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La pandémie dope les prix de l’immobilier vaudois
© Michel Duperrex

La pandémie dope les prix de l’immobilier vaudois

19 novembre 2020

Le semi-confinement a provoqué une profonde réflexion sur le logement.

Le marché vaudois de l’immobilier a connu une croissance aussi importante qu’inattendue au cours du premier semestre de cette année, avec une progression de 5,3% du prix des villas individuelles. Un record, alors même que la situation conjoncturelle est défavorable. Jean-Pascal Baechler, responsable de l’Observatoire de l’économie de la Banque cantonale vaudoise (BCV), et David Michaud, économiste immobilier dans le même établissement, expliquent cette progression par deux phénomènes: d’une part des prix soutenus par des taux hypothécaires bas, et de l’autre les effets du semi-confinement. Ils se basent sur les données de Wüest Parner et de Realmatch 360.

«Le confinement du printemps a provoqué une réflexion. La ville est appréciée pour la proximité du travail, des commerces et des loisirs. Mais comme presque tout était fermé, les gens ont redécouvert les avantages de la campagne et des espaces verts. D’autant plus qu’en télétravaillant un ou deux jours par semaine, les déplacements sont réduits», note David Michaud. «Il faut dire aussi que le marché immobilier en propriété devient plus étroit. Ces dernières années, il y a eu beaucoup d’investissements dans l’immobilier locatif et moins en propriété», ajoute Jean-Pascal Baechler.

En étendant l’analyse sur une période un peu plus longue, les auteurs de l’étude notent que les prix ont «globalement atteint un niveau record depuis le début du siècle». Même si la dynamique s’est un peu ralentie, le prix des maisons familiales individuelles s’est accru de 10% depuis cinq ans et celui des appartements en propriété par étage (PPE) de 7%.

Une région attractive

Les experts de la BCV relèvent que l’activité de construction reste forte dans le district Jura Nord vaudois, en particulier dans le logement locatif, avec une progression de 7,6% sur cinq ans, en ligne avec la moyenne cantonale (7,9%). Cette activité a eu pour effet de faire passer le taux de vacance – rapport entre les logements libres et le parc – à 1,7%, soit au-dessus du niveau de pénurie (1,5%).

Dans le domaine locatif, les auteurs de l’étude relèvent une baisse de 19% sur cinq ans des loyers des logements mis sur le marché, imputable essentiellement aux objets neufs. On rappellera tout de même que les loyers de l’offre avaient doublé entre 2000 et 2015.

Même si la tendance y est un peu moins marquée, les prix des maisons individuelles (+4,7%) et des appartements en PPE (+1,9%) ont également progressé au premier semestre dans le district Jura Nord vaudois. Et même si ces prix s’inscrivent à leur plus haut niveau depuis le début du siècle, ils restent encore raisonnables, puisqu’ils sont de 20% inférieurs à la moyenne cantonale.

Pour les experts, cette situation constitue un atout qui accentue l’attractivité de la région. Ils relèvent d’ailleurs qu’Yverdon-les-Bains – deuxième ville du canton par le nombre d’habitants –, les communes de l’agglomération et la région Orbe-Chavornay, le long de l’autoroute A1, sont privilégiées. Dans ces régions, les prix de l’immobilier se rapprochent de la moyenne cantonale.

Le district de Lausanne est celui qui jouit des prix les plus élevés: ceux-ci dépassent de 35% la moyenne cantonale, avec des pics en ville de Lausanne, à Jouxtens-Mézery et à Saint-Sulpice. Par ailleurs, le marché locatif reste tendu, avec un taux de vacance de 0,6% enregistré début juin. L’Ouest lausannois bénéficie par ailleurs d’une véritable mutation, les friches industrielles laissant la place aux logements.

Le grand air encore…

Alors que la Lex Weber avait porté un coup très dur au marché des résidences secondaires, en particulier dans les Alpes vaudoises, la pandémie a également eu dans ces régions un effet régénérateur. Le week-end à Barcelone ou à Amsterdam a été avantageusement remplacé par des escapades à la montagne. Du coup, l’intérêt pour les résidences secondaires s’est considérablement accru. Les requêtes sur les plateformes immobilières en juillet et août ont augmenté de 78% pour les chalets et de 59% pour les appartements en PPE dans les Alpes vaudoises.

Isidore Raposo