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Le chantier suisse d’une innovation

13 mai 2019 | Edition N°2496

Orbe – Tous les regards étaient braqués sur  le quartier de Gruvatiez, vendredi dernier, lors de la pose de la première pierre du premier quartier du pays certifié One Planet Living.

«Ils ont fumé quoi, l’équipe qui a monté ce projet immobilier? Déjà construire à Orbe. Rien que le nom de cette ville, c’est déjà un gag!», s’est exclamé le promoteur valaisan Stéphane Berclaz, interprété par le comique au tact légendaire, Vincent Kucholl. Avec son acolyte Vincent Veillon, de l’émission 120 secondes de la RTS, il était l’invité surprise de la cérémonie de pose de la première pierre du futur quartier de Gruvatiez, vendredi dernier. Et l’humoriste d’enfoncer le clou: «D’ailleurs, ce n’est pas pour rien qu’ils ont construit une prison à Orbe. Habiter dans la région, c’est une punition!» Une blague qui a fait rire les quelque 250  convives, dont la conseillère d’État, Béatrice Métraux. «Monsieur Berclaz doit être jaloux de tout ce qu’il se passe ici, a rétorqué la cheffe du Département des institutions et de la sécurité. Je suis très heureuse d’être ici car d’habitude, quand je viens à Orbe, très jolie ville, ce n’est pas pour inaugurer des bâtiments, c’est parce que du côté des établissements pénitentiaires, il se passe des choses…» Et d’ajouter, au nom du Gouvernement: «Ce nouveau quartier, c’est davantage qu’un symbole de vitalité d’une communauté. C’est le début très concret d’un chantier qui va transformer le territoire urbain et la vie des gens.»

"Orllati, une entreprise qui fait des fautes d'orthographe dans son propre logo. Parce que tout le monde sait qu'on ne met pas deux "l" entre un "r" et "a". Non, ça ne m'inspire pas confiance", s'est exclamé Vincent Kucholl, sous les traits de Stéphane Berclaz, lors d'un sketch piquant.

“Orllati, une entreprise qui fait des fautes d’orthographe dans son propre logo. Parce que tout le monde sait qu’on ne met pas deux “l” entre un “r” et “a”. Non, ça ne m’inspire pas confiance”, s’est exclamé Vincent Kucholl, sous les traits de Stéphane Berclaz, lors d’un sketch piquant.

Effectivement, le projet urbigène n’est pas comme les autres. De par sa taille, d’une part, car un quartier de 56 000 m2 va sortir de terre d’ici à 2030. Au total, cela représente 500 logements, 1200 habitants, 200 emplois et des commerces de proximité. «Actuellement, c’est notre plus grand chantier», souligne Sébastien Ohl, directeur immobilier du groupe Orllati. D’autre part, le site de Gruvatiez ouvre la voie à l’urbanisme durable, puisqu’il sera le premier quartier suisse labellisé One Planet Living (OPL).

Un label exigeant

Conçu par le WWF International, ce programme se base sur dix principes, comme: viser le zéro carbone et déchet; miser sur une alimentation, des transports et des matériaux durables et locaux; intégrer la culture, le patrimoine et le bien-être au centre des idées; ou encore optimiser la gestion de l’eau et favoriser la biodiversité. Pour atteindre ces objectifs, le promoteur Orllati, la Commune d’Orbe et l’association suisse d’OPL ont signé une convention. Celle-ci liste 170 actions adaptées aux spécificités urbigènes et établies en collaboration avec des groupes de travail composés de spécialistes, de citoyens, y compris des opposants. Ces mesures seront régulièrement vérifiées par une dizaine de professeurs de la Haute école d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud.

Pose de la première pierre du quartier de Gruvatiez, avec de g. à dr: Sébastien Ohl (directeur immobilier d'Orllati), Henri Germond (syndic d'Orbe), Béatrice Métraux (conseillère d'état), Anne-Claude Cosandey (directrice de l'association suisse One Planet Living), Avni Orllati (administrateur délégué au sein d'Orllati). © Michel Duperrex

Pose de la première pierre du quartier de Gruvatiez, avec de g. à dr: Sébastien Ohl (directeur immobilier d’Orllati), Henri Germond (syndic d’Orbe), Béatrice Métraux (conseillère d’état), Anne-Claude Cosandey (directrice de l’association suisse One Planet Living), Avni Orllati (administrateur délégué au sein d’Orllati). © Michel Duperrex

«Le gros avantage de ce projet pilote, c’est qu’Orllati a un site de revalorisation des déchets à moins de quinze kilomètres, commente  François Guisan, coprésident d’OPL Suisse. Le grand désavantage, c’est le budget. Car si le coût d’investissement est à peu près le même partout en Suisse, les prix de vente et de location, eux, varient. A Orbe, ils sont plus bas qu’à Carouge (GE) et Marly (FR).» Une contrainte qui n’a pas découragé Orllati qui voit en l’OPL un moyen «de faire quelque chose de bien»: «Ce qui nous a convaincus, c’est qu’il ne s’agit pas d’une certification à vie, contrairement aux labels de type Minergie, confie Sébastien Ohl, qui ne cache pas que le partenariat s’avère un brin contraignant. Le coût, ce n’est pas l’enjeu. On ne peut pas regarder le porte-monnaie tous les jours. Là, on investit dans les bonnes pratiques de demain.»

Christelle Maillard