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Lars Schnyder de retour aux racines

12 janvier 2017 | Edition N°1911

VTT – Conséquence de la disparition de l’EKZ Racing Team, le cycliste bavoisan a choisi de quitter la route pour revenir à la terre et à la discipline dans laquelle il a donné ses premiers coups de pédale.

La carrière de Lars Schnyder, 23 ans, prend un nouveau tournant pour au moins une année, ou peut-être bien plus. ©Michel Duvoisin

La carrière de Lars Schnyder, 23 ans, prend un nouveau tournant pour au moins une année, ou peut-être bien plus.

Dans le peloton, visez la tête qui dépasse et vous l’aurez trouvé. Du haut de son mètre nonante-six, Lars Schnyder n’est jamais passé inaperçu dans le milieu. Grâce à quelques coups d’éclat (lire encadré du bas), mais aussi par sa bonhomie et la régularité des ses performances. Des atouts qui ne lui ont, pourtant, pas permis de passer du statut de coureur élite à celui de pro, dans le microcosme du cyclisme suisse. La disparition de son équipe, ultime coup du sort, l’a contraint à peser les intérêts, pour finalement revenir aux racines. A celles de sa carrière, à celles des chemins de terre qu’il empruntera, au guidon d’un VTT, plutôt que la route.

La nouvelle est tombée l’été passé. EKZ abandonnait le sponsoring de son équipe cycliste. Au crépuscule du mois de septembre, les dirigeants n’avaient toujours pas trouvé de nouveau partenaire. C’était la fin d’un cycle pour douze coureurs, le Bavoisan compris. Devant trois options -s’entêter à essayer de trouver une nouvelle formation sur route, arrêter ou retourner au VTT-, le sportif de 23 ans a pris le temps de la réflexion et pour sonder son cœur. Le monde de la route était devenu compliqué avec, en plus de celle d’EKZ, la disparition de Iam. De nombreux candidats se sont retrouvés sur un marché déjà tellement limité et où rares sont les élus. «J’ai toujours été assez réaliste, et je savais bien que plusieurs d’entre eux étaient plus talentueux que moi. En outre, le cyclisme est devenu tellement cadré que j’y prenais moins de plaisir. Je me suis rendu compte que je ne retrouvais plus ce côté fun dont j’ai besoin. Alors, même si le rêve d’y arriver, qui a toujours été mon but ultime, était toujours là, après plusieurs semaines de réflexion, la décision a paru comme une évidence», se livre l’homme tout-terrain.

Option marathon Cette saison, le géant du VC Orbe fera son grand retour dans la discipline de ses débuts quand, en famille, il donnait ses premiers coups de pédale. Celle, aussi, grâce à laquelle il a débuté sur route. «En 2010, alors que je débarquais, j’ai terminé au 22e rang du général du Tour du Pays de Vaud. C’était inattendu et la confirmation que ceux qui m’avaient poussé à franchir le pas avaient vu juste», se souvient le Nord- Vaudois.

Depuis qu’il a trouvé une équipe (lire encadré du haut), Lars Schnyder met tout en œuvre pour réussir la transition. «Je vais partir sur les courses d’endurance. Non seulement car j’ai un gros bagage dans ce domaine, du fait que je viens de la route, mais aussi parce que mon gabarit s’y prête. Je suis plus à l’aise dans des montées roulantes.» Le challenge consistera à rapidement être au niveau techniquement. Durant la préparation, celui qui est employé à 50% en tant qu’intendant d’un domaine privé, alterne course à pied, travail en salle -pour muscler le haut du corps, plus sollicité dans sa nouvelle spécialité-, entraînement sur route -pour le fond- et sorties en VTT. «J’ai des horaires libres. Cela me permet de bénéficier de super conditions», souligne-t-il.

Quelques épreuves régionales, d’autres à l’étranger et le circuit suisse des distances marathon seront au programme 2017 du vététiste. Avec, dans le viseur, les 120 km du Grand Raid. «Je vais devoir bosser dur, lance Lars Schnyder. En VTT, il n’y a plus de tactique de course ou d’équipe. Tu as le résultat que tu mérites.»

Le cadeau de Noël

Une fois décidé à revenir au VTT, Lars Schnyder a entamé ses recherches d’une équipe. Il a eu de nombreux contacts mais, arrivé tard sur le marché, en novembre dernier, sa quête s’est avérée compliquée. La dynamique formation GS Sportswear Bergamont Mathieu SA était, par exemple, complète. Pourtant, le manager du team valaisan a fini par rappeler le sociétaire du VC Orbe juste avant les Fêtes. Il avait trouvé le financement pour accueillir le colosse dans ses rangs. «Ça a été mon cadeau de Noël, sourit le Bavoisan. Alain Glassey a pris le pari de prendre quelqu’un qui a fait de la route durant sept ans. J’en suis ravi. Ce d’autant plus que la meilleure équipe de Romandie, c’est celle-ci.» Lars Schnyder va, ainsi, pouvoir bénéficier d’une véritable structure, de matériel (Bergamont est une marque de vélos) et de soutien durant les courses. Les inscriptions aux épreuves seront prises en charge et il peut espérer des primes au résultat. «En VTT, il est possible de s’organiser et de rouler sans équipe. Si je n’avais rien trouvé, j’aurais fait les choses moi-même. Mais ça aurait été bien plus exigeant et onéreux», ajoute l’ex-cycliste sur route.

La Provence, le souvenir de l’année 2016

Lars Schnyder, lors de sa victoire en Provence. ©Christophe Martinez/DR

Lars Schnyder, lors de sa victoire en Provence.

Vainqueur de la première édition de l’Enfer du Chablais au printemps 2015, Lars Schnyder, alors en selle pour le VC Mendrisio-PL Valli, a tapé dans l’oeil des recruteurs de l’EKZ Racing Team, équipe élite suisse de renom. Il y a rejoint son camarade du VC Orbe Théry Schir. La saison 2016 du Bavoisan -son unique année sous les couleurs de la formation zurichoise, malgré un contrat valable jusqu’à fin 2017- a débuté par l’école de recrues. Retardé dans sa préparation, le cycliste est monté en puissance durant l’été, jusqu’à remporter, fin août, une étape des 4 Jours des As en Provence. Il s’agissait de son premier succès à l’étranger. Après quoi, son équipe a mis la clé sous la porte.

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Manuel Gremion