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Le parking souterrain suscite de nouvelles passes d’armes à Yverdon
© Michel Duperrex

Le parking souterrain suscite de nouvelles passes d’armes à Yverdon

16 novembre 2022

La Municipalité d’Yverdon a présenté le projet redimensionné de parking souterrain de la place d’Armes, une cure de minceur qui fait passer de 1000 à 430 places les places pour les voitures. Le municipal PLR Christian Weiler a décidé de rompre la collégialité.

 

Depuis le milieu des années 60, la place d’Armes, entre la gare et le coeur historique de la cité thermale, a fait l’objet d’une kyrielle de projets d’aménagement, mais aucun n’a vu le jour, a rappelé Pierre Dessemontet, syndic d’Yverdon-les-Bains, mercredi devant la presse. Il était accompagné de ses quatre collègues de la majorité rose-verte.

La dernière mouture en date a été adoptée par le Conseil communal en 2019. Or il est impossible de la réaliser tel que prévu suite au préavis négatif donné par le canton en 2021, a-t-il poursuivi.

1000 places vélo

La Ville a réalisé des études complémentaires concernant notamment le volume du parking et le projet a été revu à la baisse: au lieu des 1000 places de parc du projet initial, ce » hub de mobilité souterrain » comptera dès 2030 430 places pour les voitures, 160 pour les motos et 1000 pour les vélos, a-t-il annoncé. Le tout intégrera les besoins des résidents, des travailleurs et des clients du centre-ville.

« C’est le chemin à suivre au vu du contexte qui a fortement changé », a poursuivi le syndic. Il a évoqué la chance sans doute « unique » de réaliser un compromis « raisonnable, novateur, réalisable », tant au niveau de l’aménagement que des objectifs climatiques.

Bien plus qu’un parking

« Ce projet est bien plus qu’un parking. L’objectif était et reste de libérer la place d’Armes et de redonner la priorité aux piétons », a ajouté Carmen Tanner, municipale en charge de l’urbanisme. Le projet de surface va être revu: un grand parc urbain sera notamment créé pour accueillir des événements.

Sans compter que cette nouvelle mouture permettra d’augmenter le nombre de plantations d’arbres et d’améliorer la couverture végétale de la grande place, identifiée comme un îlot de chaleur urbain.

Partenaire ouvert

Le partenaire privé du projet, la société Parking Place d’Armes SA (Amag et Marti) qui doit investir plus de 50 millions, a été régulièrement informé de ces évolutions. Il s’est déclaré ouvert à étudier les impacts du redimensionnement, a relevé M.Dessemontet.

Enfin, le syndic a regretté « de ne pas avoir pu embarquer tout le monde dans ce projet ». Le PLR Christian Weiler, seul municipal de droite d’Yverdon-les-Bains jusqu’en décembre, a en effet annoncé mercredi rompre la collégialité.

Tuer le commerce

Lors d’une conférence de presse convoquée après celle de la Municipalité, Christian Weiler a estimé que ces nouvelles conditions n’imposent de revoir le cadre de l’accord avec le promoteur. Elles « changent la donne », en matière de rentabilité notamment, a-t-il poursuivi.

Mais surtout cette réduction massive de plus de 600 unités va prétériter les commerçants, dont la moitié de la clientèle vient de l’extérieur. « On veut soulager les poumons en tuant le coeur », a-t-il illustré.

Initiative évoquée

Si, de plus, la Municipalité maintient la suppression de 795 places en surface, l’offre en parking dans l’hypercentre sera réduite de 365 places au lieu d’une augmentation de 205 places. L’élu s’attend à des fermetures de magasins.

Se disant favorable à un ouvrage de 800 places, il a évoqué la possibilité d’une initiative que pourraient lancer les milieux concernés afin que la population puisse décider dans les urnes du sort de ce parking.

Et de rappeler qu’une pétition munie de plus de 3700 signatures a été déposée récemment pour demander sa mise en œuvre telle que votée par le législatif yverdonnois.

Vision passéiste

Ces propos ont fait bondir le parti socialiste yverdonnois. Dans un communiqué, il fustige la vision « passéiste du tout-pour-la- voiture » des années 50. Et déplore que l’un des représentants de la Municipalité rompe à nouveau la collégialité, « pour la seconde fois en moins de deux ans de nouvelle législature ».

Attendu de longue date, le réaménagement de la place d’Armes avait été débloqué en mars 2019 à la suite d’un accord inédit entre le PLR et le PS. Les socialistes avaient accepté de soutenir le projet de la droite en échange d’investissements dans l’accueil de jour des enfants. Lancé peu après, un projet de référendum contre le parking n’avait pas abouti.
Note:dépêche complétée et remaniée

Tim Guillemin