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L’art et la manière de traverser le confinement
La sculpture de l'artiste Gisela Raeber, "Je rôde encore", qui incarne un petit coronavirus.

L’art et la manière de traverser le confinement

16 septembre 2020 | Edition N°2788

Source de déprime ou au contraire d’inspiration, la pandémie a été vécue très différemment selon les artistes. Six visions seront exposées à l’Atelier Ches’Art à Cheseaux-Noréaz dès le 19 septembre.

À l’instar des autres mortels, les artistes ont traversé le confinement avec plus ou moins de plaisir. Certains ont vu dans le coronavirus une nouvelle forme d’inspiration, d’autres, coupés du monde, ont cessé toute production. L’inquiétante fermeture des galeries et des salons d’expositions a parfois coupé totalement l’envie de créer.

C’est en observant cette variété de situations parmi ses amis que la peintre Maria Rigotti a imaginé une nouvelle exposition dans sa galerie Ches’Art, à Cheseaux-Noréaz.

Rassembler des vécus différents

“Chaque artiste a eu une vision particulière. J’ai tenu à rassembler ces regards variés d’une même situation dans un seul lieu”, explique la galeriste. Entre volonté d’évasion ou, tout au contraire, besoin de traiter du virus tel qu’il a impacté concrètement notre quotidien, les œuvres révèlent une vaste palette d’approches.

L’une des artistes exposées a été inspirée par ses promenades en pleine nature, alors que commençait la floraison. Une autre a fui la réalité en concevant des mondes imaginaires. Une peintre, qui a connu en France un confinement plus dur, a réalisé des portraits en noir et blanc trahissant une situation pesante. Pour Ksenija Koloskova, ce sont les légumes de son frigo qui lui ont inspiré des toiles, alors qu’elle était confinée.

“Le point commun entre ces œuvres si différentes, ce sont le vécu qu’elles dégagent”, explique Maria Rigotti. Le hasard veut également que les six artistes présentées soient toutes des femmes.

“L’art sauvera le monde !”

Maria Rigotti a été particulièrement touchée par une sculpture de coronavirus conçue par Gisela Raeber, qui lui a donné l’idée de l’exposition. “Ce coronavirus est drôle, presque mignon. La pandémie, on peut la conjurer en lui donnant forme, en la sculptant. L’art sauvera le monde!” affirme-t-elle.

En ce qui la concerne, le confinement a été une période prolifique. La peintre a mis de côté ses pinceaux et son chevalet pour rédiger son second roman: “J’avais envie de m’amuser avec un livre ironique et amusant.”

L’exposition se déroulera du 19 septembre au 4 octobre 2020, selon le respect des nouvelles normes sanitaires vaudoises en vigueur. Son thème sera plus que jamais d’actualité: “Le virus rôde encore. Le temps ne s’arrête pas, exactement comme l’activité n’a pas totalement cessé pendant le confinement”, conclut l’artiste.

Marine Brunner