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«L’objectif était de faire partie du trio de tête à Noël»

12 décembre 2019 | Edition N°2643

Loin de s’être laissé abattre par la relégation de son équipe, à la fin de la saison passée, Admir Bilibani en a profité pour repartir sur de bonnes bases avec la «une» d’Yverdon Féminin, qui a fait le nécessaire pour passer sa courte pause hivernale dans le bon wagon.

Le néo-relégué Yverdon Féminin dans le haut du classement de LNB à l’issue du premier tour, pas une surprise? Pour son entraîneur Admir Bilibani, le 3e rang des Yverdonnoises ne coulait vraiment pas de source: «Quand tu descends d’un cran, tu penses que ça va être facile, mais en fait, c’est là qu’il faut réussir à évoluer un cran au-dessus des autres. Ce n’est pas évident de s’adapter à une nouvelle ligue, surtout que dans le cas de la LNB féminine, il y a trois-quatre équipes qui sortent du lot.»

Et comme souvent en cas de relégation, le club de la Cité thermale a dû faire face à un certain nombre de départs. «Il y a environ 40% de l’effectif qui est parti. La majorité des anciennes de l’équipe sont cependant restées, et le staff et moi avons ainsi pu nous appuyer sur ce noyau.» Le technicien a aussi misé sur la jeunesse, avec l’arrivée de joueuses issues de formations M19 du club, de Team Vaud et de Young Boys. Le contingent a aussi été renforcé par l’arrivée de la Suédoise Blerina Mazreku, de la Française Aurélie Cazé et de l’internationale camerounaise Michele Ngono Mani.

Après un petit temps d’adaptation et deux matches nuls lors de ses deux premières sorties en championnat, YF a trouvé son rythme de croisière et le mois de septembre a été particulièrement faste, avec trois victoires en autant de rencontres. Mais les filles d’Admir Bilibani ont ensuite été quelque peu coupées dans leur élan, Aurélie Cazé et Michele Ngono Mani ne pouvant plus être alignées pour des raisons administratives.

«Si j’avais pu disposer de ces joueuses tout au long du premier tour, il est clair que nous aurions pris plus de points, et nous aurions probablement pu prétendre à la 1re place du classement, analyse le technicien, qui a aussi dû composer avec l’indisponibilité de Mélanie De Brito, suspendue pour les trois premiers matches de la saison. Mais l’objectif était de faire partie du trio de tête à Noël, et il a été atteint.»

Une équipe encore trop gentille

Avec sept victoires, quatre nuls et deux défaites, YF compte actuellement 25 points à son actif, soit autant d’unités que Zurich II, Aarau et Rapperswil – qui occupent les 2e, 4e et 5e places respectivement – et se situe actuellement à une longueur de Thoune, qui a toutefois deux matches de retard. Les Yverdonnoises sont donc parvenues à faire le nécessaire pour se retrouver dans le bon wagon, puisque Lucerne, première des cinq formations qui se trouvent en deuxième moitié de classement, compte treize points de retard sur le club de la Cité thermale.

«Je suis satisfait de la discipline des filles, elles sont très à l’écoute et appliquent mes principes de jeu. Même si certains défauts techniques perdurent, elles ont beaucoup progressé.» Admir Bilibani souhaite désormais que son équipe fasse preuve de plus d’agressivité: «Les joueuses sont encore trop gentilles, il faut désormais qu’elles aillent plus au duel et qu’elles fassent parfois preuve d’un peu de roublardise.»

L’entraîneur yverdonnois espère aussi pouvoir élargir son effectif durant la trêve: «Il y a eu beaucoup de changements dans le onze de départ tout au long du tour, entre les blessures et les suspensions mais on s’est surtout retrouvés avec seulement treize joueuses pour le dernier match! Et nous avons surtout dû composer avec une seule gardienne…»

Une reprise début janvier déjà

Les joueuses d’YF reprendront le chemin de l’entraînement juste après les fêtes, la LNB féminine reprenant ses droits à la mi-février déjà. «Il faut que les gens se rendent compte que footballeuses œuvrent de façon conséquente, avec quatre entraînements plus un match par semaine, en parallèle de leur travail ou de leurs études. Elles n’ont pas les avantages du football masculin.» Le technicien aimerait aussi que les tribunes se remplissent peu à peu: «Après le match d’Yverdon Sport, mi-novembre face au Stade Nyonnais, certains supporters et le fan’s club sont restés. Il y avait du monde au bord du terrain, ça chantait. C’est bien quand le douzième homme est là!» Ou dans le cas présent, la douzième femme…

Muriel Ambühl