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Les caractères s’alignent depuis un quart de siècle à l’Espace Gutenberg

28 octobre 2019 | Edition N°2611

Yvonand – En 1994, trois passionnés de l’impression ancienne décident d’ouvrir un lieu de rencontre et de conservation dédié à l’imprimerie. Depuis un quart de siècle, ils font vivre des anciennes presses, dont la plus vieille a été fabriquée dans les années 1750.

Chaque mardi, des odeurs d’encre et de plomb imprègnent les locaux de l’Espace Gutenberg, à Yvonand. Toni Bättig, un imprimeur-typographe à la retraite, s’attelle à l’impression de plusieurs feuillets grâce à une vieille presse Dingler fabriquée aux alentours de 1830. «Ici, il n’y a pas besoin d’électricité», sourit-il. Dans cet atelier-musée, fondé il y a 25 ans par trois passionnés de l’imprimerie ancienne soucieux de transmettre leur savoir-faire, il n’y a pas l’ombre d’une impression numérique. Si l’association à but non lucratif compte désormais huitante membres, une vingtaine d’entre eux se retrouvent chaque semaine pour composer des textes avec des caractères de plomb, agrémenter du papier avec des pétales de rose ou de la racine rouge, ou s’exercer à la lithographie et à la taille douce. Les participants peuvent ainsi imprimer leurs œuvres grâce à l’appui d’anciens typographes à la retraite. Pour célébrer le quart de siècle de l’Espace Gutenberg, des portes ouvertes seront organisées le 9 novembre prochain. L’occasion pour les curieux de découvrir les anciennes techniques d’impression et les gestes des artisans d’autrefois.

Près de 20 tonnes de matériel

«Pendant près de 500 ans, notre travail a connu relativement peu de changements», explique Jean-Pierre Grossrieder, l’un des fondateurs de l’Espace Gutenberg, qui a travaillé durant trois décennies à l’imprimerie du Journal d’Yverdon. Avec d’anciens collaborateurs, il a d’ailleurs conservé les meubles et les casses à caractères de l’ancienne imprimerie, aujourd’hui disparue.

D’abord installé dans les abris de la Protection civile du collège En Brit, l’atelier a été transféré dans des locaux plus spacieux en 2015. «Cela n’aurait pas été possible sans le soutien de la Commune d’Yvonand», rappelle Jean-Pierre Grossrieder. Et d’ajouter: «Pour ce faire, nous avons déménagé près de vingt tonnes de matériel, chargé sur environ huitante palettes.»

Plus d’une vingtaine de presses sont désormais visibles dans cet espace d’une surface de 215 m2. «Grâce à la Fondation Cepy, on a également pu acquérir une presse à taille douce de Jacques Perrenoud (ndlr: peintre et lithographe baulméran décédé). C’est la plus ancienne de la collection, puisqu’elle été fabriquée vers 1750, conclut le Tapa-Sabllia. Lors des portes ouvertes, toutes les machines seront en action pour célébrer ce quart de siècle.

 

Valérie Beauverd