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L’injustice comme fil rouge d’un festival

31 octobre 2019 | Edition N°2614

Cheseaux-Noréaz – Des gymnasiens ont consacré leur travail de maturité sur cette thématique. Ils lanceront la première édition du Festival du film d’histoire, qui se déroulera du 8 au 10 novembre au cinéma Bel-Air et à l’Aula Magna.

Lancer un Festival du film d’histoire au cœur de la Cité thermale? Une dizaine d’étudiants du Gymnase d’Yverdon ont accepté de relever le défi proposé par deux enseignants d’histoire. Et pour cela, ils n’ont pas eu peur de retrousser leurs manches pour sélectionner plusieurs films, trouver des sponsors, monter un budget, gérer la communication et organiser la logistique. La manifestation, qui s’inscrit dans le cadre de leurs travaux de maturité, aura lieu les 8, 9 et 10 novembre au cinéma Bel-Air et à l’Aula Magna du château.

C’est lors du Festival international du film d’histoire qui se déroule chaque année à Pessac, près de Bordeaux (F), que deux enseignants du Gymnase d’Yverdon ont eu l’idée de proposer à leurs étudiants d’organiser un évènement similaire. «C’était un pari un peu fou, souligne Prisca Lehmann. Avec son collègue Julien Wicki – l’enseignant est devenu le nouveau collaborateur personnel de la cheffe du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture Cesla Amarelle depuis le 1er août –, elle a réuni onze gymnasiens autour de ce projet.

Pour ce faire, les étudiants ont d’abord sélectionné un thème qui les intéressaient. «On a choisi l’injustice parce que cela englobait des sujets comme la guerre, l’esclavage, la mafia, le racisme, l’homosexualité, ou encore la transidentité», explique Giulia Tenaglia.

S’adresser à un large public

Si on regrette que la plupart des films proposés soient des productions américaines, les étudiants défendent ce choix en indiquant qu’ils ont voulu s’adresser à un large public. Toutefois, «nous avons imposé un documentaire suisse pour donner un autre aperçu sur l’injustice», indique Marc Bonzon, qui a remplacé Julien Wicki pour superviser les travaux de maturité des étudiants. Il s’agit de Free Men, réalisé par la journaliste d’investigation Anne-Frédérique Widmann, qui accordera un entretien via Skype, vendredi prochain au cinéma Bel-Air dès 17h45, avec l’une des représentantes d’Amnesty International.

Travail de maturité oblige, les adolescents ont également rédigé une partie théorique sur une problématique précise et écrit une dizaine de pages d’analyse. «Cela doit rester un travail scientifique avec la mise en place d’un appareil pratique», précise Prisca Lehmann. Pour la majorité des films, chaque étudiant devra assurer la partie médiation. Julie Maire, par exemple, a élaboré un dossier pédagogique complet à l’attention des élèves des établissements primaires d’Yverdon-les-Bains, qui assisteront à un film d’animation réalisé par Jean-François Laguionie.

Les gymnasiens souhaitent que d’autres étudiants reprennent le flambeau l’année prochaine pour faire perdurer la manifestation. «On aimerait bien que la salle soit pleine à chaque projection. On attend mille personnes sur l’ensemble de la manifestation», espère Helena Nunes.

Valérie Beauverd