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Non, YS ne rendra pas les armes

23 novembre 2017 | Edition N°2130

Football – Promotion League – Les onze points de retard d’Yverdon Sport sur Kriens n’effraient pas son président Mario Di Pietrantonio. Au printemps, son équipe sera encore plus compétitive. Quitte à être totalement mûre pour la saison prochaine.

Mario Di Pietrantonio et Yverdon Sport avaient commandé 700 maillots floqués du nom de Djibril Cissé. Pour l’heure, 200 ont trouvé preneur. ©Carole Alkabes

Mario Di Pietrantonio et Yverdon Sport avaient commandé 700 maillots floqués du nom de Djibril Cissé. Pour l’heure, 200 ont trouvé preneur.

Deux projets s’offraient au président Mario Di Pietrantonio, maintenant que le championnat de Promotion League est en pause. Soit il considérait que les onze points de retard d’Yverdon Sport sur le leader, Kriens, constituaient un écart trop important et, par conséquent, il repoussait ses rêves de Challenge League à la saison prochaine. Soit le boss d’YS décidait de jouer sa carte à fond pour les treize derniers matches qui auront lieu au printemps, en engageant plusieurs grands noms et en tablant sur bon nombre de faux pas de ses rivaux de tête. Résultat ? L’homme a choisi de piocher beaucoup dans le plan A, un peu dans le plan B, et de créer une sorte de plan C.

En clair, les Yverdonnois n’ont pas tiré un trait définitif sur leurs espoirs de promotion en juin prochain. «On bat Nyon le 4 mars à la reprise, Kriens se plante face à Zurich II et l’écart se réduirait déjà bien», anticipe le président. Voilà pour le discours de rigueur. C’est vrai, avec une deuxième partie d’exercice de feu et un duo de tête qui perd des plumes ça et là, Yverdon Sport pourrait entretenir l’espoir. Reste que cela semble fortement improbable. Derrière ces mots se cachent, en fait, la ferme volonté de créer une équipe compétitive dès la fin de l’hiver. S’il en résulte une bonne surprise à la fin de la saison, tant mieux. Mais le cap est déjà placé sur l’exercice 2018-2019. «L’été prochain, le public du Stade Municipal pourra voir une très grosse équipe. Je peux l’assurer.»

Les spectateurs d’Yverdon Sport ne devraient, cependant, pas attendre huit mois avant d’avoir du spectacle à se mettre sous la dent. Les noms des renforts hivernaux commencent à circuler et, là encore, Mario Di Pietrantonio entend ne décevoir personne. «Il nous faudra à tout prix un ailier gauche, un gars intenable, capable de donner le tournis à nos adversaires sur chaque ballon. Le pendant d’Allan Eleouet sur le côté droit, en somme.»

 

Avec Eleouet et Lahiouel

 

Le président ne lâche pas le nom de sa pépite par hasard. L’homme fort du club de la Cité thermale entend bien profiter des mois de transition qui se profilent pour mettre ses jeunes en valeur. «Ce sujet a pu être un objet de discorde avec notre entraîneur, Anthony Braizat. Mais je ne lui reproche absolument rien. Il possédait un effectif énorme, dans lequel régnait beaucoup de concurrence. Il a été contraint de trancher à plusieurs niveaux. Mais, maintenant, je tape du poing sur la table. Je veux que des joueurs comme Allan ou Yanis (ndlr : Lahiouel) bénéficient de plus de temps de jeu. Théo Rochat sera lancé au printemps, c’est une certitude. Et on continuera de faire de Nehemie Lusuena un élément central de l’équipe. On entend réduire notre contingent, pour pouvoir accorder davantage d’importance à chacun de nos éléments.»

La position du technicien français n’est aucunement remise en question. «On doit encore discuter ensemble, précise le président. Mais, à moins qu’il en décide autrement, Anthony sera sur le banc à la reprise. Il s’agit, à mon sens, du meilleur coach de la ligue.»

Au côté du Varois prendra place un nouvel assistant, puisque Philippe Demarque a choisi de se retirer de la première équipe. «On veut quelqu’un avec de la bouteille, qui a fait ses preuves. Un homme qui soit capable de gérer les petits conflits à l’interne lorsque ceux-ci éclatent.»

Qui dit réduction de l’effectif dit, forcément, que certains éléments arrivent au bout de l’aventure yverdonnoise. «On n’a pas encore pu voir tout le monde, donc je n’ai aucun nom à communiquer. Et presque aucune décision n’est définitive», explique Mario Di Pietrantonio. Reste que certains postes risquent de se retrouver davantage en danger. Des noms ? Disons qu’on en attendait peut-être davantage de Dany Da Silva, David Marazzi, Gilberto Reis ou Ousmane Doumbia. Tous ont prouvé avoir largement le niveau de la Promotion League, voire mieux, mais aucun n’a véritablement tenu son rang sur l’ensemble du premier tour.

 

Des erreurs partagées

 

«On s’est surtout montrés très faibles dans l’attitude, reprend le boss d’YS. Ceux qui peuvent en faire le plus ont très souvent été ceux qui ont démontré le minimum, et inversement. Les choses vont aussi changer à ce niveau. Fini d’être gentil, de se cacher derrière une bonne mentalité. Maintenant, on veut des gars de caractère ! Mais attention, des fautes ont été commises à tous les étages. Les joueurs n’ont pas livré la marchandise comme on l’attendait, mais les dirigeants et le staff ont également fauté. Pour notre part, on s’est montrés un peu trop pressés. On a cru qu’on pourrait imiter Le Mont. Mais ce qu’a réussi Serge Duperret, c’est très fort. On s’est vus un peu trop vite au sommet.»

Des erreurs qui se sont surtout fait ressentir lors des quatre dernières rencontres (deux points sur douze), quand le manque de leaders sur le terrain a pesé lourd. «Avec Djibril Cissé, François Marque et Florian Gudit opérationnels, ce ne sera pas la même histoire au deuxième tour. On compte absolument sur ces trois-là.»

A ce titre, l’homme fort du club espère faire de la star française, meilleur buteur de la catégorie, bien plus qu’une simple icône sur la pelouse : «Il croit encore fermement en nos chances de promotion. Au-delà de ça, j’aimerais, d’ici quelque temps, qu’il occupe un rôle important au sein du club. Une sorte de directeur technique, qui puisse faire jouer son réseau, notamment. Mais Djibril, c’est un salaire à assurer. On va devoir être très clairs entre nous.»

Et si Mario Di Pietrantonio n’a jamais eu peur de faire des efforts financiers, il avertit : «Aujourd’hui, 80% du budget du club vient de ma poche, et je ne suis pas éternel. Les gens qui sont prêts à mettre de leur argent pour le club sont rares, très rares. Je vais partir. Pas aujourd’hui, pas demain, mais dans un avenir relativement proche. La priorité absolue à l’heure actuelle, c’est que le club puisse s’en sortir après mon départ. Et si la transition pouvait se faire en Challenge League, ce serait idéal.»

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Florian Vaney