Logo

L’échec de Flexcell ouvre d’autres opportunités

21 septembre 2012

Le miracle pour lequel les dirigeants de VHF-Technologies S.A. ont oeuvré ne s’est pas produit. Faute de repreneur, la société yverdonnoise active dans le photovoltaïque, plus connue sous le nom de sa marque Flexcell, a été mise en faillite mardi dernier. Son site, dont une partie des terrains est en mains de la Ville d’Yverdon-les-Bains, sera dédié à l’artisanat.

La Ville d’Yverdon-les-Bains ne devrait pas, à priori, se mettre sur les rangs pour acquérir le site de VHF-Technologies.

S’il ne faut en aucun cas se réjouir de la mise en faillite de VHF-Technologies -cette société a occupé jusqu’à 125 collaborateurs et quelque 95 millions de francs y ont été investis en l’espace de douze ans-, cet échec industriel offre de nouvelles opportunités à la Ville d’Yverdon-les-Bains.

En effet, la Commune, en raison des exigences d’implantation dans le périmètre du Parc Scientifique et Technologique (PST), n’avait pratiquement plus de terrain à proposer aux artisans, qu’il s’agisse de nouvelles entreprises ou de sociétés existantes désirant assurer leur expansion.

Pas d’autres visées

Il y a de cela bientôt deux ans, le Conseil communal, sur proposition de la Municipalité, a donné son aval à l’acquisition d’une parcelle alors propriété de VHF-Technologies pour un montant de 2,9 millions de francs. Ce terrain de 14 000 m2, bordant la route de Sainte-Croix et l’avenue de Grandson, a été détaché d’un ensemble de 43 000 m2. Le terrain acquis par la Ville est mitoyen avec une parcelle de 6000 m2 qu’elle contrôlait déjà. Même si, à l’époque, l’opération avait pour but principal de donner de l’oxygène à VHF-Technologies, la Commune a réalisé, du point de vue stratégique, un bon investissement.

La Ville ne devrait-elle pas dès lors se mettre sur les rangs lorsque le site de VHF sera mis en vente? «A priori pas. C’est une question de moyens. A l’époque, il s’agissait de soutenir Flexcell. Je ne crois pas qu’on pourrait se permettre une nouvelle opération», explique le syndic Daniel von Siebenthal, en précisant qu’il s’exprime à titre personnel, la Municipalité n’ayant pas débattu du sujet. Et de laisser tout de même la porte entrouverte: «On a toujours du temps pour réfléchir…»

Eviter la dispersion

La gestion des actifs va désormais passer sous la haute autorité de l’Office des faillites. Les immeubles sont gagés, notamment auprès de la Banque cantonale vaudoise (BCV).

Quant à la ligne de production, qui a un caractère original, il faudra, dans la mesure du possible, lui trouver un acquéreur unique. En effet, lors de l’audience de révocation du sursis, devant le Tribunal de la Broye et du Nord vaudois, le commissaire Raymond Ducrey a prévenu qu’une dispersion aurait des conséquences fâcheuses pour les créanciers, dans la mesure où la valeur de liquidation serait considérablement amoindrie.

Cet avis est bien évidemment partagé par Sébastien Dubail, le directeur qui s’est battu jusqu’au bout pour trouver un repreneur: «Un démantèlement serait désastreux pour les créanciers. Cette ligne de production est unique. Nous l’avons conçue nous-mêmes. C’est le fruit d’années d’ingénierie.»

Prendre du recul

Après des mois d’incertitude, ponctués par un échec, Sébastien Dubail pourrait être écoeuré. Même s’il veut prendre du recul, il analyse l’aventure de VHF-Technologies avec beaucoup de lucidité: «A l’impossible, nul n’est tenu. C’est vrai que des investissements considérables ont été consentis, surtout par des privés. Ils voulaient s’associer à quelque chose de nouveau dans les nouvelles technologies.»

La prise de majorité par Kucell, leader du photovoltaïque, s’inscrivait dans une stratégie de diversification de la société allemande. C’est à cette époque (2006-2007) que les investissements les plus importants ont été consentis dans la chaîne de production.

Mais la crise financière, puis la crise de la dette -l’Espagne a annulé toutes ses commandes d’un coup-, et enfin l’arrivée en masse des produits chinois ont eu raison de la société yverdonnoise. Mais sans doute pas de son jeune directeur que l’on retrouvera un jour ou l’autre, après une «traversée du désert» reconstructive, dans le domaine des technologies vertes.

Isidore Raposo