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L’USY prend du poil de la bête
Cédric Pittet (à g.), président de l’association Bison d’Europe de Suchy, et Xavier Favre, directeur sportif de l’USY, sont sous bonne garde. La petite Susy et toute la bande veillent au grain. © Michel Duperrex

L’USY prend du poil de la bête

24 juin 2021 | Edition N°2981

Basketball - Le club yverdonnois promeut deux équipes – la première et les M16 – au niveau national, sous le nom des Bisons. L’occasion était trop belle, et l’USY Basket parraine la dernière venue de la forêt de Suchy.

«Le but, c’est que les enfants se disent: moi je veux jouer avec les Bisons!» Les Bisons? C’est le nom des toutes nouvelles équipes de la section de l’USY Basket. Celle qui permettra, dès la saison à commencer en septembre, aux M16 de se frotter aux meilleures équipes du pays, et à la première équipe de retrouver la 1re ligue tout juste 20 ans après son dernier passage!

C’est le fruit d’un travail de longue haleine. Démarré il y a huit ans, précisément. «Si le processus a pris du temps, c’est qu’on souhaitait que ce soient nos propres jeunes qui nous ramènent à ce niveau, raconte Olivier Schott, président du club. On ne voulait pas y aller du jour au lendemain, en engageant des mercenaires, mais en reconstruisant depuis la base. Tant sur le plan des infrastructures que de l’encadrement.»

Une identité locale, une identité forte. Voilà les fondements de l’USY Basket d’aujourd’hui, qui recense pas loin de 250 membres au total. Pour que le projet fonctionne, il faut compter sur un solide mouvement juniors, ce qui est le cas. «On ne croit pas au profit à court terme. On veut quelque chose de pérenne», martèle le président, qui relève que le club a dû se développer dans tous les secteurs – financier aussi –, afin de progresser au point d’avoir pu briguer deux places dans l’élite.

 

«On ne croit pas au profit à court terme. On veut quelque chose de pérenne.» Olivier Schott, président de l’USY Basket

 

La promotion des futurs M16 au niveau national doit aussi permettre de garder des jeunes au bercail. «Cela fait quelques années que nos talents s’en vont à Pully, Neuchâtel ou Fribourg. Des clubs qui ont des équipes de LNA. On comprend et on encourage les jeunes à franchir ce pas, même si cela nous embête un peu en même temps. S’ils partaient, c’est qu’on n’était pas équipés pour les garder.»

Fort de ce constat, le club s’est affairé à combler ses lacunes, en offrant à ses meilleurs juniors de se frotter à l’élite en restant sur place – c’est toujours ça de gagné en trajets –, et de pouvoir ensuite évoluer en 1re ligue. «Et s’ils sont repérés, ils iront plus haut. On l’accepte, et on les accueillera à bras ouverts s’ils reviennent un jour», assure le président.

Désormais, l’USY a ce qu’il faut sur place, notamment avec son entraîneur semi-pro Xavier Favre. «On apporte ainsi une plus large vision aux jeunes, une structure plus sérieuse, explique le coach et manager sportif. Ça montre qu’il est possible de rester ici et de jouer à haut niveau.»

 

«On souhaitait que ce soient nos propres jeunes qui nous ramènent à ce niveau.» Olivier Schott, président de l’USY Basket

 

Pour ses équipes de l’élite, l’USY a également choisi de la jouer locale, en prenant les Bisons comme effigie et nom. «On en trouve dans la région, à Vallorbe et à Suchy, c’est un animal qui a du caractère et sympa à mettre sur un logo», explique Olivier Schott. Le président ne s’attendait alors pas à carrément parrainer une petite bisonne conçue et née à Suchy (voir encadré). Mais l’histoire était trop belle pour passer à côté!

Désormais au niveau national, Yverdon ne s’attend pas à jouer les premiers rôles. Mais il veut faire bonne figure. «Le club a besoin de l’élite, comme l’élite a besoin de la jeunesse. Ça va dans les deux sens», poursuit Olivier Schott.

Le travail n’est pas pour autant fini et le développement va continuer.  «Il faut accompagner les joueurs.» Les basketteurs bénéficieront ainsi de conseils en nutrition, de coaching mental, d’un médecin du sport et de physios. Cela, dans l’idée d’offrir un encadrement total. Le partenariat avec La Fabrique permettra aux joueurs de profiter du fitness et de la cryothérapie à Champagne.

