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La soirée du Black Friday est maintenue

22 novembre 2018 | Edition N°2381

Yverdon-les-Bains  –  Le Tribunal cantonal a rejeté le recours du syndicat Unia, qui contestait la décision de la Municipalité d’autoriser l’ouverture des magasins jusqu’à 20h vendredi soir.

Les chalands pourront bien flâner jusqu’à 20h, vendredi soir, dans les commerces yverdonnois qui ont décidé de profiter de l’autorisation spéciale délivrée par la Ville en ce jour de Black Friday. Le syndicat Unia, qui avait recouru contre cette décision communale devant le Tribunal cantonal, a vu son recours rejeté jeudi.

La Cour de droit administratif et public a estimé que la Municipalité était bel et bien compétente pour autoriser les magasins à étendre leurs activités en soirée, eux qui ferment d’ordinaire à 18h30 le vendredi. «La Cour reconnaît qu’une prolongation d’une heure et demie n’est pas excessive et qu’elle ne porte pas atteinte aux intérêts des travailleurs», souligne Jean-Daniel Carrard, syndic d’Yverdon-les-Bains.

En attaquant cette décision municipale, Unia voulait attirer l’attention sur la situation des vendeurs et sur la nécessité de compenser les heures de travail effectuées en soirée. Le syndicat estimait en outre que les autorités, par leur décision, avaient violé le règlement communal sur les heures et jours d’ouverture et de fermeture des magasins. Or il n’en est rien, selon le Tribunal cantonal. «Contrairement aux affirmations d’Unia, on n’est pas dans l’illégalité», insiste le syndic. Il souligne par ailleurs que l’Exécutif a fait preuve de «modération» en donnant son accord pour une prolongation d’un jour seulement, alors que la demande initiale portait sur une extension des horaires durant trois soirs d’affilée.

Un ultime recours pourrait encore être déposé ce matin devant le Tribunal fédéral, mais Unia n’en avait pas encore discuté hier soir. © Michel Duperrex

Un ultime recours pourrait encore être déposé vendredi matin devant le Tribunal fédéral, mais Unia n’en avait pas encore discuté jeudi soir. © Michel Duperrex

Du côté des opposants, on prend acte. Mais on se satisfait que le tribunal ait reconnu au syndicat la qualité de recourir dans cette affaire. «Pour nous, c’est un arrêt en demi-teinte, commente Sandrine Maeder, secrétaire syndicale pour le secteur tertiaire chez Unia. Mais nous avons obtenu quelque chose qui nous tenait à cœur puisque la Cour remet en cause l’attitude de la Municipalité de ne pas communiquer ses décisions aux personnes qui auraient la compétence de recourir contre celles-ci.» Et c’est bien là, désormais, l’objectif du syndicat: prendre langue avec les autorités. «On appelle la Municipalité à se mettre autour d’une table avec nous pour discuter des problématiques liées aux horaires et aux commerces en général. On a des idées qui viennent de la base à faire remonter.»

 

Caroline Gebhard