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Les Nord-Vaudois tirent leur épingle du jeu «Schweiz Express»

29 août 2017 | Edition N°2069

Nord vaudois – Les deux Mathous, Valérie Marendaz et Béatrice Gass, ont décroché la première place de la course d’orientation «Schweiz Express», dimanche dernier. Habitants de Champvent, Julien Gander et Caroline Glauser ont terminé en 11e position.

Béatrice Gass (à g.) et Valérie Marendaz ont célebré leur victoire, à Sörenberg, dans le canton de Lucerne. ©Eric Chappuis

Béatrice Gass (à g.) et Valérie Marendaz ont célebré leur victoire, à Sörenberg, dans le canton de Lucerne. ©Eric Chappuis

Sans natel, sans GPS et sans argent. C’est seulement munies d’une carte topographique de la Suisse que Valérie Marendaz et Béatrice Gass se sont lancées dans l’aventure «Schweiz Express», de jeudi à dimanche dernier. Une course d’orientation que les deux habitantes de Mathod ont remporté avec brio, devant les vingt-quatre équipes concurrentes.

Avec un total de 2053 points, les deux amies, alias le «team Chasselas», ont franchi la ligne d’arrivée, dimanche dernier, à Sörenberg, dans le canton de Lucerne, après un périple de plus de 600 km. «C’était une expérience incroyable, raconte Valérie Marendaz, vigneronne. Nous avons découvert des paysages de Suisse dont nous n’avions jamais entendu parler auparavant.»

 

Un retour aux sources

 

La «team Chasselas» a gagné un saut en parapente, en face du Titlis. ©Eric Chappuis

La «team Chasselas» a gagné un saut en parapente, en face du Titlis. ©Eric Chappuis

Kayak en rivière, baignade dans des lacs, randonnées en montagne. Les deux compères, parties de Porrentruy jeudi matin, ont dû relever des défis de jour, comme de nuit. «Pour gagner des points, nous devions trouver la solution à des énigmes, répondre à des questions sur la Suisse, mais aussi nager d’un pont à l’autre ou faire des jolies figures en plongeant, explique Valérie Marendaz. C’était très intense. Mais le plus compliqué, c’était de réussir à se nourrir et à se loger gratuitement.»

Le soir venu, les deux amies partaient à la recherche d’un hôte, la plupart du temps en demandant dans la rue aux passants. «Les gens ont été très généreux avec nous, Nous avons toujours trouvé un lit, alors que certains participants ont dormi sur des bottes de foin», se rappelle-t-elle, tout sourire.

Dès le premier soir, une habitante de Dietikon, dans le canton de Zurich, leur a préparé des pâtes, fourni un lit et offert une douche. «Avec un seul t-shirt pour trois jours, c’était plus que nécessaire », plaisante la jeune femme de 26 ans.

 

Une Suisse chaleureuse

 

A Engelberg, les équipes ont participé à un concours de tir à la corde. ©Eric Chappuis

A Engelberg, les équipes ont participé à un concours de tir à la corde. ©Eric Chappuis

Leur meilleur souvenir ? Une descente surprise en parapente, en face du Mont Titlis, à Engelberg, dans le canton d’Obwald. «Nous avons eu ce cadeau comme récompense, car nous étions arrivées première de l’étape. C’était totalement inattendu et vraiment génial. A la fin de la journée, nous avons même versé quelques larmes.»

A chaque étape, une nouvelle destination et de nouveaux défis, parfois surprenants. Le deuxième soir, les Nord-Vaudoises devaient réussir à dormir dans l’Abbaye d’Engelberg, pour gagner des points supplémentaires. «Nous n’osions pas trop demander au début, expliquent-elles. Finalement, c’était très agréable. Le prêtre du monastère a partagé sa nourriture et son vin avec nous, puis, le lendemain matin, nous avons eu droit à un déjeuner copieux

 

Deux amies d’enfance

 

Julien Gander et Caroline Glauser ont passé quatre jours des plus sportifs. ©Eric Chappuis

Julien Gander et Caroline Glauser ont passé quatre jours des plus sportifs. ©Eric Chappuis

A bas les préjugés : les Suisses sont beaucoup plus chaleureux que certains pensent, claironnent-elles. «Comme nous n’avions pas beaucoup de nourriture de réserve pour dîner, nous avons demandé à une boulangère de nous dépanner de quelques sandwiches, ce qu’elle a fait gracieusement», raconte Valérie Marendaz. Entre les équipes, l’ambiance était très bonne également, avec une belle solidarité et beaucoup d’entraide.»

