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Les Brandons de Grandson tombent

12 octobre 2016 | Edition N°1847

Grandson – Faute de forces vives en suffisance, pressé par une facture de sécurité insupportable, l’assemblée a décidé de faire l’impasse sur l’édition 2017.

les Brandons et leur président Matthias Schuler (en médaillon) jettent l’éponge. ©Duperrex-a

les Brandons et leur président Matthias Schuler (en médaillon) jettent l’éponge.

L’hiver prochain sera plus long dans le bourg d’Othon et sa fin ne sera pas marquée par des festivités. En effet, l’assemblée générale de l’association des Brandons de Grandson a décidé de renoncer à organiser la trentième édition de la manifestation, l’an prochain. La décision a été difficile à prendre, mais il n’y avait pas d’autre solution.

Dans une lettre adressée à ses fidèles partenaires, le comité d’organisation est on ne peut plus clair : «Chaque année, les contraintes sécuritaires et administratives, croissantes et imposées,démotivent un peu plus les membres du comité. C’est ainsi que nous nous retrouvons avec un nombre insuffisant de membres au sein du comité pour envisager sereinement des Brandons en 2017.»

Exigences trop fortes

Président des Brandons de Grandson, Matthias Schuler explique que cette décision n’a pas été prise de gaieté de coeur : «C’est un ensemble d’éléments. Mais ces dernières années, nous avons eu plusieurs démissions, au comité,de personnes qui estiment que la part consacrée à la sécurité devient insupportable. Et cela malgré l’aide de la Commune, qui nous soutient totalement. Cela fait par exemple trois ans que nous n’avons plus de caissier, et nous n’en trouvons pas.»

Il faut dire que les coûts de la sécurité n’ont cessé d’augmenter. Ils représentent, aujourd’hui,quelque 40 000 francs (Gendarmerie et services de sécurité privés) sur un budget total de 100 000 francs. D’aucuns jugent exagérées les exigences de la Gendarmerie. Et Matthias Schuler d’ajouter :«A une époque, il y a eu des bagarres. Mais depuis une dizaine d’années, les incidents se font rares. On ne comprend pas qu’on nous presse toujours davantage.» Le président relève aussi les effets de l’usure. S’il n’est pas difficile de trouver des bénévoles pour la manifestation elle-même, il en va autrement pour ce qui est du recrutement de personnes prêtes à s’engager dans l’organisation. Les organisateurs vont s’accorder «une année sabbatique». Ne courent-ils pas le risque de laisser se disperser les dernières motivations ?«Nous sommes conscients de ce risque, mais il n’y avait pas d’autre issue», remarque Matthias Schuler.

Et la Guggenmusik ?

Cette décision ne devrait pas avoir d’influence sur les activités de la Guggenmusik. Celle-ci a sa propre organisation. Mais pour certains de ses membres, cela sera difficile de ne pas vivre les Brandons de Grandson, manifestation qui a vu naître cet ensemble carnavalesque. Le groupe musical permettra tout de même de porter l’image du bourg dans les autres fêtes.

Remettre l’ouvrage sur le métier

Syndic de Grandson, François Payot regrette la décision prise parles organisateurs des Brandons : «Ce n’est pas une surprise. Cela fait un certain temps qu’on entendait des bruits de couloir. Nous avons offert notre aide pour contribuer à trouver une solution. Nous sommes même allés discuter à Lausanne de la problématique de la sécurité, de ses coûts et de la notion de normes raisonnables et proportionnées. Mais il y a aussi un gros essoufflement. Je ne peux que la regretter.»

Le chef de l’Exécutif grandsonnois n’a pas l’intention d’en rester là : «Il faut qu’on trouve une solution au sein de l’Union des sociétés locales. C’est d’ailleurs de là que tout était parti. Il faut qu’on trouve une forme d’appui pour relancer cette fête emblématique de Grandson.»

Un nouveau comité ayant été élu à l’Union des sociétés locales, le syndic espère qu’un mouvement se dessine en faveur de la relance des Brandons. Mais pour pour 2017,cela paraît un peu tard pour mettre sur pied une nouvelle équipe.

Le porte-parole de la Police cantonale réagit

Selon le porte-parole de la Police cantonale, Jean-Christophe Sauterel, les organisateurs des Brandons de Grandson ont reçu,sur la base des comptes 2015, une proposition d’exonération de75 %, ce qui fait qu’ils n’auraient plus que 2000 francs à payer. Cette facture n’est pas encore définitive,car les organisateurs ont demandé à la Police cantonale qu’elle soit revue. En ce qui concerne 2016, les comptes viennent de parvenir à la Gendarmerie et aucune décision n’a encore été prise. Le chef de la Division presse et communication souligne qu’en cas de déficits d’une manifestation de ce type, l’exonération est totale. Cette dernière est basée, pour les manifestations à but non lucratif, sur la Loi sur la facturation des prestations matérielles fournies par les services de l’Etat lors de manifestations. En fonction des montants d’exonération, les compétences relèvent du commandant de la Police cantonale (jusqu’à 5000 francs), de la cheffe du département (jusqu’à 10 000 francs), puis du Conseil d’Etat (au-delà de10 000 francs). Le porte-parole de la Police cantonale s’étonne, en raison des critères et du montant de la facture, que celle-ci, seule,puisse être à l’origine de l’annulation de la manifestation.

Isidore Raposo