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L’homme de fer à la quête d’Hawaï

5 avril 2017 | Edition N°1970

Triathlon – Les épreuves qu’il a traversées l’ont renforcé. Aujourd’hui, Arnaud Margot n’a qu’une seule idée en tête : participer aux Mondiaux d’Ironman.

Sourire fièrement arboré, le natif d’Yverdon-les-Bains mettra tout en oeuvre pour réaliser son rêve. ©Michel Duperrex

Sourire fièrement arboré, le natif d’Yverdon-les-Bains mettra tout en oeuvre pour réaliser son rêve.

Il a passé trois mois à l’hôpital, Arnaud Margot. Allongé sur le ventre sans pouvoir bouger, sa main droite collée au corps, à attendre que le temps passe sous morphine. Ce qui l’a cloué au lit ? «Une grenade défectueuse lors de mon service militaire», explique-t-il.

L’homme a aujourd’hui 29 ans. S’il doit vivre sans trois de ses doigts, perdus dans les semaines qui ont suivi son accident, celui qui a grandi à Yverdon-les-Bains s’en accommode très bien. «Mes amis l’ont plutôt bien pris, mais cela a été plus compliqué pour ma famille. C’est bien normal. Pour ma part, je ne me suis pas vraiment posé de questions. Évidemment, c’est difficile d’admettre qu’on va devoir vivre sans la moitié d’une main lorsqu’on nous l’annonce, mais la vie ne nous attend pas. Elle continue avec ou sans nous», lance celui qui vit désormais à La Tour-de-Peilz, pour se rapprocher de son bureau, à Bulle.

Pour rebondir, Arnaud Margot s’est plongé corps et âme dans sa passion : le sport. Celui d’endurance, où le caractère, la patience et la rigueur, qu’il a encore renforcés durant sa convalescence, prennent le pas sur tout le reste. Cycliste assidu depuis son plus jeune âge, le jeune homme a été contraint de délaisser temporairement son vélo au profit d’une paire de chaussures de course à pied. Celle-ci l’a mené à la mythique épreuve Sierre-Zinal. La première étape d’une carrière qui se dessine, plus que jamais, aujourd’hui.

Le rêve du Nord-Vaudois ? Participer à l’Ironman d’Hawaï, en octobre prochain. «Pour ça, il faut que je finisse dans les deux premiers d’une des épreuves qualificatives, commente- t-il. L’an dernier, j’avais terminé aux alentours de la 10e place. Mais je n’étais pas aussi entraîné.» Il conviendra de faire mieux au mois de mai, sur les 4 km de natation, 180 de vélo et 42 de course des Iles Canaries, prochaine date soulignée en gras dans son agenda bien chargé.

Car l’ancien cycliste du club des ACN Yverdon est un bosseur, un mordu, à l’hygiène de vie parfaite, capable de presque tous les sacrifies pour s’améliorer. «Je n’aime pas le mot sacrifice, corrige-t-il. Ça inclut une notion de privation que je ne ressens absolument pas. J’aime ce que je fais et le rythme de vie qui va avec.» La passion qui le pousse à s’entraîner quatre heures par jour, réparties sur trois séances, il la cultive. Pour être encore plus fort, Arnaud Margot s’est même entouré d’une coach, La Danoise Lisbeth Kristensen, ancienne championne d’Europe et du monde de triathlon longue distance. «Elle m’apporte énormément. Avant qu’elle me rejoigne, j’effectuais mon programme seul. Cela ne me dérange pas d’avoir à suivre ses instructions, au contraire. Lorsqu’une sportive comme elle vous donne un planning à suivre, vous l’exécutez sans poser de questions.»

Si sa main meurtrie l’handicape toujours dans l’eau, l’Yverdonnois est affûté comme jamais, bien décidé à franchir les obstacles qui le séparent encore d’Hawaï. «A cause d’une blessure contractée l’an dernier, je ne peux courir qu’un jour sur deux, mais je parviens à compenser. Mon gros point faible, c’est la natation, mais cela s’améliore. Et puis, mon handicap représente un avantage certain sur mes concurrents : je suis plus léger», se marre-t-il.

Bien dans sa tête et dans son corps, Arnaud Margot met toutes les chances de son côté pour s’envoler en direction de l’île américaine à la fin de l’année. Un rêve de gosse qui pourrait rapidement devenir une simple étape vers un projet encore plus grand.

 

Fondue de soutien

Une saison à haut niveau coûte cher : «L’inscription aux courses, les frais de voyage, l’équipement de vélo, la combinaison de natation… », énumère Arnaud Margot. Pour l’aider à financer ses prochains rendez-vous, un souper fondue sera organisé vendredi, à la grande salle d’Orzens, pour 30 francs par personne. Inscription au 079 312 33 71 ou à souper@margotri.ch.

Florian Vaney

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Rédaction