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Michel Ortega pose les haltères

9 janvier 2019 | Edition N°2410

Il n’y avait certainement que cela qui pouvait arrêter Michel Ortega. A 47 ans, le multiple champion du monde WDFPF en a cette fois terminé avec la compétition. Fin novembre, il a été opéré d’une hernie cervicale. «J’ai commencé à ressentir des fourmillements dans un bras en juin dernier, après les Mondiaux de Malte, explique le Vaulieni. On a procédé à des infiltrations, mais cela n’a rien changé. Je ne pouvais plus soulever que la moitié du poids habituel du côté touché.» Des examens approfondis ont révélé l’origine de ses malheurs.

Michel Ortega vit désormais avec une plaque et des vis dans la nuque. Il a pris huit kilos depuis juin dernier, car il n’a pas fait de sport à cause de la douleur. «Et le cardio, ce n’est pas pour moi. Je suis asthmatique depuis petit. L’endurance, je ne peux pas», lance celui qui a grandi à Yverdon-les-Bains. Le sport, il en fera désormais à dose modérée et selon les indications médicales reçues. «Il faut bien se rendre compte que pour préparer un championnat, je m’entraînais cinq fois deux heures trente par semaine, parfois au point de voir les étoiles et de finir la tête sur les toilettes. Honnêtement, et même si je suis revenu plus souvent que Schwarzie a dit je reviendrai dans Terminator, il faudrait être fou pour recommencer.»

D’abord bodybuilder – il a décroché deux titres nationaux dans la discipline, puis est devenu président de la fédération suisse et juge international –, le costaud a changé de discipline une fois la trentaine passée, par ras-le-bol, accompagné dans la démarche par son épouse Christel et son partenaire d’entraînement de toujours, John Michoud. Il a bien testé le lancer du boulet, mais c’est finalement sur le powerlifting qu’il a jeté son dévolu, lui qui a naturellement toujours eu beaucoup de force. Un sport qu’il a choisi de pratiquer au sein d’une fédération 100% propre. «Tous les détenteurs de records sont contrôlés, tous les vainqueurs aussi. Si quelqu’un est positif, il est exclu à vie», relève le spécialiste du squat.

Connu au fin fond de l’Oural

Grâce au powerlifting, il a découvert un univers complètement différent que celui, moins détendu, du bodybuilding. Il a aussi voyagé à travers le monde. «A mon arrivée aux premiers Mondiaux, en Angleterre, un mec tout trapu est venu me corriger pendant que je m’échauffais. Je me demandais bien qui pouvait être ce gaillard. Il s’agissait en fait de Leslie Pilling, alors l’athlète le plus titré au monde. Il ne me connaissait ni d’Eve ni d’Adam et est venu spontanément m’aider. C’est ça, l’esprit du powerlifting.»

Michel Ortega a remporté son dernier sacre international l’été passé à Malte. Depuis ses débuts, il avait largement eu le temps de se faire un nom dans le milieu. «Etant donné que j’ai remporté vingt titres mondiaux et que j’habite Vaulion, les gens croient que je participais à des concours de quartier, se marre-t-il. Au final, je suis connu jusqu’au fin fond de l’Oural, mais inconnu à Lausanne.» Un poids facile à porter.

Manuel Gremion