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Les Dicodeurs entre rigueur et improvisation

14 mars 2012

Une des plus appréciées émissions de La Première a fait escale à l’Hôtel de La Prairie lundi dernier, pour un véritable marathon: cinq émissions d’une heure enregistrées à la suite! Plongée dans l’univers passionnant des Dicodeurs.

Didier Gendraud, Thierry Romanens, Marc Donnet-Monnay et Frédéric Gérard interprètent «C’est un zazou», de Brigitte Fontaine.

«Bonjour et bienvenue à Yverdon-les-Bains, ici à l’Hôtel de la Prairie!» Laurence Bisang, animatrice des Dicodeurs, maîtrise les débats à la perfection. Pas de coupure, ou presque, durant les cinq heures d’enregistrement lundi dernier, les Dicodeurs sont concentrés sur leur sujet, mais n’oublient pas leur mission principale, celle de faire rire le public présent ce soir-là, mais aussi (et surtout) les milliers d’auditeurs qui les écouteront d’ici une petite semaine.

Sans arrêt sur les ondes

«Nous enregistrons tous les lundis, toute l’année. Pas de pause pour les Dicodeurs! Il arrive que nous passions des rediffusions pendant l’été, mais, clairement, nous n’arrêtons jamais de diffuser», souligne Gérard Mermet, producteur, en brisant un mythe. «C’est vrai, nous ne diffusons pas en direct, mais ne le dites pas trop fort!», supplie-t-il en vain. Les dizaines de personnes venues lundi, dès 18h et jusqu’à 23h, assister à l’enregistrement de l’émission (en conditions de direct) passant la semaine prochaine, ont ainsi pu observer la petite troupe à l’oeuvre, y compris dans les coulisses. «Ce que nous faisons après l’émission ne vous regarde pas, mais vous pouvez constater de vous même que nous sommes très complices», sourit Laurence Bisang.

Les Dicodeurs ont sept «sociétaires», parmi lesquels sont organisés un tournus. Les sept camarades? Didier Gendraud, Marc Donnet-Monnay, Frédéric Gérard et l’Yverdonnois Thierry Romanens (tous quatre présents lundi dernier), mais aussi Daniel Rausis, Kaya Güner et Pascal Vincent. «Nous accueillons également d’autres intervenants de manière plus occasionnelle, et intégrons des nouveaux à l’équipe», explique Gérard Mermet, dont le duo avec Laurence Bisang est très complémentaire («Elle gère pendant l’émission, je gère avant et après, pour résumer!»)

Improvisation et préparation

Si de nombreuses répliques sont improvisées, une des forces des humoristes, l’émission est bien sûr soigneusement préparée. Chacun des Dicodeurs reçoit un fil rouge de l’émission quinze jours avant. A eux d’écrire leurs sketches, leurs chansons et leurs répliques. Avec tous ces ego, n’y-a-t-il pas un risque que l’un veuille tirer la couverture à lui? «Cela fait bien longtemps que nous avons dépassé ce stade! Ils savent qu’ils ont tous leur part de soleil. Chacun se démarque par son ton, sa couleur, et il y a une vraie connivence entre eux», explique Laurence Bisang. Gérard Mermet enchaîne: «Gérer cette bande de barges, parce que, oui, ils sont fous, n’est pas donné à tout le monde. C’est pour cela que la rigueur est importante. Elle leur permet, dans ce cadre, d’improviser au maximum.»

«L’improvisation est le niveau suprême de l’organisation», disait celui qui est peut-être le plus grand entraîneur de football de tous les temps, le grand maître soviétique Valeri Lobanovski. Sans le vouloir, les Dicodeurs remettent cet état d’esprit au goût du jour, avec infiniment plus d’humour, tous les jours, à 11h, sur l’antenne de La Première.

Les Dicodeurs, avec Lionel Aebischer en invité: du 19 au 23 mars, de 11h à 12h, sur RTS La Première.

Timothée Guillemin