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Les émeutiers réfutent les accusations

1 avril 2014

Plusieurs prévenus doivent répondre de leur implication dans l’affrontement avec les forces de l’ordre, survenu en janvier 2009, au centre-ville d’Yverdon-les-Bains.

Le procès a été délocalisé à Renens, en raison du nombre important de prévenus.

Le procès a été délocalisé à Renens, en raison du nombre important de prévenus.

Neuf jeunes hommes, tous domiciliés dans le Nord vaudois au moment des faits, comparaissent devant le Tribunal d’arrondissement de la Broye et du Nord vaudois délocalisé pour l’occasion à Renens en raison du nombre de prévenus. Ces derniers sont accusés d’avoir jouer un rôle lors des émeutes qui ont secoué la Cité thermale dans la nuit du 17 au 18 janvier 2009. Ce soir-là, exacerbé par plusieurs bagarres, le climat de tension qui régnait à la sortie des bars s’est mué en un bras de fer entre jeunes et forces de l’ordre qui s’est terminé par un assaut de ces dernières.

Policiers en renfort

Le lieutenant Laurent Porchet, alors chef de l’unité en service de police cantonale à Yverdon-les- Bains et appelé comme témoin hier après-midi, se rappelle parfaitement de cette nuit : «J’étais en patrouille dans la région d’Avenches. J’ai appris sur les ondes que les agents de sécurité et la police municipale n’étaient pas en nombre suffisant pour maintenir l’ordre. Cette émeute me laisse le même souvenir qu’une précédente, hélas aussi à Yverdon-les-Bains. Hormis à quelques reprises au Flon, à Lausanne, il est rare que la police doive intervenir pour maintenir et rétablir l’ordre durant une soirée en ville», a-t-il commenté. Lors de son arrivée avec des renforts sur les lieux, le lieutenant a pu constater qu’un groupe de 30 à 50 individus, selon son estimation, faisait face aux forces de l’ordre devant le Seven Café. «Les deux camps étaient surexcités», se souvient-il. Munis de casques et de boucliers, les policiers ont chargé et repoussé les «manifestants» jusqu’à la promenade Auguste-Fallet, où ils se sont finalement dispersés. «A la fin, nous étions 35 gendarmes, en provenance de tout le canton», souligne Laurent Porchet.

Dénégation ou amnésie

Originaires d’Angola, de Belgique, de Bosnie-Herzégovine, de Côte d’Ivoire, d’Italie du Kosovo et du Portugal, les prévenus ont systématiquement nié avoir fait partie des émeutiers. Le premier d’entre eux à prendre la parole a, par exemple, indiqué avoir réalisé un faux témoignage dans le but de venir en aide à un ami d’enfance soupçonné dans cette affaire. «On l’a faussement accusé d’avoir lancé des morceaux de glace sur la police. Lors de son audition, il m’a demandé de me dénoncer à sa place car il était en sursis en raison d’une précédente condamnation.»

Le deuxième jeune homme interrogé serait tombé sur les émeutes à la rue du Lac alors qu’il rentrait chez lui. Après un moment d’observation, il aurait lancé des boules de neige puis poursuivi sa route. «J’avais bu, j’ai fait cela sans aucune raison», a-t-il précisé.

La troisième personne soupçonnée d’avoir participé était chez elle au moment des faits si l’on se fie à l’attestation signée par la majorité des autres prévenus. Sa mère et ses soeurs vont appuyer sa version avec leur témoignage. Deux autres jeunes homme admettent avoir été impliqués, chacun de manière individuelle et à tour de rôle, dans une bagarre avec une autre personne lors de la soirée, mais toutes deux nient avoir été impliquées dans les émeutes consécutives.

Le procès concernant cet événement qui avait défrayé la chronique en début de l’année 2009 et provoqué la blessure légère d’un policier se poursuit toute la semaine.

Ludovic Pillonel