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Les socialistes ont fait le pari de Cesla Amarelle

16 janvier 2017 | Edition N°1913

Yverdon-les-Bains – Au congrès socialiste, il n’aura fallu qu’un tour à la conseillère nationale yverdonnoise pour être élue candidate au Conseil d’Etat vaudois, samedi. Elle fera campagne aux côtés de Pierre-Yves Maillard et de Nuria Gorrite.

Le ticket rose-vert sera composé de Nuria Gorrite, Cesla Amarelle, Pierre-Yves Maillard et Béatrice Métraux. ©Simon Gabioud

Le ticket rose-vert sera composé de Nuria Gorrite, Cesla Amarelle, Pierre-Yves Maillard et Béatrice Métraux.

On lui prédisait l’enfer. On disait les hautes sphères du parti socialiste -les pontes lausannois en tête- prêtes à tout pour lui barrer la route. Il n’en fut rien. Cesla Amarelle a combattu l’opposition et a vaincu. De manière triomphale et au premier tour. Avec 58% des voix, les quelque cinq cents délégués réunis à Clarens pour l’occasion l’ont largement préférée aux deux autres candidates. Sur 462 bulletins valables, 268 portaient son nom. 121 voix ont soutenu la Nyonnaise Fabienne Freymond Cantone, alors que la syndique d’Avenches Roxanne Meyer Keller n’en a récolté que 73. La conseillère nationale yverdonnoise figurera donc sur le ticket rose-vert aux côtés de Pierre-Yves Maillard, de Nuria Gorrite et de l’écologiste Béatrice Métraux dans la course au Conseil d’Etat vaudois.

Guerre de clans

L’Yverdonnoise a véritablement été plébiscitée, samedi à Clarens. ©Simon Gabioud

L’Yverdonnoise a véritablement été plébiscitée, samedi à Clarens.

Durant un congrès où le parti a tout fait pour éviter les déchirements, après les affrontements de clans qui ont émaillé la campagne, Cesla Amarelle n’a cessé de mettre en avant sa maîtrise des dossiers et sa capacité à construire des compromis dynamiques avec ses adversaires. «C’était la première fois de ma vie que je m’adressais à une telle assemblée. C’était comme me produire dans un stade comme Bercy», glissait la rock star du jour.

Sans le soutien de certains ténors du parti -Ada Marra et Grégoire Junod ont ouvertement affiché leur soutien à Fabienne Freymond Cantone-, Cesla Amarelle a pu compter sur les voix des délégués nord-vaudois et des élus syndicaux. La pression redescendue, mais l’émotion toujours à son comble, la désormais candidate aux cantonales n’a pas caché son soulagement de voir cette primaire -un exercice inédit pour le PSV- arriver à son terme : «Je suis à la fois contente, touchée et fière d’avoir été désignée par mes camarades. Mais il est important de passer le cap d’une primaire pas toujours facile à vivre, et d’aller de l’avant.»

Pointure en droit –elle est professeure à l’Université de Neuchâtel-, femme de dossiers complexes, parlementaire fédérale en vue, ancienne présidente remarquée du Parti socialiste vaudois, Cesla Amarelle a accédé en 2011 au Conseil national. Une connaissance fine de la Berne fédérale que n’ont pas manqué de relever le syndicaliste Arnaud Bouverat et Marlyse Dormond, ses deux premiers soutiens, samedi. A la tribune, l’ancienne conseillère nationale a décrit «une personne généreuse, qui sait écouter et décider, avec qui il fait bon travailler».

Le Nord vaudois en force

Dans les clameurs et les hourras d’une assemblée en standing ovation, Cesla Amarelle a également coeur et avec combativité dans sa tâche. Elle n’a pas non plus manqué de saluer «l’extrême fair play» de ses deux concurrentes. «Je vais mettre toute mon intelligence pour être au niveau, dans cette aventure que nous allons gagner», a-t-elle encore lancé en référence aux élections cantonales, dont le premier tour se tiendra fin avril.

A noter qu’après les candidatures du Sainte-Crix Pascal Broulis et du président de l’UDC vaudois Jacques Nicolet, de Lignerolle -qui fera liste commune avec les trois candidats PLR sortants-, l’Yverdonnoise de 43 ans est la troisième candidate établie dans le Nord vaudois en lice pour un poste au Gouvernement cantonal.

Les deux «locomotives» largement réélues

A l’unanimité, le congrès a plébiscité les candidatures des deux chefs de file Pierre-Yves Maillard et Nuria Gorrite. Après avoir réglé quelques comptes à la tribune du congrès, l’ancien président du parti cantonal a appelé à rester uni face à l’UDC, «un parti aux méthodes intellectuellement douteuses.»

Simon Gabioud