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Le buste de Borosko a disparu!

22 août 2012

Les promeneurs du parc du quartier des Cygnes venaient saluer le magicien tous les matins… jusqu’à ce que sa statue de bronze disparaisse sans aucune explication. La piste la plus probable mène à des gens ayant pour but de revendre le bronze.

Le buste avait été inauguré en octobre 2007 par André Ravessoud, qui avait été son employé... à défaut d’avoir été son élève.

Borosko ne pourra donc pas reposer en paix. Le magicien est décédé en 1967, mais son buste a disparu pour la deuxième fois, comme le remarque avec tristesse André Ravessoud, le magicien yverdonnois habitant à deux pas du parc où l’outrage à l’artiste a eu lieu la semaine dernière: «Ce ne sont pas des vandales venus pour détruire la statue et la jeter à la Thièle, comme la première fois, mais ce sont sans doute des professionnels, qui s’intéressent à faire fondre le tout et à pouvoir revendre le bronze…» André Ravessoud vient régulièrement flâner dans le parc des Cygnes, où il vient saluer celui qui était son patron, il y a de cela une soixantaine d’années, et a été abasourdi par la disparition du buste de celui dont le vrai nom était Jules Sautebin.

Des voleurs sans sentiments

«Ils ont même volé les inscriptions concernant sa vie d’artiste…», regrette celui qui, une année après avoir fêté son huitantième anniversaire, forme, avec son épouse Gilberte, la troupe des Andreals. «Mes débuts dans le monde de la magie viennent probablement de là! Avoir assisté à ses spectacles dans son petit théâtre forain à L’Abbaye m’a donné le virus, qui par la suite est devenu une passion.» Qui se rappelle aujourd’hui de Borosko? «Ouh là… Il y en a encore quelques-uns, je pense! Il y a ceux qui en ont entendu parler, et, bien sûr, ceux qui ne le connaissent pas du tout.» Les voleurs appartiennent sans doute à la dernière catégorie, eux qui n’ont pas fait de sentiment à l’heure de s’emparer du buste. «A l’âge de dix-huit ou dix-neuf ans, j’ai été engagé chez lui. La consécration! Mais, malheureusement, ce n’était pas en qualité de super-élève, très doué, que je croyais être…, mais simplement comme employé pour le montage et le démontage de la baraque, ainsi que le voyage et la mise en place des roulottes.»

Pas de montage, le buste a bel et bien disparu de son socle, dans le petit square de la rue du Parc.

Un peu déçu, André Ravessoud a mis les oreilles en bas et observé les tours, à défaut de pouvoir y participer. Le jeune homme s’est imprégné de l’ambiance, allant jusqu’à poser les bases de ce qui allait devenir une de ses spécialités: la feinte de ratage! «Je n’ai aucun regret, car j’ai appris de moi-même, chez lui, comment présenter un spectacle. Le choix du boniment dans la présentation est important, mais surtout, j’y ai appris le fait d’amener les spectateurs à croire que le tour est loupé, avant de terminer avec un final stupéfiant! C’est ça, la magie!» André Ravessoud est un peu triste ces jours. Avec la disparition du buste de Borosko, c’est une partie de lui-même qui s’en est allée.


 

Timothée Guillemin