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La mue des Usines Métallurgiques de Vallorbe

31 décembre 2014

Avec la reprise de la majorité du capital-actions par le groupe Somfy, le printemps dernier, l’entreprise, créée en 1899, est entrée de plain pied dans le XXIe siècle. La différence de ton, perceptible lors de l’assemblée générale de cet été, se traduit par de profonds changements sur le terrain.

La nouvelle halle de production des Usines Métallurgiques de Vallorbe est bien plus lumineuse que l’ancienne. © Blanchard

La nouvelle halle de production des Usines Métallurgiques de Vallorbe est bien plus lumineuse que l’ancienne.

La grande force des Usines Métallurgiques de Vallorbe (UMV) est la qualité de ses produits, fruit d’un savoir-faire que l’entreprise a su perfectionner depuis sa création. Dans le domaine de la lime de précision, la lime pour bijoutiers et la lime ronde pour les chaînes de tronçonneuses, elle est même le leader mondial depuis des décennies. L’entreprise exporte 93% de sa production et son principal handicap est la cherté du franc suisse.

La différence avec la concurrence s’amenuise et les clients ne sont pas tous enclins à payer le prix fort pour un produit de qualité supérieure. La lime est un outil traditionnel. La technologie numérisée des outils de découpe des métaux a rendu son usage de moins en moins nécessaire dans les pays industrialisés. Si, pour l’instant, la demande dans les pays émergents est en croissance, le potentiel de développement ne sera pas éternellement exponentiel.

L’innovation mise en avant

«Notre philosophie est de compenser la cherté du franc suisse par l’innovation pour garder une avance sur la concurrence», commente Claude Currat, directeur général et administrateur de l’entreprise. Pour atteindre nos objectifs, nous voulons moderniser l’entreprise afin d’améliorer nos coûts de production. Cela va de pair avec l’amélioration des conditions de travail et de sécurité pour notre personnel.»

Sur le terrain, le changement est perceptible. Les UMV ont abandonné le secteur de la fraise mécanique. Cette diversification de production, qui avait été introduite au milieu du XXe siècle, est devenue non rentable, faute d’avoir pris le virage de la production de l’outil en métal dur en lieu et place de l’acier trempé. La place laissée libre par cette activitée a permis la réalisation d’une halle industrielle moderne et lumineuse. «Nous avons automatisé le parc machines et amélioré la protection des employés, relève Claude Currat. Les machines étaient très vieilles; sans être dangereuses, elles n’offraient pas une sécurité optimale aux personnes qui travaillaient dessus.»

A terme, c’est l’entier de l’outil de production qui sera modernisé. Un laboratoire de recherche dernier cri a été créé. Et les installations destinées au personnel, comme les vestiaires et les espaces de repos, ont été considérablement améliorées.

Deux piliers, bientôt trois

Les UMV réalisent un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 52 millions de francs. Pour l’instant, ce résultat repose sur une stratégie à deux piliers, le secteur des limes pour forestier et celui des limes de précision pour les secteurs bijouterie et horlogerie.

Seric Chun, employé au laboratoire de recherche de qualité. © Blanchard

Seric Chun, employé au laboratoire de recherche de qualité.

«A l’avenir, nous souhaitons développer un troisième pilier, lance Claude Currat. Nous avons une piste dans le secteur médical où le label swiss made est une référence.» Les UMV songent aux outils utilisés pour la pose de prothèses en tout genre. Un domaine en plein développement en raison du vieillissement de la population.

Pour atteindre ses objectifs, l’entreprise compte actuellement sur la collaboration de 320 personnes, dont 40 emplois temporaires et 9 apprentis. Si de tout temps les UMV ont eu une vocation formatrice, elles vont entreprendre un effort particulier de formation ces cinq prochaines années, en raison du départ à la retraite d’une centaine d’employés dépositaires d’un savoir-faire spécifique à l’entreprise.

«Nous engagerons donc des jeunes déjà qualifiés, à qui nous offrirons une formation continue de deux ans auprès des ouvriers expérimentés», précise encore Claude Currat. Des aînés qui auront pour mission de transmettre leurs compétences afin que leur savoir ne disparaisse pas de l’entreprise au moment de leur départ.

 

Le groupe Somfy

Le groupe Somfy est structuré en deux branches distinctes: la première, Somfy Activités, est dédiée à l’automatisation et au contrôle des ouvertures et des fermetures de la maison et du bâtiment. Elle réalise notamment des écrans, des portails, des portes, des stores, des rideaux et des volets. La seconde, Somfy Participations, est vouée aux investissements et participations dans des entreprises actives dans d’autres métiers.

Le chiffre d’affaires du groupe s’est élevé à 996,8 millions d’euros en 2013, pour un résultat opérationnel de 150,6 millions d’euros et un bénéfice net de 101,2 millions d’euros. L’entreprise a été fondée en 1960 à Cluses (Haute-Savoie). Ville où elle a son siège. Elle dispose de représentations dans de nombreux pays. L’équipe de Somfy Participations est basée à Genève. Elle est le nouvel actionnaire majoritaire des UMV.

«Somfy Participations investit dans des entreprises de taille moyenne dont l’activité se situe en dehors du coeur de métier de Somfy, précise Jean-François Lours, président du conseil d’administration des UMV. Notre objectif est de jouer un rôle d’actionnaire et de partenaire actif auprès des sociétés qui nous sont rattachées. Nous souhaitons les faire bénéficier de notre expérience, de nos ressources, de notre savoir-faire et les aider ainsi à valoriser leurs atouts.» Somfy Participations cible des sociétés dont elle comprend le «business model» et avec lesquelles elle partage les mêmes valeurs entrepreneuriales.

Pierre Blanchard