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«Notre expérience va devenir une référence dans le milieu»

29 janvier 2019 | Edition N°2424

Rances  –  Les résultats prometteurs du bio-ciment dans la stabilisation d’un terrain dangereux.

Dans quelques semaines, le monde scientifique découvrira que Rances se trouve être la pierre angulaire de la biotechnologie. Car les membres du Laboratoire de mécanique des sols (LMS) de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) sont sur le point de publier les résultats de leur projet pilote sur le ciment bactérien – une biotechnologie inédite fabriquée à base d’urée, de bactéries naturellement présentes dans le sol et de calcium.

Pour leur première mondiale, les scientifiques ont investi une petite partie du terrain bordant la route entre Mathod et Rances qui s’était affaissé il y a tout juste un an. Et l’expérience s’est avérée concluante: «Toutes nos hypothèses ont été validées! Et on a pu démontrer la facilité d’utilisation de notre technologie», se réjouit Dimitrios Terzis, responsable scientifique au sein du LMS (en médaillon), qui travaille depuis une dizaine d’années sur ce projet qui n’était jamais sorti du laboratoire. Et d’ajouter: «Tout a très bien fonctionné. En fait, cela s’est même mieux passé que prévu car on pensait que le froid ralentirait le processus, mais non.»

Avec son équipe, il a passé cinq jours à injecter le fameux ciment bactérien et à vérifier que le liquide se propage correctement dans le sol afin de le consolider. «Notre but n’était pas de mettre du ciment comme on en voit dans la construction, mais d’identifier la profondeur du glissement de terrain pour y insérer des cristaux grands comme un centième de cheveu. Ils résistent mieux aux mouvements du sol et évitent qu’il ne s’affaisse» , confie l’expert.

Des données qui valent de l’or

Même si les résultats sont invisibles à l’œil, ils sont bel et bien là. «Cette expérience nous a permis de récolter beaucoup de données et je suis sûr que nos résultats serviront à tous les ingénieurs qui travaillent sur des projets similaires. Elle va devenir une référence dans le milieu», assure Dimitrios Terzis.

Mais ce premier test en conditions réelles permettra également au laboratoire de passer à l’étape suivante, c’est-à-dire de développer une méthode calibrée pour chaque problème et chaque type de sol. D’ailleurs, Dimitrios Terzis et son équipe ont prévu de mener une seconde expériencesur les berges érodées des rivières.

Christelle Maillard