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L’Allemagne prépare son Mondial en affrontant Yverdon

9 décembre 2019 | Edition N°2641

Le Championnat du monde de unihockey féminin a débuté le week-end dernier du côté de Neuchâtel. L’occasion pour l’UC Yverdon de recevoir les Allemandes, qui ont tenu à disputer une rencontre amicale avant leur entrée en lice.

L’idée de pouvoir se confronter, ne serait-ce que le temps d’une rencontre, à une équipe nationale a très vite fait parler d’elle dans les rangs de l’UC Yverdon. Le subterfuge utilisé par la troupe de Nicolas Richard est d’ailleurs très simple: s’appuyer sur la présence des seize meilleures nations du globe à Neuchâtel, théâtre des Championnats du monde de unihockey féminin du 7 au 15 décembre, pour se risquer à un duel palpitant.

Jeudi dernier, c’est donc l’équipe nationale allemande (8e meilleure nation du monde) qui a sonné à la porte de la salle des Isles. Désireuse de parfaire ses gammes avant son entrée en lice face à la Suisse (lire encadré), la formation entraînée par l’Helvète Simon Brechbühler s’est donc frottée aux joueuses de l’UCY (LNB) dans une opposition a priori déséquilibrée.

«Il était important pour nous de pouvoir évoluer une dernière fois avant le début de la compétition, étant donné que l’effectif est composé d’éléments qui ne jouent pratiquement jamais ensemble, étayait le sélectionneur. C’est d’ailleurs ici que débute officiellement le tournoi pour nous, sachant que le groupe vient de se retrouver. Les joueuses ont conduit toute la journée afin se rendre en Suisse.»

L’Allemagne pas épargnée

Pour une nation composée uniquement d’amateurs – ce constat est valable pour la quasi-totalité des participantes au Championnat du monde – l’opportunité de préparer l’évènement de manière plus professionnelle n’existe donc pas. Reste que sur le terrain, les Allemandes ont plutôt bien digéré leur fastidieux préambule, elles qui se sont imposées 8-2 face à Yverdon. Les Nord-Vaudoises avaient pourtant ouvert le score par l’intermédiaire de l’intenable Coralie Pilet, avant que leurs opposantes ne passent en mode rouleau compresseur. Agressivité, impact physique et schémas rôdés: les ingrédients étaient réunis pour parvenir à faire sauter le verrou des filles de l’UCY.

Une force de frappe qui ne devrait toutefois pas s’avérer suffisante pour réussir à régater face aux cadors de la discipline, à Neuchâtel. Dans un groupe composé de la Suisse, de la Finlande et de la Pologne, les chances de la sélection de Simon Brechbühler semblent en effet moindres. «La compétition se déroulant en terre voisine, les spectateurs seront nombreux à faire le déplacement. Les rencontres seront retransmises en direct, il y aura un peu plus de nervosité que d’habitude. Mais ceci doit nous stimuler.»

Un évènement unique

En ce qui concerne le choix de la ville de Neuchâtel, celui-ci détonne d’autant plus que, à cette occasion, aucune joueuse «welsch» ne défendra les couleurs de la Suisse. En ce sens, l’organisation de ce Mondial s’apparente à une véritable victoire pour toute une région, Michel Ruchat en tête de liste. «Cela doit donner des idées et de la motivation aux différents clubs, et susciter de nouvelles vocations auprès des jeunes notamment», souligne l’ancien Président de la Région 1 de Swiss Unihockey.

Pourtant, les Suissesses ont déjà accueilli le Championnat du monde par le passé, dont la dernière fois à Saint-Gall en 2011. Mais celui-ci ne s’était encore jamais déroulé de ce côté-ci de la Sarine. «Selon la Fédération, c’est en Suisse romande qu’existe le plus gros potentiel en matière de possibles adhérents. C’est donc une aubaine pour nous dans l’optique de développer encore un peu plus notre discipline. Il s’agit également d’une occasion de voir du très haut niveau à proximité», assure Denis Marendaz, co-président de l’UCY. À noter que sa fille Laura, qui évolue en LNA avec Wizards Berne Burgdorf, ne fait pas partie de l’effectif de l’équipe de Suisse.

 

Une occasion en or pour la Suisse

Si la Suède fait de nouveau office de grande favorite dans ce Championnat du monde, la sélection suisse, qui figure dans le top 4 mondial aux côtés de la Finlande et de la République tchèque, aura une carte à jouer devant son public. Une bénédiction rendue possible par le travail titanesque effectué depuis des années par une poignée de Romands.

«Nous nous sommes battus pour rendre cette organisation possible à Neuchâtel. C’est une véritable fierté d’accueillir cet évènement, même si je suis un peu déçu de la communication réalisée autour de celui-ci», admet Michel Ruchat.

Pour leur entrée en lice, les Suissesses n’ont fait qu’une bouchée de l’Allemagne (12-1), samedi, avant de s’imposer 7-4 contre la Finlande, hier lors du choc au sommet du groupe A, dans une patinoire du Littoral pleinement acquise à leur cause.

Loris Tschanz

Rédaction