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«L’idée est de se rapprocher le plus possible du combat de rue»

15 juillet 2020 | Edition N°2756

Krav maga – Longtemps associée à l’entraînement militaire, la discipline s’est progressivement ouverte à tout un chacun. Le club yverdonnois dans lequel officie Josselin Fernandez compte une quarantaine d’adeptes.

Comment se défendre en cas d’attaque au couteau? Que faire si on se retrouve seul face à plusieurs agresseurs? Quelles techniques employer pour prendre le dessus sur un adversaire plus fort physiquement? Autant de situations auxquelles les entraîneurs du Club de krav maga d’Yverdon-les-Bains préparent leurs élèves.

Pas question toutefois de céder à la psychose: «La plupart des membres ont commencé par curiosité ou pour l’aspect sportif. Seule une personne est venue suite à une agression et, à ma connaissance, aucun d’entre nous n’a jamais eu besoin de recourir au krav maga en dehors des cours», tempère Josselin Fernandez, aide-moniteur et pratiquant.

Si la discipline – dont le nom signifie «combat rapproché» en hébreu – est toujours utilisée dans les milieux militaires et policiers à travers le monde, elle est également pratiquée par des «civils» depuis des années. Le club yverdonnois, créé en 2008, compte ainsi une quarantaine de membres, de tous âges et de tous milieux professionnels, encadrés par quatre enseignants. «Nous n’avons juste pas de cours pour les enfants, mais les adolescents de 12 à 16 ans peuvent venir avec leurs parents. Le contenu de la leçon sera le même pour eux que pour les adultes. Lors de l’exécution des techniques, on insistera simplement moins sur les détails de celles-ci.»

Entre self-défense et combat

Car si les protections telles que coquilles et protège-dents sont de rigueur, pas question de ménager les pratiquants. «L’idée est de se rapprocher le plus possible du combat de rue, de coller à la réalité, souligne celui qui s’est mis au krav maga il y a onze ans. Tout est permis, on peut taper avec toutes les parties du corps. La seule règle est qu’il n’y en a pas, mais la pratique de la discipline est réalisée dans le respect du partenaire. Au début, on commence avec les attaques proches, comme les étranglements et les coups de coude. Puis, plus on avance, plus on peut gérer de situations différentes.»

Les membres du club s’exercent ainsi tant aux techniques de self-défense qu’au combat, parfois équipés de bâtons ou d’armes en mousse, dans le but de réussir à se débrouiller quelle que soit la situation à laquelle ils se retrouvent confrontés. «On part deuxième pour arriver premier, image Josselin Fernandez. On n’a pas le choix du moment, du lieu, de la façon dont on se fait agresser.»

Tout le monde dans le même bateau

L’habitant de Cheseaux-Noréaz demande parfois à ses élèves de réaliser un exercice par deux puis, au signal convenu, certains d’entre eux «attaquent» une partie des autres combattants par surprise. Chacun peut donc affronter n’importe quel adversaire, et parfois même plusieurs à la fois, indépendamment de son poids, de sa force ou de son sexe.

«Pour des questions de réalité, je demande aussi aux hommes d’attaquer des femmes, qui représentent d’ailleurs une part croissante de nos membres. Ils sont souvent sur la retenue alors qu’en fait, une puissance inférieure peut être compensée par la technique ou un objet à disposition», souligne l’aide-moniteur de 28 ans.

Des scénarios qui permettent à la fois d’apporter de la variété aux entraînements et d’apprendre à se lâcher et à prendre confiance en soi.

 

Pas de compétitions pour les krav-mageurs yverdonnois

Bien que le même système de ceinture que celui du judo soit employé – les combattants doivent réussir un examen pour passer au grade supérieur –, les membres du Club de krav maga d’Yverdon-les-Bains ne participent en revanche pas à des compétitions. «Il n’y a ainsi pas de reconnaissance extérieure, pas de trophée. Cela contribue à garder une certaine modestie, à rester humble, souligne Josselin Fernandez. C’est la maîtrise technique qui permet de juger à quel niveau on est.»

Si divers championnats nationaux et internationaux existent, le krav maga ne figure en outre pas au programme olympique. Ce qui explique en partie que la discipline soit moins connue que d’autres, comme le judo et le taekwondo.

Plus d’infos: www.krav-maga.ch

Muriel Ambühl