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L’Amalgame sort presque la tête de l’eau

10 décembre 2019 | Edition N°2642

 

Le Canton et la Ville ont décidé d’accorder, durant deux ans, une aide exceptionnelle de 50 000 francs supplémentaires par an à l’association Game, qui gère la salle de concert. Celle-ci demandait pourtant 60 000 francs pour survivre.

C’est avec le couteau sous la gorge que l’association Game, qui chapeaute L’Amalgame, avait sollicité un coup de pouce auprès des autorités en début d’année. «On demandait 80 000 francs, ou au moins 60 000 francs pour survivre.» Le vœu de sa présidente, Laura Lambert, a été entendu et partiellement exaucé hier, puisque la Ville d’Yverdon-les-Bains et le Canton de Vaud ont accepté d’ouvrir davantage leur porte-monnaie. L’État mettra ainsi 30 000 francs de plus que les 10 000 francs versés annuellement. La Commune, elle, injectera 20 000 francs de plus – 10 000 de plus que prévu dans le budget 2020. La Ville fera passer son soutien de 170 000  à 190 000 francs. «On est contents et inquiets en même temps, mais très reconnaissants», confie Laura Lambert. Cette aide ne durera toutefois que deux ans.

Citoyens et politiques concernés

Alors que le Conseil des jeunes d’Yverdon-les-Bains devrait remettre aujourd’hui une pétition comportant plus de 5000 signatures et pour soutenir L’Amalgame, c’est au tour des politiques de réagir. «Nous n’avons pas fermé les yeux sur leurs difficultés. On pense avoir fait ce que l’on a pu et on est contents d’avoir trouvé une solution ensemble», commente le syndic Jean-Daniel Carrard.

Quant au Canton, c’est de lui que vient l’impulsion de cet élan de générosité. «On a réagi de façon exceptionnelle à une situation exceptionnelle», confie Nicolas Gyger, adjoint de la cheffe du Service cantonal de la culture et de l’Agenda 21, qui reconnaît l’intérêt public de l’institution yverdonnoise. Celui-ci s’est rendu sur place pour évaluer la situation. «La professionnalisation du lieu, que nous appelons de nos vœux, a engendré des frais et conduit à une gestion du personnel intenable. Par exemple, on a vu qu’il y avait des gens qui étaient rémunéré à 30% mais qui faisaient du 70%.»

Face à un tel cas, pourquoi ne pas avoir accepté d’accorder l’entier du montant demandé par Game? «À leur place, je serais content. Il est rare d’augmenter un budget en toute fin d’année et, qui plus est, quand il est prévu un excédent de charges de trois millions de francs», répond Jean-Daniel Carrard. «On a demandé un partage des efforts car les budgets sont bouclés et nous n’avons pas beaucoup de marge de manœuvre. Dans deux ans, on rediscutera, réplique Nicolas Gyger. Pour repartir du bon pied, l’association devra revoir son fonctionnement, peut-être prioriser des postes ou réduire des activités. À elle de saisir la balle au bond. »

Mais Laura Lambert n’a pas attendu la catastrophe pour réagir. «Chaque année, on coupe partout mais là, on ne peut plus couper davantage, assure-t-elle. On a par exemple réduit le nombre de manifestations. On a essayé d’augmenter les soirées DJ, parce que ce sont celles qui nous rapportent le plus, mais on a vu qu’elles ne marchent pas si elles sont trop rapprochées dans le temps.»

Deux ans pour redresser la barque lui paraît bien compliqué. C’est pourquoi les Verts et le parti socialiste d’Yverdon-les-Bains devraient déposer à la Municipalité, lors du Conseil communal de jeudi, un amendement au budget 2020 afin d’instaurer la gratuité du loyer de la salle de concert, qui est actuellement de 42 000 francs (sous déduction des 20 000 francs d’aide exceptionnelle déjà consentie).

Christelle Maillard