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Le Moulin d’Yverdon anéanti par le feu durant la nuit

2 février 2018 | Edition N°2177

Yverdon-les-Bains – Un incendie a détruit, dans la nuit de mercredi à jeudi, le bâtiment de la rue Cordey. D’importants moyens ont été mis en œuvre pour combattre le feu.

«C’est une catastrophe!» Président du Moulin d’Yverdon, Philippe Gonin était à la fois ému et révolté, jeudi avant l’aube, alors que les flammes avaient largement entamé le toit du bâtiment principal, inauguré au tout début du XXe siècle.

 © Michel Duperrex

Le feu s’est déclaré dans la partie centrale de l’immeuble, avant de s’étendre en direction des stocks, situés au nord.©Michel Duperrex

Avec une charpente et des planchers en bois, le feu, attisé par un vent d’ouest parfois violent, a rapidement pris de l’ampleur. L’incendie se serait déclaré dans le centre de l’immeuble. Ce que semble confirmer le témoignage de M. Vallon, domicilié non loin de là: «J’étais en train de boire un verre d’eau à la fenêtre et il y avait tellement de fumée qui sortait de la tour que je me suis dit que le chauffage était mal réglé…» Et de poursuivre: «Soudain, les flammes ont percé le toit.»

Habitants évacués

L’alerte a été donnée par une patrouille de Police Nord vaudois aux environs de 3h44. Les policiers ont immédiatement alerté les deux résidents domiciliés dans un appartement situé au sud de l’immeuble; l’ancien meunier Pierre Schulé et son épouse se sont ainsi retrouvés dans la rue en habits de nuit. Ils ont été relogés par des proches.

Une crépine a été posée dans le Buron, de manière à bénéficier d’un apport supplémentaire d’eau. ©Michel Duperrex

Six personnes domiciliées dans un bâtiment contigu, au nord du Moulin, ont également été évacuées, puis conduites à la salle de gymnastique du collège des Quatre-Marronniers pour subir un contrôle. Françoise Ackermann témoigne: «J’ai entendu le bruit des premières sirènes et je suis allé voir à la fenêtre. Il y avait énormément de fumée, c’était impressionnant!»

Importants moyens

Plusieurs patrouilles de Police Nord vaudois et de la Gendarmerie ont été dépêchées sur les lieux, de même que les hommes des Service de défense incendie et secours régionaux (SDIS) du Nord vaudois, de la Plaine de l’Orbe et du Service de protection et sauvetage de Lausanne, avec d’importants moyens d’extinction. Le détachement poste médical avancé (DPMA) et une ambulance ont également été mobilisés. Soixante pompiers et 18 véhicules ont été engagés au plus fort de l’intervention.

Aucune personne n’a fort heureusement été blessée au cours du sinistre, l’un des plus importants à s’être produit en ville ces dernières années. Les hommes du SDIS Nord vaudois connaissaient les caractéristiques de cet immeuble pour y avoir réalisé un exercice dans un passé récent.

Causes inconnues

Les causes de cet incendie restent à déterminer. Le procureur de service a confié les premières investigations aux spécialistes du groupe incendie et de la brigade scientifique de la Police de sûreté, en collaboration avec les gendarmes de la région.

L’inspecteur cantonal du feu et Valérie Jaggi Wepf, municipale yverdonnoise en charge de la sécurité, se sont également déplacés sur les lieux.

La rue Cordey est interdite au trafic au moins jusqu’à vendredi matin. En effet, sur le coup de midi, les pompiers continuaient à combattre le feu qui couvait toujours dans la partie inférieure de l’immeuble.

La toiture et les planchers de ce bâtiment de deux étages sur rez se sont effondrés et les murs de la partie nord étaient fissurés. Gravement touchée, la partie nord, où quelque 150 tonnes de farine étaient stockées, a été partiellement démolie par mesure de sécurité et pour permettre aux pompiers d’excaver les décombres encore brûlants.

Outre le stock de farine, une quantité de grain du même ordre se trouvait dans le silo. Eric Stauffer, commandant du SDIS Nord vaudois, déclarait, en début d’après-midi, que des sondages allaient être réalisés pour déterminer si les céréales du silo étaient récupérables ou non. Si elles n’ont pas été touchées par l’eau, ni détériorées par la fumée, elles pourraient être extraites une fois le gros de l’intervention terminé.

Isidore Raposo