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L’Échandole raccroche avec son passé et rêve de son futur

5 septembre 2019 | Edition N°2575

Yverdon-les-Bains – Depuis quarante ans, les caves voûtées du château font vibrer le cœur des spectateurs. Dès demain et jusqu’à samedi, l’institution culturelle soufflera ses bougies et proposera plusieurs évènements festifs pour l’occasion.

Musique, théâtre, improvisation, spectacles de danse, projections de films: L’Échandole fait vibrer le cœur de son public. Né en 1979 sous l’impulsion de l’ancien syndic Pierre Duvoisin et de l’animateur socioculturel Zaneth, à une époque où il y avait peu de perspectives économiques et un fort taux de chômage, l’institution culturelle a d’abord été un centre de loisirs destiné à égayer la vie des Yverdonnois. Les premiers programmes datent du mois de novembre de cette année-là. Seize spectacles sont proposés, dont des projections de films et des concerts. S’il n’existe désormais plus de ciné-club, cette scène alternative a su conserver son ADN au fil du temps. Après Zaneth, quatre directeur et directrices se sont succédé à sa tête – Denis Albert (1987-1996), Anne-Dominique Chevalley (1996-2000), Brigitte Romanens-Deville (2000-2012) et Sophie Mayor (depuis 2012). «Dès le départ, il y avait un ton très chaleureux et très convivial avec de la création locale, des découvertes et aussi des pépites», soutient Sophie Mayor.

Des créations et des collaborations

Dans les caves du château, de nombreux artistes ont foulé la scène, parmi lesquels figurent François Silvant, Les Mummenschanz, Michel Bühler, Yann Lambiel, Léo Ferré, Jean-Louis Murat, Georges Moustaki, Arthur H, Olivia Ruiz, Gaël Faye ou encore Tigran Hamasyan. «Il y a toujours eu une certaine intimité entre le public et les artistes. Quelle chance!», poursuit Sophie Mayor, qui attend près de 14 000 spectateurs pour l’année 2019.

De L’Échandole sont nés Les Jeux du Castrum (1979), la Fête de la musique d’Yverdon-les-Bains (2002), le Shiiink! Festival d’impro (2009), ainsi que & Patati Festival pour les enfants (2016).

À la tête du petit théâtre yverdonnois depuis sept ans, Sophie Mayor avoue qu’elle aimait beaucoup le ton de la programmation de Brigitte Romanens-Deville. Cependant, «j’ai très vite eu envie de proposer plus de spectacles pour le jeune public (ndlr: 30% des spectacles de L’Échandole sont des représentations scolaires jouées en journée pour les écoliers yverdonnois) et de renforcer les collaborations avec le tissu associatif et local», explique la quadragénaire. Je suis arrivée à un moment où presque toutes les institutions yverdonnoises avaient connu du renouvellement à leur tête et dans leur comité. Il y avait une dynamique qui appelait à se réunir.» Et des collaborations, il y en a eu notamment avec AlternatYv, L’Amalgame, la Bibliothèque publique et scolaire, le Castrum, le Centre d’art contemporain, la Commission consultative Suisses Immigrés, la Dérivée, la Maison d’Ailleurs, Nova Jazz et bien sûr le Théâtre Benno Besson.

Et s’il y avait un rêve pour les quatre prochaines décennies? «Les caves pourraient devenir un lieu de vie nocturne investi par les acteurs locaux», suggère Sophie Mayor. Et de conclure: «Je trouve aussi qu’il manque un lieu d’accueil dédié au jeune public. Dans un monde idéal, on pourrait créer une autre salle liée à L’Échandole, avec des gradins et des infrastructures adaptées.»

Valérie Beauverd