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L’irréductible Liliane Milliet cuisine encore et toujours

26 avril 2018 | Edition N°2234

La tenancière de l’Auberge du Cheval Blanc fête ses 40 ans à la tête de son établissement, l’un des derniers bistrots traditionnels vaudois dans la région, et n’est pas près de s’arrêter.

Nous sommes en 2018, 40 ans après que Liliane Milliet a repris les rênes de l’Auberge du Cheval Blanc. Tous les cafés-restaurants historiques d’Yverdon-les-Bains et de ses alentours ont disparu petit à petit… Tous? Non! L’établissement basé aux Tuileries-de-Grandson résiste encore et toujours.

«Lilianix» la Nord-Vaudoise ne doit pas affronter des Romains, n’a pas à subir la voix épouvantable du barde Assurancetourix et n’a pas besoin de potion magique. Sa recette secrète? Sa passion! «Quand je me lève le matin, je suis contente. Le plaisir de pouvoir exercer ce travail est demeuré intact.»

Obélix est tombé dans la marmite du druide quand il était petit, Liliane Bolli – son nom de jeune fille – est tombée dans la casserole de la cuisine de l’Auberge du Cheval Blanc en 1978. Tout commence lorsque la Tessinoise d’origine, jeune diplômée en aide en pharmacie, qui habite alors à Chavannes-le-Chêne, quitte son mari et part avec ses quatre enfants en bas âge.

En 1977, alors qu’elle a 30 ans, elle décide de réorienter sa carrière professionnelle, en plus de sa vie privée. Pendant trois mois, elle jongle entre ses cours pratiques de cafetière à l’Hôtel de l’Ange, à Yverdon-les-Bains, son rôle de maman après ses journées de travail, et ses études, après s’être assurée que Marie-Claire, Dominique, Olivier et Patricia dormaient.

«Il y avait un garage à la place de cette cuisine»

Avec son diplôme de serveuse en poche, elle apprend par le biais de son assureur à Chavannes-le-Chêne, Marco Ansermier, que l’Auberge du Cheval Blanc est à reprendre. C’est le début d’une belle et longue aventure. «Quand je suis arrivée, il n’y avait pas de ventilation, une grande salle était à l’étage (ndlr: elle a été depuis remplacée par quatre chambres) et un garage se trouvait à la place de cette cuisine», précise-t-elle, démontrant ainsi l’étendue des travaux entrepris au fil des années.

Mais ce qui fait la force de l’établissement, au-delà de l’aspect matériel, c’est la convivialité et le sourire de Liliane qui contaminent d’entrée les clients. Même si des changements sont intervenus dans sa vie privée – elle est mariée depuis 23 ans avec Pierre-Alain Milliet –, le coup de foudre qu’elle a eu pour l’Auberge du Cheval Blanc ne s’est pas dissipé, et encore moins celui pour ses clients, devenus pour la plupart de bons amis.

De précieux contacts

D’ailleurs, le Grandsonnois Michel Cavalière, premier client de l’Auberge du Cheval Blanc, vient quasi quotidiennement rendre visite à Liliane Milliet, avec qui il partage volontiers un verre.

Si la tenancière ne devait retenir qu’un client parmi tous ceux qu’elle a rencontrés, c’est Pierre Gasser, qu’elle a connu bien avant qu’il ne devienne syndic. En 1982, elle s’est adressée au notaire, figure bien connue aujourd’hui encore à Grandson et au-delà, pour qu’elle puisse devenir propriétaire du bâtiment où siège son bistrot.

«Ce qui le caractérisait, c’était à la fois sa grande intelligence et son véritable amour pour les gens, se remémore Liliane Milliet. Quand il venait ici, il était souvent fatigué et on parlait longuement. Un jour, après une discussion, il m’a dit qu’il voulait écrire un livre sur moi, Mémoires d’une vieille cafetière, mais il est parti avant de pouvoir le faire», déplore, émue, celle qui a vu plusieurs de ses amis s’en aller souvent bien trop tôt.

Malgré la nostalgie, elle garde le regard tourné vers l’avenir et pense à la journée de lundi (lire ci-dessous). «Si Dieu me prête vie et santé, je serai toujours là. Quand je cuisine, je dis souvent que la viande ou les légumes sont cuits, mais nous pas encore!»

Une fête pour les 40 ans

Ce lundi, Liliane Milliet célébrera ses 40 ans en tant que tenancière de l’Auberge du Cheval Blanc avec un repas et une animation, pas uniquement réservés aux fidèles clients et amis de la Grandsonnoise, loin de là.

«Tout le monde est invité pour partager un dîner et passer une belle journée», annonce-t-elle. Au menu, du jambon à l’os avec des salades de pommes de terre et de haricots, offerts par la maison, raviront les papilles, et l’animation sera assurée par Philippe Befort.

Les personnes intéressées peuvent se rendre dès 11h à l’Auberge du Cheval Blanc, aux Tuileries-de-Grandson. Des bénévoles de Nez Rouge seront présents de 18h à 2h pour ramener les personnes qui ne se sentiraient pas en état de conduire.

 

Gianluca Agosta