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La Ville à l’écoute des usagers remontés

13 décembre 2019

Yverdon-les-Bains – Le nouveau plan-horaire des lignes de bus a fait grincer des dents. Pour s’expliquer et entendre les griefs, la Municipalité et les dirigeants de Travys ont organisé une séance d’information mercredi.

C’est un véritable face-à-face qui s’est tenu mercredi entre les autorités et des citoyens mécontents des changements opérés sur le réseau de transports publics yverdonnois pour l’année 2020.

Alors que la fusion entre la ligne 605 et la nouvelle ligne 606, qui dessert le collège des Rives, s’est faite au prix de suppressions d’arrêts, plusieurs habitants sont montés au créneau. Des critiques avaient aussi été formulées de tous bords par le Conseil communal d’Yverdon-les-Bains. Et la pétition «Non à la suppression d’arrêts de bus en ville d’Yverdon» récolte déjà près de 200 signatures.

Afin de faire passer la pilule et légitimer sa décision, la Municipalité a donc tenu une séance d’information mercredi soir. Le syndic, Jean-Daniel Carrard, voulait s’y montrer «à l’écoute» des revendications. «Nous avons besoin de vous pour sentir les difficultés, que vous puissiez poser vos questions. Nous voulons discuter et voir quels changements sont possibles. Votre avis nous intéresse fortement», a-t-il insisté. Alors que la crise climatique incite à repenser la mobilité, l’édile en a aussi profité pour affirmer la cohérence de ce nouveau plan, par exemple avec l’amélioration de la cadence reliant la gare au parc scientifique, où le nouveau système de macaron cherche à faire parquer les pendulaires et où se tiendra bientôt un arrêt CFF.

«L’expertise technique»

Du côté de Travys, on jouait la carte de la «rationalité», cherchant à «optimiser» le réseau de transports publics. «Tout changement fait des gagnants et des perdants, a justifié Daniel Reymond, directeur de la société. En tant que techniciens des transports, nous devons avoir une vision globale, qui minimise les pertes pour la population. Cette réforme fait plus de gagnants que de perdants.»

Pas forcément suffisant pour convaincre la quarantaine d’usagers mobilisés ce soir-là. «Comment peu-on parler d’amélioration en supprimant des arrêts?», a questionné Denis Frenkel, évoquant le besoin d’une politique budgétaire audacieuse. D’autres ont émis des propositions plus concrètes, à l’image de Daniel Burri qui a demandé à ce que la nouvelle ligne 605 se rapproche davantage du débarcadère. Enfin, il a été reprochée à la Municipalité de mettre les citoyens devant le fait accompli. Une remarque qui a été  suivie d’applaudissements.


Quelques chiffres

Selon le syndic d’Yverdon-les-Bains Jean-Daniel Carrard, la commune dépense annuellement 8 millions de francs pour les transports publics. Un budget qui a récemment augmenté de 350 000 francs. Les lignes Travys transportent 11 000 personnes par jour, pour un total de 3 millions par an. Prochainement, les autorités vont établir, avec une démarche participative, un plan directeur des transports publics qui devrait revoir dans sa globalité la mobilité yverdonnoise.

Guillaume Guenat