, souligne-t-il. Et nous peinons à trouver un lieu adéquat. L’idéal serait de pouvoir en poser sur la promenade Auguste-Fallet.»

Même si l’édition 2018 ne restera pas dans les annales, elle a tout de même attiré quelques milliers de personnes et proposé de quoi remplir la hotte du père Noël.

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L’avis des clients

Certains badauds ont regretté qu’une partie des chalets soient occupés par des commerçants plutôt que par des artisans. Mais cette mixité est voulue. Les tarifs de location ne sont pas les mêmes selon que l’on est l’un ou l’autre. Les responsables de stands doivent tous se soumettre à un questionnaire sur la provenance des marchandises qu’ils vendent. Il n’en demeure pas moins que certains vendeurs étaient incapables de dire où et par qui leurs produits étaient fabriqués.

Dominique Suter