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Le MuMode déballe des trésors de ses cartons

9 novembre 2017 | Edition N°2120

Yverdon-les-Bains – Pour célébrer son 35e anniversaire, le Musée suisse de la mode a planifié une exposition de vêtements, photos et boutons. Le tout dans un concept hors norme, afin de rafraîchir l’image du musée.

La directrice du MuMode, Anna-Lina Corda (au centre) et le conservateur, Antonio Villaverde (à dr.), ont sélectionné une quarantaine d’habits et accessoires de mode pour réaliser leur nouvelle exposition. Un vrai challenge quand on sait que le musée possède plus de 12 000 pièces. ©Carole Alkabes

La directrice du MuMode, Anna-Lina Corda (au centre) et le conservateur, Antonio Villaverde (à dr.), ont sélectionné une quarantaine d’habits et accessoires de mode pour réaliser leur nouvelle exposition. Un vrai challenge quand on sait que le musée possède plus de 12 000 pièces.

Comment qualifier un ensemble de 12 000 habits, chaussures, sacs et autres accessoires de mode ? Certains répondront qu’il s’agit d’un paradis, d’autres d’un enfer, et les plus terre à terre pencheront peut-être pour une gigantesque garde-robe. Mais peu imagineront qu’une telle collection constitue le trésor du Musée suisse de la mode (MuMode), à Yverdon-les-Bains, qui fête ses 35 ans cette année. Pour l’occasion, la directrice, Anna-Lina Corda, et son équipe d’une dizaine de personnes ont organisé deux événements : une soirée de gala -qui affiche déjà complet avec plus de 350 participants- (lire encadré) et une exposition temporaire au château de la Cité thermale, à visiter dès vendredi.

 

Loin des carcans muséaux

 

Et comme dans le milieu de la haute couture, la singularité est synonyme de modernité, le MuMode a prévu de casser tous les codes avec son exposition baptisée «Ceci n’est pas un musée». Et pour cause, il n’y a aucune vitrine ou podiums pour présenter la quarantaine de pièces sélectionnées pour le projet, mais uniquement des mannequins de couture éparpillés au milieu de centaines de cartons. «L’idée consistait à mettre en valeur notre réserve et à évoquer la multitude de nos pièces, commente Anna- Lina Corda, qui a mandaté le scénographe Laurent Pavy pour réaliser le concept. C’est pourquoi les chaussures sont posées sur leur carton, où l’on peut y voir leur numéro de référence pour nos archives.»

 

Un vecteur de savoirs

 

En moyenne, le musée suisse de la mode reçoit un don d’habit par jour. ©Carole Alkabes

En moyenne, le musée suisse de la mode reçoit un don d’habit par jour.

Jeans troués, chemise de nuit, robes de mariées, pièces d’illustres inconnus ou grands couturiers tels que Versace, Givenchy ou encore Robert Piguet, natif d’Yverdon-les-Bains : la collection présentée s’avère aussi variée que colorée. «On se battait avec Antonio Villaverde (ndlr : vice-président et conservateur du MuMuode) pour choisir quelles pièces on désirait exposer», lâche, en rigolant, Anna-Lina Corda. «C’est un choix subjectif, mais nous avons préféré montrer les vêtements les plus emblématiques de notre réserve, pas trop anciens si possible, et surtout les derniers reçus», renchérit le conservateur.

Ces deux passionnés voient bien plus que le tissu fraîchement repassé. Pour eux, un vêtement, qu’il soit issu de la haute couture ou du prêt-à-porter, fait office de révélateur social et de témoin d’histoire. «La mode touche tout le monde et tous les domaines. Par exemple, si Bâle a pu développer ses activités en chimie, c’est parce qu’en Allemagne, il y avait des usines de vêtements qui avaient besoin de travailler avec des spécialistes pour créer des couleurs», raconte Anna-Lina Corda.

 

Galerie trois en un

 

Outre les habits, les visiteurs pourront également admirer des dizaines de tableaux remplis de boutons originaux, tant par leur aspect que les matériaux utilisés -par exemple, certains étaient fabriqués avec du carton ou de la protéine de lait. Ceux-ci font partie de la collection de 30 000 boutons offerte, en automne 2016, au MuMode par le Musée du bouton à Estevenens (FR).

De plus, les murs de l’une des tours du Château d’Yverdon-les-Bains ont été recouverts d’immenses clichés de Street fashion. Oeuvres de la blogueuse Maria de Falco et de la photographe Ilja Tschanen, ces portraits illustrent le style vestimentaire actuel des Suisses.

«Ceci n’est pas un musée» se révèle donc comme une balade à travers les styles et les époques. La salle temporaire du Musée d’Yverdon et région, au Château d’Yverdon-les-Bains, du 10 novembre au 15 avril 2018.

Découvrez la réserve du MuMode sur www.laregion.ch/region-tv. ou directement ci-dessous:

 

Joyeux anniversaire

 

Mis à part cette exposition anniversaire, le MuMode a prévu de s’offrir un joli cadeau d’anniversaire : une salle permanente pour exposer ses trésors. Car le musée n’a jamais pu profiter d’un tel lieu en 35 ans d’existence. Mais ce n’est pas pour toute de suite, puisque la future galerie devrait être abritée dans l’un des bâtiments prévus dans le projet Front de Gare, mené par la Ville d’Yverdon-les-Bains. «En tout cas, pour nos 40 ans, on aura une salle», affirme Anna-Lina Corda.

Derrière ces différents projets se cache la vision à long terme du MuMode : «Nous voulons être bien plus qu’un simple musée, explique la directrice. Notre but est de montrer au public que nous sommes une entité vivante qui organise des défilés et travaille avec des écoles.»

 

Défilés à La Marive

 

Le second événement organisé par le MuMode, en partenariat avec le Zonta Club d’Yverdon-les-Bains, à l’occasion de son 35e anniversaire, est une soirée de gala, à La Marive (complet). Et autant dire qu’elle prévoit d’être sexy et glamour. Tout d’abord, parce que la manifestation est placée sous le patronage du célèbre couturier Hubert de Givenchy. Et aussi parce que deux défilés de mode mettront en lumière, notamment, les pièces de la styliste yverdonnoise Jenifer (Burdet) Thévenaz et du Chaux-de-Fonnier Adrian Reber.

En plus d’apporter des paillettes, cette soirée a pour Le but de récolter de l’argent aux deux associations organisatrices.

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Christelle Maillard