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Les amis de la victime témoignent

19 novembre 2018 | Edition N°2378

Yverdon-les-Bains – Le drame du parc des Quatre-Marronniers, qui a coûté la vie à un jeune de 21 ans samedi, a suscité une forte émotion. Pour les proches de la victime, l’incompréhension règne.

Un siège est resté vide, dimanche, lors de l’assemblée générale de l’association AlternatYv. «Sur le coup, on ne s’est pas inquiétés», témoigne l’un des membres. Ce n’est qu’hier qu’ils ont appris que celui qui manquait à l’appel ne reviendrait plus. Car le jeune Yverdonnois de 21 ans qui a été abattu samedi aux alentours de 22h30 dans le parc des Quatre-Marronniers (lire La Région Nord vaudois d’hier) était leur ami.

L’information s’est peu à peu répandue auprès de ses amis et collègues, provoquant une vague d’émotion. «Il était un élan de gentillesse qui redonnait de l’espoir», témoigne l’un de ses copains. «C’était une belle personne, toujours à l’écoute, voyant du positif en chacun et tellement motivé à aider», renchérit un membre d’AlternatYv.  «Il était très impliqué. Il avait plein d’énergie et des tas d’idées. Il rêvait de travailler dans le droit international pour faire progresser l’humanité», confie, en larmes, un répondant de Formation jeunesse extrascolaire (Forje) qui a mené de nombreux projets avec la victime au cours de ces deux dernières années. Et sa meilleure amie d’ajouter: «Il parlait même d’aller à l’ONU pour changer le monde. En plus, il était heureux parce qu’il venait de trouver un nouveau travail et il aurait ainsi enfin pu prendre un appartement et être indépendant.»

Rendez-vous en pleine nuit

Le jeune homme avait dû apprendre à se débrouiller seul depuis qu’il avait quitté sa famille, établie elle aussi à Yverdon-les-Bains. «Il dormait chez des amis», explique l’un de ses proches. «Et pour se faire un peu d’argent, il dealait un petit peu de cannabis», indique un autre ami, confirmant les premières informations de la Police cantonale. Ce serait d’ailleurs dans ce contexte que le jeune homme se serait rendu dans le parc des Quatre-Marronniers en pleine nuit. Une donnée que la gendarmerie ne souhaite pas commenter.

Selon Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la Police cantonale vaudoise, une cinquantaine d'enquêteurs travaillent jour et nuit pour résoudre cette affaire. © Michel Duperrex

Selon Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la Police cantonale vaudoise, une cinquantaine d’enquêteurs travaillent jour et nuit pour résoudre cette affaire. © Michel Duperrex

Ne le voyant pas revenir, ses copains se sont inquiétés et sont venus au parc. Face aux gendarmes, ils ont pensé que l’Yverdonnois s’était fait arrêter par les autorités. Ils étaient loin d’imaginer ce qu’il venait de se produire.

Enquête en cours

«Comment est-ce que cela a pu dérailler au point qu’on sorte une arme?, se demande la meilleure amie de la victime. Cela a dû se passer sur un coup de tête parce qu’il a toujours solutionné les problèmes avec des mots.» L’incompréhension se fait aussi ressentir du côté du répondant de Forje: «Je ne sais pas ce qu’il s’est passé dans ce parc, mais j’ai du mal à croire qu’on ait voulu lui tirer dessus. Ça a dû être un malentendu.»

Autant d’interrogations auxquelles la Police cantonale vaudoise tente de répondre. «Nous travaillons nuit et jour depuis l’incident. Nous avons procédé à de très nombreux auditions et contrôles. Toutes les personnes qui ont été en contact avec la victime les heures précédant le drame ont été contrôlées, relève Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la Police cantonale vaudoise. Il y a plus de 50 enquêteurs qui travaillent sur cette affaire.»

 

Christelle Maillard