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La Silicon Valley leur a donné des idées

19 mars 2014

Deux jeunes rattachés à la HEIG – VD ont fait part de leur expérience californienne lors du lancement de la deuxième édition du camp pour graines d’entrepreneurs auquel ils ont participé.

Les Nord Vaudois Florian Segginger (à g.) et Geoffrey Raposo ont l’innovation dans la peau.

Les Nord Vaudois Florian Segginger (à g.) et Geoffrey Raposo ont l’innovation dans la peau.

Geoffrey Raposo et Florian Segginger faisaient partie des cinq participants au premier Silicon Valley Startup Camp venus témoigner hier au Lausanne Palace de leur immersion dans la Mecque de l’innovation. Ce séjour d’une semaine organisé en septembre dernier avait pour objectif d’inciter les jeunes Vaudois porteurs de projets à se lancer dans leur concrétisation, un esprit entrepreneurial qui fait défaut sous nos latitudes.

«A la sortie du master, de nombreuses sociétés veulent nous débaucher. En Suisse, les gens n’ont pas forcément dans l’idée de créer leur start-up», a relevé Raphaël Gabella, un autre membre de l’aventure outre-Atlantique.

Au gré des ateliers, événements, visites d’entreprises et nombreuses rencontres réalisées, les jeunes bénéficiaires de ce programme ont amassé un bagage important en un court laps de temps. Collaborateur scientifique auprès de la Haute école d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud (HEIG-VD), Florian Segginger se rappelle d’une rencontre en particulier. «Lors d’un événement, j’ai sympathisé avec un collaborateur d’une société implantée là-bas. Le lendemain, il m’a fait visiter son lieu de travail. C’était informel, donc encore mieux que les visites planifiées», indique-t-il. Son expérience au coeur de la Silicon Valley lui a fait revoir ses plans. «Au moment de défendre ma candidature, j’ai déclaré que je souhaitais participer au voyage pour obtenir de l’aide dans la conception d’un business plan et en matière de brevets. Là-bas, j’ai constaté que c’était le dernier de leurs soucis. Il faut proposer quelque chose que les gens veulent», affirme le jeune homme de 25 ans.

Des projets prometteurs

Florian Segginger croit justement au potentiel de développement de «Pimp My Wall», le concept qui a permis aux festivaliers de la dernière édition du bal de l’école d’ingénieurs d’Yverdon (Baleinev) de dessiner via leur smartphone sur un écran géant interactif. «Des perpectives existent dans l’affichage numérique. Il est actuellement difficile d’ajouter du contenu sur les écrans digitaux que l’ont rencontre. L’idée est de proposer un système très simple susceptible d’être manipulé par n’importe qui», précise l’Yverdonnois. Dans l’intervalle, il promet, en mai prochain, «plein de nouveautés» sur le mur interactif de la prochaine édition de Baleinev.

A l’inverse, Geoffrey Raposo a ni plus ni moins décidé d’arrêter sa collaboration dans une start-up (une plateforme visant à organiser des cours de tout type). «Nous avons développé méticuleusement un site Internet, mais la demande n’était pas au rendez-vous», concède- t-il. Son nouveau projet se base sur le raisonnement opposé. «J’ai créé un faux site permettant de réserver les services d’une femme de ménage et acheté un espace publicitaire sur Google pour le promouvoir», révèle le Nord Vaudois de 22 ans. Sur les soixante internautes attirés lors de cette phase test, six ont voulu procéder à une réservation et se sont vus adresser un message les remerciant pour leur intérêt. Il n’en fallait pas plus pour convaincre Geoffrey Raposo que ce concept à succès aux Etats- Unis pouvait marcher ici. «Il y a déjà une entreprise partenaire et j’espère en trouver d’autres», conclut-il.

 

Inscriptions ouvertes pour la deuxième édition

Réservé aux étudiants des hautes écoles du canton âgés de 18 à 25 ans, le Silicon Valley Startup Camp permettra à une dizaine de jeunes de vivre la même expérience que Florian Segginger et Geoffrey Raposo. La participation à cet événement organisé du 7 au 14 septembre prochains requiert l’envoi d’une lettre de motivation en anglais sur une page A4, via la page Facebook, d’ici au 18 avril prochain. Un jury d’experts procédera à la sélection des dossiers. Cette opération est pilotée par la Banque cantonale vaudoise (BCV,) qui agit en partenariat avec l’Université de Lausanne (UNIL), l’ Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), les hautes écoles, la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI), la Fondation pour l’Innovation Technologique, Swissnex et Philias. Un système de mentoring est la nouveauté de cette édition.

Ludovic Pillonel