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La roue tourne pour Cyrille Thièry

25 mai 2016 | Edition N°1749

Cyclisme – A 25 ans, le Chavornaysan enchaîne les performances de choix. De quoi raviver les espoirs enfouis.

Patience, persévérance et passion. Trois qualificatifs qui permettent, aujourd’hui, à Cyrille Thièry de vivre sa meilleure saison. De retrouver espoir. Cinq fois vainqueurs ce printemps -dont à trois reprises lors de courses nationales-, le Chavornaysan est dans une forme du tonnerre. Samedi passé, il l’a encore prouvé au Tour de Berne -une épreuve labellisée UCI-, en se classant 11e, après avoir pris la bonne échappée. «J’ai rarement beaucoup gagné, mais surtout jamais aussi tôt dans la saison. D’habitude, c’était plutôt dès l’été», souligne, tout sourire, le coureur du VC Orbe, qui roule pour l’équipe de Mendrisio.

A 25 ans, après quelques saisons difficiles, c’est une sorte de renaissance pour le Nord-Vaudois. «Comme toujours dans ce genre de cas, plusieurs éléments ont joué un rôle, estime-t-il. J’aurais pu connaître de tels résultats l’automne passé déjà, mais je me suis cassé la clavicule gauche.» Un coup d’arrêt qui n’a pas, pour autant, enrayé la dynamique amorcée début 2015.

Il le répète à l’envi, rien ne s’est fait du jour au lendemain. Mais après être passé à côté des Championnats du monde sur piste, il s’est sérieusement remis en question. «J’ai été bon coureur en juniors, il était temps que je montre quelque chose en élite, lance-t-il. Chaque hiver, il y avait un problème. Je tombais malade et cela me retardait dans ma préparation, je courais après ma forme.» Dans le besoin, il a demandé du soutien à Raphaël Faiss, un entraîneur qui a accepté de l’aider. «D’une certaine façon, il a su me remettre dans le droit chemin», reconnaît l’élève. Sous la houlette du Valaisan, il a repris les bases et a changé son approche de l’entraînement. Les deux hommes se sont compris et les sensations sont rapidement revenues. Le Corbeau a gommé sa tendance à accumuluer les kilomètres, pour travailler de façon plus qualitative.

Cyrille Thièry a, aussi, trouvé de la sérénité et a appris à écouter son corps. «J’ai su lever le pied au bon moment, quand je sentais que j’en avais besoin.» Et il n’est pas tombé malade l’hiver passé. Sa famille et sa copine l’entourent, l’encouragent. «En ce moment, un peu tout s’enchaîne en ma faveur. Je sais que des gens me suivent, tant au VC Orbe qu’à Mendrisio. Que mes résultats leur font plaisir, et c’est gratifiant. Je ressens du soutien de pas mal de monde», remercie-t-il.

«A mon âge, c’est le dernier moment pour montrer ce que je vaux», martèle-t-il, conscient que sa situation -il ne travaille pas- ne pourra pas s’éterniser. D’autres coureurs de sa génération, parfois moins talentueux, sont passés pros sous ses yeux. «Moi, j’avais le sentiment de m’être un peu perdu en route.»

La chance

L’homme a retrouvé le chemin, et le cycliste rêve, à nouveau, de pouvoir poursuivre sa carrière en décrochant un contrat pro. «Faire du vélo, c’est ce que j’aime, mais je sais bien que je ne suis plus le genre de coureur qu’on va chercher», tempère-til. S’il reste optimiste, c’est que, cette année, tout lui réussit. «Les sportifs ont souvent de la peine à l’admettre mais, en ce moment, j’ai souvent de la chance.» Celle qui lui faisait défaut les saisons précédentes. «Il m’a, aussi, manqué un peu de foi en moi. Mais j’ai appris des périodes plus difficiles. J’ai gagné en maturité, affirme Cyrille Thièry, qui savoure l’instant présent. J’espère encore gagner quelques courses cette année.» Et taper dans l’oeil d’un recruteur prêt à lui donner sa chance.

Pas de JO cet été: «Un poids en moins»

Excellent pistard, Cyrille Thièry faisait partie des prétendants à une participation aux Jeux olympiques de Rio, avec le quatuor suisse de poursuite par équipes. Le Chavornaysan avait, encore, été du voyage aux Mondiaux de 2015. Pourtant, ces dernières années, il ne faisait plus partie des titulaires. Sans surprise, il n’a pas été convié aux Jeux, bien qu’il fasse toujours partie du cadre national. «Je savais que je n’avais que très peu de chances de pouvoir aller à Rio, dit-il. Mais l’annonce de la sélection a, d’une certaine façon, constitué un poids en moins. Je devais passer à autre chose. Heureux hasard, j’ai directement gagné une course le dimanche suivant. J’ai pu enchaîner.»

Manuel Gremion