Figure de proue du basket à Yverdon, l’ancien international Steeve Louissaint devient le préparateur physique. «Je suis également en contact avec son frère Gardner. J’espère qu’il reviendra un jour jouer au club», ajoute le président. La pyramide s’est construite pièce après pièce. Elle est à présent érigée sur des fondations solides, et elle aspire à rayonner grâce à ses Bisons. Et quand un bison a décidé de partir à la charge…

Manuel Gremion

 

Le bisonneau s’appellera Susy!

La petite pelote de laine brune qui a pointé le bout de son museau fin mai à Suchy vient d’être baptisée. Elle s’appellera Susy! Comme l’USY, mais avec «Su» devant, par respect des traditions de l’European Bison Survival Group, qui préconise que le lieu de naissance donne les premières lettres du prénom.

Que diable vient faire une association sportive dans la lutte pour la conservation des bisons d’Europe? «Je sais, certains vont se dire: mais qu’est-ce qu’on s’en fout?» rigole Xavier Favre, manager sportif de l’USY Basket. Et d’expliquer: «Le but est de recréer une connexion entre la nature et le sport, un monde plutôt artificiel, pratiqué en salle, souvent en ville, et avec des équipements.»

© Michel Duperrex

La cellule de conservation nord-vaudoise avait annoncé dans nos colonnes qu’elle cherchait un parrain ou une marraine pour subvenir aux besoins de l’association et avoir l’honneur de baptiser le bébé. Un membre de l’USY a flashé sur cet article, proposant au comité de devenir la bonne fée de cette adorable boule de poils. Et quatre ou cinq jours après, Cédric Pittet, président de l’Association Bison d’Europe de la forêt de Suchy, négociait un partenariat avec les sportifs, qui verseront 1500 francs pour le baptême et 300 francs par an.

Les basketteurs auront ainsi pu nommer la jeune bisonne, mais elle leur aura renvoyé l’ascenseur sans le savoir, puisque les membres de la filière élite de l’USY s’appelleront Les Bisons! «L’été dernier, on discutait de l’animal que l’on souhaitait prendre. On voulait sortir des clubs classiques qui utilisent souvent les renards, les loups ou les sauterelles. C’est notre président, Olivier Schott, qui a amené l’idée des bisons qui sont dans son village», poursuit Xavier Favre. Cerise sur le gâteau, bison fonctionne autant en français qu’en anglais. L’idée de faire de ses protégés les mascottes de l’USY a tout de suite plu à Cédric Pittet. «Une grosse PME aurait peut-être été plus intéressante pour nous financièrement parlant, mais il faut voir sur le long terme. Là, on est vraiment sur du régional et, qui sait, les familles de l’USY deviendront peut-être membres de notre association!»

 

Un troisième bébé en route?

Ne dit-on pas jamais deux sans trois? Peut-être que cet adage se vérifiera aussi pour les bisons installés dans la forêt de Suchy. Suite à l’arrivée de Sultane peu après l’emménagement du troupeau polonais dans le Nord vaudois, c’est Susy qui a fait son apparition. Et peut-être que les surprises ne sont pas terminées… «Il y a possiblement encore un petit qui pourrait arriver d’ici à août, lâche Cédric Pittet, président de l’Association Bison d’Europe de la forêt de Suchy. Mais le vétérinaire n’arrive pas à le confirmer.» Que pense le gardien d’animaux Kévin Mercier qui, jusqu’ici, avait à chaque fois vu juste s’agissant des cadeaux que lui réservent ses protégés? «Non, je n’y crois pas», relève celui qui veille au bien-être de la famille de bisons au quotidien depuis son arrivée, en novembre 2019. Le jeune homme ne peut cependant exclure qu’un troisième bébé ne débarque.

Même si la grossesse n’aurait pas été prévue, elle serait plus que bien accueillie, puisque l’objectif de l’Association Bison d’Europe de la forêt de Suchy réside justement dans la sauvegarde de cette race en danger. Ce genre d’heureuses nouvelles entrent ainsi exactement dans le programme des Nord-Vaudois. La seule chose pour laquelle ils ne sont pas encore tout à fait préparés, ce sont les adieux. Car, pour éviter des problèmes de consanguinité, les bisonneaux devront quitter la région d’ici leur 2 ans.

Christelle Maillard

Rédaction