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Les Nord-Vaudois apporteront leur touche à la Fête des vignerons

17 juillet 2019 | Edition N°2541

Riviera – La 12e édition de la Fête des vignerons débutera demain à Vevey. Artistes, chef cuisinier, porte-drapeau ou encore membre de la confrérie, plusieurs régionaux prendront part à la manifestation qui attend près d’un million de personnes.

«La Fête des vignerons est une occasion de s’arrêter et de réfléchir ensemble sur les métiers de la vigne, en récompensant des passionnés qu’on oublie trop souvent», souligne Fabien Loi Zedda. Le professeur et doyen de la Haute école d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud (HEIG-VD) sait de quoi il parle, car il est également membre de la Confrérie des vignerons, conseiller du Guillon et président d’honneur du Musée de la vigne, du vin et de l’étiquette d’Aigle. Ce fin connaisseur du milieu viti-vinicole revient sur l’origine de cette manifestation veveysanne qui réunira un million de personnes entre le 18 juillet et le 11 août.

Comment est née cette fête au juste? Le passionné de 62 ans, qui devait participer à l’évènement en tant que figurant mais qui a dû annuler pour des raisons professionnelles, résume: «Les fêtes bachiques sont très anciennes. Tout est parti de la religion dionysiaque – Dionysos étant le dieu du vin et de la vigne dans la mythologie grecque –, un culte qui a eu un énorme succès. Ensuite, c’est au siècle des Lumières, au XVIIIe siècle, que l’idée de récompenser les professionnels de la vigne a émergé.» Ainsi, Fabien Loi Zedda note que la religion dionysiaque était en avance sur son temps: «Elle accordait une place importante aux femmes et intégrait également les étrangers. De plus, ses adeptes croyaient à la vie après la mort, à l’image de la vigne qui renaît au printemps.»

Une origine qui reste une énigme

Creusons un peu et penchons-nous sur la naissance exacte de cette fête nationale viticole. Ce qu’il faut savoir, c’est que son origine est liée à celle de la Confrérie de Vevey qui, elle, reste un mystère.

Le document le plus ancien qui mentionne cette organisation est le Premier Manual de la société et son livre des procès-verbaux. Ce dernier a en effet été offert à l’organisation par «le sage, vertueux et prudent chrétien Montet, seigneur abbé de la vénérable abbaye de Vevey, dite Saint-Urbain», en 1647. Les premières pages de cet écrit laisse apparaître une devise en latin: Ora et labora, ou Prie et travaille en français. Ces quelques lignes, ainsi que le nom de l’auteur Saint-Urbain, indiquent que la Confrérie, alors nommée Abbaye de l’Agriculture, devait déjà être active au Moyen Âge.

À l’époque, l’organisation ne regroupait pas d’ouvriers, mais des propriétaires de vignes qui confiaient le travail de leurs parcelles à des vignerons-tâcherons.

Durant le XVIIe siècle, la corporation organisait annuellement une parade dans la cité de Vevey. C’est en 1797 que l’abbé président et le conseil de la Confrérie ont décidé de récompenser officiellement les meilleurs vignerons-tâcherons lors d’une cérémonie publique. La fête, jusque-là sous forme d’un simple défilé à travers la ville, s’est ainsi transformée en un couronnement des meilleurs ouvriers. Durant cette première célébration officielle, une estrade de 2000 places a été érigée sur la place du Marché, à Vevey. Une broutille par rapport à ce qui est prévu pour l’édition de 2019, puisqu’une arène de  20 000 places a été construite pour l’occasion. Mais pour l’époque, réunir 2000 personnes était un succès. Face à l’engouement suscité par cette toute première procession, un véritable spectacle a vu le jour.

Une pause forcée avant un retour en force

Les années qui ont suivi la Révolution vaudoise de 1798 ont empêché la programmation de nouvelles célébrations. Ce n’est qu’en 1819 que l’évènement a refait surface. Dès 1833, année marquée par l’invention des bateaux à vapeur, les spectateurs affluent de plus en plus en raison des évolutions des transports. La Fête des vignerons prend alors de l’ampleur.

Mais quelques dizaines d’années plus tard, la Deuxième Guerre mondiale retarde une seconde fois la manifestation. Les mentalités ont changé et la Confrérie s’est mise à engager des artistes internationaux. L’organisation se professionnalise et un petit air de comédie musicale commence à souffler sur Vevey. La renommée de la célébration ne cesse de croître. L’évènement a fini par être inscrit en 2016 au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, devenant ainsi la première tradition suisse à y figurer. Finalement, la dernière édition de la Fête des vignerons s’est déroulée en 1999.

Et à chaque fois, la grand-messe rassemble une foule d’acteurs qui investissent du temps  et de l’énergie pour que la fête soit belle. Cette année encore, plusieurs nord-vaudois prendront part à la rencontre.

 

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Kathleen Brosy