Amies depuis leur plus tendre enfance, Valérie Marendaz et Béatrice Gass fréquentaient la même école à Mathod. Aujourd’hui, l’expérience «Schweiz Express» les a rapprochées. «Nous avons toujours aimé l’aventure. C’est pour cela que nous nous sommes inscrites aux qualifications l’année dernière. Maintenant que c’est fini, nous avons déjà envie d’y retourner. Mais d’abord, il y a les vendanges», rappelle la viticultrice.

En effet, ce n’est pas pour rien que les deux jeunes femmes ont choisi le nom de «team Chasselas». «Nous adorons ce cépage. D’ailleurs, dans nos sacs, nous avions toujours quelques petites bouteilles, afin de déguster un bon verre à la fin de chaque étape.»

 

Une course de 600 km au coeur de la Suisse

 

Convoqués jeudi dernier à Porrentruy, les 50 participants de la 11e édition du «Schweiz Express» ont passé quatre jours à silloner la Suisse. Le parcours – de Dietikon, près de Zurich, à Sörenberg, aux alentours de Lucerne – a été annoncé aux équipes à la dernière minute. Les organisateurs de la course, ainsi que les familles des participants, ont pu suivre leur avancée grâce à une puce GPS placée dans leurs sacs.

 

Un périple hors du commun en amoureux

 

Julien Gander et Caroline Glauser sont partis, eux aussi, à l’aventure, jeudi dernier. Habitant à Champvent, le couple avait toujours rêvé de découvrir la Suisse de manière inhabituelle. Ils se sont hissés à la 11e place du classement, avec 1020 points.

«Nous regardions régulièrement l’émission de téléréalité «Pékin Express», et ça nous a donné envie de faire une compétition de ce type», explique le jeune homme de 34 ans, originaire de Grandson. Du coup, en octobre dernier, sur les conseils d’un ami, nous avons décidé de nous inscrire aux qualifications du «Schweiz Express», à Berne.»

 

Du stop à la pelle

 

Sac sur le dos et carte en main, le «team nord-vaudois» s’est mis en route. «En trois jours, nous avons pris pas moins de 31 voitures différentes, précise Julien Gander. Nous faisions la plupart du temps du stop. Parfois, pour les grandes distances, nous choisissions de prendre le train.»

Comme chaque voyage comporte son lot d’imprévus, les deux amoureux ont dû faire face à quelques difficultés. «Alors que nous nous faisions conduire à la destination prévue, la voiture de notre chauffeur a crevé en plein milieu de la route, raconte le Grandsonnois. Le jour suivant, la police nous a arrêté car nous faisions du stop trop près d’une entrée d’autoroute.»

Malgré ces quelques obstacles, les deux sportifs ne gardent que des bons souvenirs de cette aventure. «Après coup, ce ne sont que de bonnes anecdotes à raconter ! Mais c’est vrai que sur le moment, ça nous a pas mal ralenti.»

 

Dormir chez l’habitant

 

Afin de dormir dans de bonnes conditions, l’équipe a misé sur le porte-à-porte. «Le premier soir, nous avons toqué à six maisons avant d’être gentiment reçu par une famille de Tessinois installée dans la campagne zurichoise.»

Pour avoir passé quatre jours et trois nuits à silloner la Suisse, Julien Gander avoue que «des régions sont plus accueillantes que d’autres. Par exemple, dans le centre du pays, vers Lucerne et Aarau, les voitures s’arrêtaient rarement, contrairement à la région de Bâle.»

Partir en couple, une bonne idée ? «Tout s’est très bien passé, conclut Julien Gander. Comme j’ai fait l’armée, je m’occupais de la partie orientation et je parlais un peu en suisse-allemand. Caroline, elle, nous trouvait des endroits où dormir. On peut dire que nous nous sommes complétés !»

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Lila Erard