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L’école Hãora met la clé sous la porte

27 avril 2018 | Edition N°2235

Yverdon-les-Bains – L’établissement privé, spécialisé dans la scolarisation d’enfants à haut potentiel, a annoncé mercredi sa fermeture définitive.

«C’est avec tristesse que nous devons annoncer la fermeture de notre école au 8 mai en raison de sa mise en faillite», a indiqué mercredi Olivier Requet, président de l’association Hãora hauts potentiels d’Yverdon-les-Bains (hãora signifiant oxygène en maori), dans une note destinée aux parents d’élèves.

Inauguré en août 2014, l’établissement accueille actuellement 23 enfants à besoins spécifiques fribourgeois, neuchâtelois et vaudois, dont trois établis dans la région, qui devront donc rapidement être replacés. Reste à savoir où. Le Canton de Vaud est sur le point d’envoyer une lettre à tous les parents concernés pour les informer de leur devoir de scolariser leurs enfants et de la possibilité de les inscrire dès le 9 mai dans l’établissement scolaire public le plus proche de leur domicile. «Le Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC) travaille en bonne entente avec les dirigeants de l’école Hãora pour offrir une solution d’intégration immédiate et harmonieuse aux élèves vaudois concernés. Après, c’est aux parents de choisir entre l’école publique ou privée, voire éventuellement l’école à domicile», relève  François Modoux, porte-parole du DFJC.

Situées au rez-de-chaussée de l’aile 12 de l’ancienne usine Leclanché, les classes fermeront officiellement leurs portes le 8 mai. © Michel Duperrex

Situées au rez-de-chaussée de l’aile 12 de l’ancienne usine Leclanché, les classes fermeront officiellement leurs portes le 8 mai. © Michel Duperrex

Les membres de l’association Hãora ont tout tenté avant d’annoncer la faillite de leur établissement: «Comme le nombre d’élèves était fluctuant et que l’école était uniquement financée par les écolages que nous avons tenu à rendre abordables, cela a toujours été difficile de boucler un budget, explique Olivier Requet. Nous sommes donc allés taper à la porte de nombreuses fondations, de l’Etat et même du public mais au bout d’un moment, il faut dire stop.» La dernière tentative a été le lancement d’un crowdfunding en octobre 2017. A cette occasion, les élèves ont préparé une vidéo pour expliquer ce que représente Hãora pour eux en se comparant à des X-Men. Malgré leurs super-pouvoirs, ils n’ont pas réussi à récolter les 30 000 francs souhaités, ce qui correspond à près de trois ans d’écolage pour un jeune. Leur cagnotte n’a enregistré que 1980 francs de dons. Le financement participatif a donc été annulé.

Christelle Maillard