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Le gros nounours qui tape des pattes pour l’UCY

5 décembre 2019 | Edition N°2639

Le club yverdonnois a désormais sa mascotte, Lucyo. Et elle fait un carton.

Lucyo, qui vit au fond des grottes de Vallorbe, avait envie de se rendre utile. Quand il a appris que l’UC Yverdon – dont plusieurs joueuses viennent de la Cité du fer – recherchait quelqu’un pour des tâches administratives, il a  cessé d’hiverner et a postulé. Le plantigrade a même été engagé. Mais la paperasse, ce n’était pas son truc. Les unihockeyeurs l’ont ensuite mis devant les goals: pas terrible non plus. Finalement, on lui a proposé de mettre l’ambiance dans les gradins. Une mascotte était née.

Les images de l’entretien d’embauche de Lucyo et de ses débuts comme employé de l’UCY – il a écopé d’un carton rouge à sa première apparition – tournent sur les réseaux sociaux. En quelques semaines, il est devenu la star du club.

Une mascotte, c’est une première dans la région, où on n’en avait plus vu depuis que Michel Ruchat a enfilé un costume d’écureuil pour promouvoir le tourisme sainte-crix. Et le concept fait un carton.

Un tas d’idées

«On a organisé une journée avec tous les entraîneurs du club en fin de saison dernière, explique Damien Bourgnon, co-président de l’UCY. Comme au comité, on a parfois un peu la tête dans le guidon, on a demandé aux coaches, réunis par deux, de proposer des idées révolutionnaires pour le club, avec pour but d’en concrétiser l’une ou l’autre.»

Il y a eu des propositions très sérieuses, comme celles de mettre sur pied un tournoi juniors grand terrain, de faire une semaine d’échanges d’entraîneurs entre les différentes équipes du club, ou d’imaginer les 24 heures d’unihockey. Des projets en réflexion. Et il y a eu celle de créer une mascotte… «Il a d’abord fallu argumenter un peu en comité, mais une fois qu’ils l’ont vu, Lucyo a convaincu tout le monde.» Ce d’autant plus qu’il n’en a coûté que 200 francs.

Il existait déjà des porte-clés à l’effigie de l’UCY floqués d’un petit ours, d’où le choix de leur donner un grand frère. La mascotte est présente à chaque match à domicile de la première équipe féminine, qui évolue en LNB, ainsi qu’à d’autres évènements du club. Il accueille le public, met l’ambiance lors de l’entrée des joueuses sur le terrain, va voir les gens à la pause, fait des photos avec les meilleures joueuses du match, se retrouve aux buts alors que les spectateurs tirent des penalties et joue aux chaises musicales avec les fans. Il s’est même rendu au marché du samedi matin pour promouvoir le club.

Un bon vivant

Les vidéos de ses activités et de ses péripéties sont partagées sur les réseaux sociaux. «L’idée est de le faire évoluer, de le rendre vivant. Il y a tellement de choses à imaginer, s’amuse Kevin Zutter, l’un des entraîneurs à l’origine de l’inspiration et très impliqué dans le projet. Lucyo rêve de jouer un jour en LNA.»

Le coup de la mascotte fonctionne. Les joueurs et  les enfants se sont immédiatement attaché à l’ours sympathique. «On donne ainsi une image ludique et dynamique du club, se réjouit Damien Bourgnon. Cela fait parler de nous un peu partout.»

Amoureux des mascottes – il est impliqué avec Yodli, celle des Jeux olympiques de la jeunesse de Lausanne –, Kevin Zutter est aux anges. Il a carrément habillé Lucyo, ce qui n’était pas une mince affaire, car même un maillot d’échauffement 4XL ne passait pas autour du bidon du plantigrade, qui a quelque peu abusé des bonnes choses. «J’ai fait un brin de couture pour créer un maillot à sa taille à partir de deux t-shirts…» Sapé comme jamais, l’ours chante, danse et frappe des pattes avec bonheur sous ses nouvelles couleurs.

Manuel Gremion