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Les tamtams font un break forcé

19 juin 2019 | Edition N°2521

Nord vaudois – Festitamtam du Monde, qui s’est déroulé une première fois à Lausanne puis à Orbe, est suspendu, faute de moyens. La manifestation a bouclé l’édition 2018 avec une perte de 100 000 francs.

Optimiste, Sally Konan Gasparini préfère oublier les chiffres rouges et ne garder en mémoire que les bons moments. LDD

Les organisateurs de Festitamtam du Monde s’accordent une pause cette année. Après avoir organisé deux éditions, à Lausanne en 2017 puis à Orbe en 2018, ils ont préféré mettre en stand-by la manifestation culturelle et humanitaire (lire encadré) «pour mieux la repenser», explique Sally Konan Gasparini, fondatrice de l’Association suisse Tamtam du Monde (Astam). «Concrètement, on n’a pas eu beaucoup de soutien financier. J’ai dû mettre pas mal d’argent de ma poche», confie-t-elle. En effet, la scénariste et réalisatrice de films yverdonnoise a enregistré une perte d’environ 10 000 francs l’an dernier, et ceci malgré l’aide de plusieurs institutions, dont la communauté Les expatriés ivoiriens, la Commune d’Orbe et le théâtre urbigène de La Tournelle. L’association Artlink a, pour sa part, payé les billets d’avion des artistes venus d’Afrique, alors que l’association Femmes solidaires d’Yverdon-les-Bains a pris le relais pour les héberger dans la région.

Sally Konan Gasparini préfère toutefois ne garder en mémoire que les bons côtés: «Le public a adoré le talent des artistes et la qualité des spectacles, confie-t-elle. Au final, je n’ai rien perdu, car j’ai énormément appris et nous étions heureux lors des festivals!»

Comme le concept de Festitamtam du Monde s’avère coûteux et compliqué à réaliser, les membres d’Astam ont préféré emprunter un autre chemin pour continuer à promouvoir les artistes venus du sud. Ainsi, au lieu d’organiser toute une manifestation, ils ont fondé Foufou Productions au printemps. Cette entité invite des talents africains en Suisse et les programme au sein des différentes institutions culturelles. «L’idéal serait d’organiser une tournée dans les théâtres et festivals», rêve Sally Konan Gasparini.

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La culture comme vecteur d’éducation

Festitamtam du Monde vise à promouvoir la diversité culturelle, tout en collectant des fonds pour deux projets. Le premier consiste à construire un éco-théâtre. «Il s’agit d’un centre dédié à l’éducation à l’écocitoyenneté car, en Côte d’Ivoire, nous ne trions pas encore les déchets minutieusement comme en Suisse, note Sally Konan Gasparini. Je rêve de créer un lieu d’échange pour promouvoir le recyclage et les gestes écologiques autour d’activités culturelles éducatives.» Le second projet vise à augmenter le nombre de toilettes dans des écoles publiques africaines. «Ce qui empêcherait les élèves de se soulager dans la brousse.»

Valérie Beauverd