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Les beacheuses ravies d’avoir le choix!

30 mars 2012

Beach-volley - La FIVB a décidé d’en finir avec l’obligation, pour les femmes, de jouer en bikini. Même si elles ne sont pas directement concernées par cette mesure, les passionnées de la région accueillent ce changement de règlement avec enthousiasme, y voyant la fin d’un diktat un rien sexiste.

Dans les tournois officiels de niveau régional, voire de troisième degré national, tels qu’il y en a eu par le passé à Yverdon, le port du bikini n’était pas obligatoire. Certaines joueuses, comme ici en 2008, optent toutefois pour cette tenue, très fortement associée par le grand public à la pratique du beach-volley.

Parlez beach-volley féminin, on vous répondra bikini. La discipline a largement profité de ses belles athlètes et de leurs formes pour construire son image médiatique, ce qui a toujours fait sourire les uns et grincer les dents des autres. Mais, il y a une dizaine de jours, la Fédération internationale de volleyball (FIVB) a décidé de mettre en péril le stéréotype sexy de sa variante estivale: désormais, les joueuses n’auront plus l’obligation d’adopter le micro-bikini pour participer aux compétitions officielles de haut niveau. Shorts et hauts avec ou sans manches intègrent la garde-robe potentielle des beacheuses avec effet immédiat.

Dans le Nord vaudois, le beach-volley a la cote: ils sont déjà nombreux à braver la bise de mars pour s’adonner à leur sport favori, et un club vient de voir le jour à Yverdon. Evoluant à un niveau très amateur, les beacheuses de la région n’étaient pas concernées par l’obligation du bikini, mais, chez les passionnées, le sujet est malgré tout sensible. Et c’est peu dire qu’elles ont accueilli la décision de la FIVB avec enthousiasme.

Torse nu?

A vrai dire, ce n’est pas tant l’uniforme en lui-même que son obligation qui heurtait les joueuses du coin. Et sa coupe, également. «Il n’était pas normal que la taille de la tenue officielle soit si peu couvrante. Et si le but est de privilégier l’esprit maillot de bain, plage, pourquoi les hommes ne jouent-ils pas torse nu en compétition officielle de haut niveau?», s’interroge Elodie Pillonel, membre du comité de Beach Volley Yverdon.

Vice-présidente de la même association, Fanny Gaillard renchérit, dénonçant un marketing basé sur la plastique des joueuses plutôt que sur leurs aptitudes sportives. «Ce qui est choquant, c’est le côté presque string et le zoom sur les fesses qui va avec, estime-t-elle. Alors qu’au fond, une photo d’une joueuse qui plonge dans le sable pour récupérer une balle, avec l’effort bien visible, me paraît plus représentative du beach qu’un gros plan sur les fesses d’une fille qui donne des indications à sa partenaire en faisant des signes avec les doigts.»

D’autres atouts

Jusqu’à aujourd’hui, le beach-volley a largement capitalisé sur son image de discipline fun mettant aux prises des athlètes au physique avantageux et mis en valeur. N’a-t-il rien à perdre en autorisant les joueuses à se couvrir davantage? Le Genevois Sébastien Chevallier, quinzième du classement mondial avec son partenaire, le légendaire Sascha Heyer, et en course pour une qualifications aux Jeux Olympiques de Londres, est convaincu que non. «L’idée que les gens viennent voir du beach-volley uniquement pour le physique des joueuses appartient au cliché, voire éventuellement au passé», assure-t-il, en listant les autres atouts de la discipline pour le public: soleil, spectacle, musique, ambiance, et proximité avec les stars.

Habituées au bikini

Une question restera en suspens encore quelques mois: certes, les beacheuses ont désormais la possibilité de se rhabiller, mais vont-elles le faire? «La plupart des équipes sont habituées au bikini, le portent bien, sont à l’aise avec et vont le conserver, pronostique Sébastien Chevallier. Ce qu’il y a de positif dans la décision de la FIVB, c’est qu’elle ouvre le beach de haut niveau à des filles qui, pour des raisons culturelles ou religieuses, n’auraient pas accepté de jouer dans cette tenue.»

Dans les tournois de niveau régional auxquels participent les beacheuses de la région, aucun diktat vestimentaire n’a jamais prévalu et elles continueront de faire à leur guise. «Quand il fait chaud, la plupart des filles adoptent le bikini, avec un haut de sport par-dessus, précise Fanny Gaillard. Mais il n’y a pas de public ou de sponsor à attirer, c’est juste une question de confort ou de bronzage.»

Il y a fort à parier que le beach-volley demeurera, pour le quidam, synonyme de jolies filles en maillot de bain. Qu’elles le soient par choix ne changera sans doute rien à ses yeux. Mais pour elles, cela fait toute la différence.

 

La Fédération de badminton a fait machine arrière

Dans un souci «de style et d’esthétique» pour attirer plus de public, la Fédération internationale de badminton (BWF) avait décidé, en 2011, d’imposer le port de la jupe ou de la robe aux joueuses, même si cela devait être par-dessus un short ou un pantalon. De nombreuses joueuses et personnalités officielles de la discipline avaient exprimé leur malaise vis-à-vis de ce nouvel article de règlement et la BWF a fini par faire machine arrière, avant même l’entrée en vigueur de la décision.

Olivier Ducros