Logo

La réplique du Grandjean volera en août

14 juin 2018 | Edition N°2267

Menuisier passionné d’aviation, Michel Porchet a consacré plus de vingt ans à la construction d’une réplique d’un appareil construit par René Grandjean, pionnier de l’aviation.

Lorsqu’en 1995 Michel Porchet, menuisier à Fiez, se lance dans la construction de la réplique d’un appareil – le «Grandjean 3» – construit par René Grandjean, pionnier de l’aviation d’Avenches, il imagine à peine le défi qu’il s’apprête à relever. En effet, il ne dispose que de deux photos pour seule et unique base de travail. Après un essai, limité, lors de la Fête de l’Air de 2013, le passionné s’apprête à réaliser un véritable vol à l’aérodrome d’Yverdon-lesBains en août prochain. A quelques jours de la commémoration de la traversée du lac de Neuchâtel par René Grandjean (lire encadré), Michel Porchet, président de l’association dédiée au pionnier, évoque le travail de construction avec les étoiles de la passion dans les yeux. L’idée de construire une réplique est venue de Paul Margot, un industriel de L’Auberson. «Le Grand Paul», comme l’appelaient ses amis, passionné d’aviation, avait obtenu l’autorisation de se poser et décoller des champs en limite de la localité jurassienne. Il a trouvé en Michel Porchet une oreille attentive: «J’étais allé avec mon fils à la Ferté-Alais (ndlr: un meeting aérien en France, la mecque pour les passionnés de vieux avions). La réplique du Blériot avait déjà été faite. «Le Grand Paul» m’a dit: on va faire le bois!» Le menuisier de Fiez s’est mis au travail. Son atelier et ses compétences lui ont bien évidemment facilité la tâche pour construire la structure. Pour le moteur et les autres éléments, il lui a fallu réunir autant de compétences que de bonnes volontés. Professeurs et apprentis de l’Ecole des métiers de Lausanne et du Centre professionnel du Nord vaudois (CPNV), ainsi que de nombreux privés ont donné de leur temps au cours des années. Plus d’une centaine de membres de l’Association René Grandjean ont contribué à financer l’entoilage. Le premier essai de 2013 – il est monté à 12 m de hauteur à mi-piste – a conforté Michel Porchet dans ses options. Tel un admirateur de Tintin, il s’apprête, à 77 ans, à décoller pour un vol qui sera lui aussi historique. «Le taux de montée est tellement lent avec cet avion que le bout de la piste est vite là. Avec ce genre d’appareil, on doit virer à plat. La haie de peupliers située le long de la Thièle a été abattue. Il faudra juste que la météo soit favorable», espère l’aviateur. Qui ne doute pas une seconde que les problèmes de filtre à carburant seront résolus d’ici l’été et la Fête de l’Air.

Isidore Raposo