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Le départ de la conservatrice n’a pas été digéré

13 janvier 2020 | Edition N°2660

Yverdon-les-bains – La démission de France Terrier au coeur de l’été passe mal. Les autorités du Musée devront s’expliquer.

C’est désormais certain, les responsables du Musée d’Yverdon et Région devront s’expliquer sur le brusque «départ» de France Terrier, directrice-conservatrice en place depuis plus d’un quart de siècle. En effet, à la suite de la demande de 140 membres, le comité des Amis du musée (AMY) a été contraint à convoquer une assemblée extraordinaire à la mi-mars.

Dans la convocation envoyée aux membres, le comité présidé par Elisabetta Gabella tente d’emblée d’apaiser les tensions en relevant que «pendant les 27 années de son activité, la conservatrice a notamment professionnalisé l’institution, sécurisé les collections dans un dépôt, et animé le château à l’aide d’une médiation variée».

Une telle appréciation est bien évidemment trop miéleuse pour justifier une interruption abrupte des rapports de confiance. Que cache alors ce qui apparaît comme une «démission forcée»?

La démarche a abouti

Faute d’avoir pu obtenir des explications, certains membres ont simplement effectué une récolte de signatures pour l’organisation d’une assemblée extraordinaire. Et s’ils ne disposaient pas de la liste officielle des membres, les pétitionnaires sont parvenus à en reconstituer une bonne partie. Ainsi, sur 250 lettres envoyées, 140 destinataires ont manifesté leur appui à la requête.

Cette demande étant conforme aux statuts, le comité n’avait d’autre choix que de s’y plier. D’ailleurs, peu avant Noël, l’archéologue François Menna, président du conseil de fondation du Musée, s’y était résigné: «Les membres ayant demandé une assemblée, on l’organisera.» Mais il a refusé de donner la moindre explication sur le départ de France Terrier.

L’ancienne conservatrice-directrice -elle a officiellement quitté l’institution à fin septembre- n’est guère plus bavarde: «Je ne peux pas faire de commentaire sur cette affaire…»

Du coup, l’incertitude qui nourrit un véritable malaise depuis l’été dernier n’est pas levée. L’un des membres historiques de l’institution, Daniel de Raemy, est d’avis que les membres ont droit à des explications: «J’ai l’impression qu’il y a eu un conflit de personnes au sein du conseil de fondation. J’ai aussi le sentiment que depuis que François Bruand a transmis la présidence, certains voulaient la peau de la conservatrice. J’ai eu connaissance de manoeuvres qui pourraient s’apparenter à du mobbing. Or France Terrier a un excellent bilan et on est en droit d’être choqué. Je suis persuadé qu’elle s’est fait démissionner!»

Les explications des responsables du Musée d’Yverdon et Région sont donc très attendues, même si un retour en arrière paraît impossible. «Mon idée, c’est d’apaiser le climat en démontrant qu’on n’est pas dupes», conclut Daniel de Raemy.

Isidore Raposo

Raphaël Pomey